Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes


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Saint Yves de Tréguier

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Saint Yves, icône sur tilleul, 15 x 25 cm, 2017

Yves Hélory naît vers 1260 dans une famille noble au manoir de Kermartin près de Tréguier. Adolescent, il part étudier la théologie à Paris, probablement à la Sorbonne, puis le droit à l’université d’Orléans. Ses études achevées, il revient travailler à Rennes, où il devient conseiller juridique du diocèse.

Il exerce son métier en défendant gratuitement les pauvres, les veuves et les orphelins.

L’évêque de Tréguier remarque ses talents et le consacre prêtre. Très proche des franciscains, il mène sa vie à l’aune de son idéal de pauvreté et de charité. Il distribue ses biens aux pauvres et fait parfois « table ouverte ». Il  étonne souvent, offrant ses vêtements aux pauvres, quitte à traverser ensuite Tréguier, presque nu, pour courir chez lui ! On lui attribue également quelques miracles (il aurait sauvé des gens de la noyade).

Yves surprend aussi en prêchant en breton, et non en latin, afin de rendre l’Évangile accessible à tous. Il se déplace beaucoup à pied dans toute la région. Il est réputé pour sa façon originale et pédagogique de rendre la justice, son sens de l’équité, et son attachement à défendre les démunis.

Dans un cantique populaire, on le fêtait en chantant : « Saint Yves était breton, avocat mais pas voleur, chose admirable pour le peuple ! ».

Canonisé moins de cinquante ans après son décès (1303), son culte se répand dans toute l’Europe et reste particulièrement vivace en Bretagne : les chapelles qui lui sont dédiées, les statues , où il se tient entre un homme riche et un pauvre, sont innombrables. On le représente avec un sac à procès dans une main (ou une bourse qui peut évoquer l’argent donné aux pauvres) et une Bible ou un livre de loi dans l’autre.

Yves est le saint patron des professions de justice et de droit, notamment celle d’avocat et surtout de la Bretagne !

Yves ou Erwan, Iwan, Youenn, Eozen… est fêté le 19 mai.

Article du 30 août 2017

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« Carnets de peinture », la nouvelle émission

RCFAprès six années passées ensemble avec les couleurs, autour de l’émission Tout en nuances, je vous propose une nouvelle série intitulée Carnets de peintures. Elle sera diffusée sur RCF Isère (103.7) chaque lundi, dès le 4 septembre 2017, vers 11 h 05.

Dans l’esprit du carnet de voyage, entrons dans les coulisses de l’« art sacré traditionnel ». Nous découvrirons la « manière de peindre » des artistes médiévaux et byzantins, jusqu’à la Renaissance, en nous appuyant particulièrement sur Le Guide de la peinture qui pourrait remonter au XIIe siècle.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAArtistes ou amateurs d’art, nous venons d’une longue histoire et avons beaucoup à recevoir des artistes du passé. Ils ont transmis leurs techniques et leurs pratiques par oral, ou en notant sur des carnets des repères, des constantes, des témoignages sur la beauté : un langage symbolique et spirituel, parfois universel traverse le temps. Prolongeons leur art, leur méditation, leur enthousiasme et leur recherche, leurs doutes parfois, en prenant joyeusement le relais qu’ils nous tendent…

Voici les titres (parfois provisoires) des premières émissions. Comme d’habitude, vous retrouverez la programmation définitive au fur et à mesure ainsi que les liens vers les podcast à la rubrique autour de l’icône/émissions de radio

1. Carnets de peinture, 4 septembre
2. Le Guide de la peinture (Manuel d’iconographie chrétienne grecque et latine), 11 septembre
3. Un échange avec Victor Hugo, 18 septembre
4. Le voyage de Didron l’archéologue, 25 septembre
5. Le peintre de Salamine, Georges Marcos, 2 octobre
6. La rencontre avec Joasaph au Mont Athos, 9 octobre
7. La découverte du Guide de la peinture, 16 octobre
8. À la recherche d’une copie du Guide de la peinture, 23 octobre
9. Denys de Fourna et Panselinos, 30 octobre
10. La « chaîne d’or », 6 novembre
11. De l’Athos à Chartres, 13 novembre
12. Conseils aux jeunes peintres, 20 novembre
13. Le Livre de l’art de Cennino Cennini, 27 novembre

16. Fra Angelico

Article du 23 août 2017


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Sainte Douceline de Hyères

Sainte Douceline

Sainte Douceline, icône sur tilleul 15 x 18 cm, 2017

En préparant l’exposition du mois prochain à Hyères (voir ici), j’ai bien sûr cherché qui est la sainte patronne de la ville. J’ai découvert l’histoire attachante de Douceline, mais aucun modèle d’icône. J’ai pris le temps, comme à chaque fois, de relire son histoire, de me documenter sur l’habillement des béguines à cette époque… et je peux maintenant vous présenter sainte Douceline.

Née à Digne vers 1214, Douceline grandit à Barjols. À la mort de son père, elle rejoint son frère, Hugues de Barjols (futur bienheureux), à Hyères.

La très jeune fille s’occupe de la maison tout en s’imprégnant de l’esprit franciscain qui souffle sur la ville. Elle vit simplement, dormant sur la paille, consacrant sa vie aux pauvres et aux malades. Bientôt suivie par d’autres femmes vouées à la charité, elle est conseillée par Hugues, lui aussi très influencé par les franciscains. Douceline adopte l’habit de « béguine » et c’est ainsi que se forme à Hyères une petite communauté, qu’on appelle « les Dames du Roubaud», du nom de la rivière près de laquelle elles se réunissent pour prier.

En 1240, toujours guidée par son frère, elle prononce des vœux de virginité et de pauvreté, imitée par d’autres Dames qui lui donnent le nom de « Sainte Mère » puisqu’elle dirige les prières, les offices et les activités de la communauté. En 1250 Hugues installe un couvent à Marseille et invite sa sœur à le rejoindre pour y créer une autre « Maison du Roubaud ». Il meurt en 1256.

Douceline voit sa nouvelle communauté marseillaise s’étoffer rapidement et sa réputation grandir. Protectrice des pauvres, elle devient aussi une conseillère habituelle de la Cour qui ne manque pas de solliciter ses avis ou sa présence dans les moments difficiles. Ses extases durant les offices contribuent à attirer à elle ceux qui ont confiance en sa puissance d’intercession ; on lui attribue des miracles.

Elle meurt le 1er septembre 1274 à l’âge de 60 ans entourée de sœurs et de frères franciscains, épuisée d’avoir dépensé toute son énergie à la prière et au service des démunis.

Saint Louis d’Anjou, dans son testament, demande à être inhumé auprès de Hugues et de Douceline. Le corps de Douceline repose d’abord près de celui de son frère dans une église située hors des remparts de Marseille. Leurs ossements sont ensuite transportés à l’église appelée Vieille Major, détruite lors de la construction de la cathédrale. On sait que les restes des évêques du passé ont alors été rassemblés et répartis dans les tombeaux des autels, et on peut imaginer que s’y trouvent les reliques de Douceline.
Le tombeau de sainte Douceline aurait été le siège de nombreux miracles.

Sa vie  est connue par un manuscrit, La Vida de la benaurada sancta Doucelina, rédigé en occitan en 1297.

Il y a une église Sainte-Douceline à Hyères, ville dont elle est la sainte patronne.

Article du 18 août 2017


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Les Sept dormants d’Éphèse

Les sept dormants d'Ephèse

Les Sept dormants d’Éphèse, icône sur tilleul 20 x 20 cm, 2017

L’histoire des Sept dormants d’Éphèse occupe une place particulière, parce que l’histoire attachante de ces jeunes gens est entrée à la fois dans celle du christianisme et dans celle de l’Islam. L’icône est une des très rares icônes qui s’inscrit dans les deux traditions (de superbes miniatures persanes représentent la scène, voir en particulier dans l’article de La Croix cité en fin de page).

Le récit se situe au milieu du IIIe siècle, à l’époque des persécutions de l’empereur Dèce. Il raconte que sept jeunes hommes de la bonne société d’Éphèse, secrètement convertis au christianisme, distribuent leurs biens aux pauvres. Leurs prénoms sont parfois cités avec quelques légères variantes (le plus souvent : Maximilien, Exacustodien, Jamblique, Martinien, Denys, Antonin et Constantin ou Jean). Arrêtés, ils acceptent de renoncer à leurs biens mais pas à leur foi : ils sont alors emprisonnés mais parviennent à se réfugier dans une caverne sur une hauteur de la ville où ils s’endorment pendant leur repas. D’autres versions racontent qu’ils désertent et se cachent.

Mais la grotte est découverte et, sur ordre de l’empereur, murée par des soldats. Selon la tradition chrétienne, les jeunes hommes se réveillent environ deux cents ans plus tard (peut-être sous le règne de Théodose II) avec l’impression de n’avoir dormi qu’une nuit. L’un d’eux serait sorti chercher de la nourriture. Les sept jeunes gens seraient ensuite retournés dans leur grotte avant de s’endormir pour un sommeil éternel. L’empereur considère ce miracle comme une preuve de la possible résurrection des corps.

Le récit est présent dans le Coran (18e sourate dite « de la caverne », sourat al-Kahf). Les premiers traces de récits chrétiens remontent à l’an 500, en Syrie. Grégoire de Tours en fait la narration en latin avant qu’elle n’apparaisse dans La Légende dorée. L’histoire connaît un grand succès populaire et se répand dans tout le monde méditerranéen, dans l’occident latin comme en terre d’Islam, renforcée par le culte des reliques. Les sept noms sont gravés au VIIIe siècle, en copte, sur les murs d’une chapelle. Près de Sétif en Algérie, sept piliers romains dans un cimetière sont considérés comme leurs tombes et la huitième celle de leur chien. À Marmoutiers, près de Tours, une chapelle abrite une crypte avec les sept sarcophages ; là, ils sont considérés comme des cousins de saint Martin.

On trouve dans ce récit de nombreux symboles récurrents : le chiffre sept (bien que le récit coranique varie sur ce point), le refuge de la grotte, une histoire qui évoque la résurrection, le voyage dans le temps, le sommeil éternel… Sur l’icône, j’ai essayé de traduire la jeunesse des personnages qui sont décrits comme des adolescents, parfois même des enfants. J’ai ajouté le petit chien Qitmir, un détail donné par le Coran.
Plusieurs historiens, comme Louis Massignon, se sont penchés sur ce récit, tentant de recenser les sites qui les mentionnent, qu’il soient en terre d’Islam ou en terre chrétienne.

Une fête interreligieuse les unit d’ailleurs à son initiative, chaque année depuis 1954, à Vieux-marché, non loin de Lannion (Bretagne). Pour Louis Massignon, les jeunes gens de la caverne sont des sortes de témoins de la résurrection…

Ainsi, l’histoire des Sept dormants revient périodiquement, comme se réveillent les jeunes garçons, d’autant plus vivement que des parallèles ont été soulignés entre cette histoire et celles des moines de Tibbirine. Michèle Lévesque, iconographe, a réalisé avec cette intention, la première icône (voir ici) que j’ai pu admirer sur ce thème, pour la chapelle du monastère Val-Notre-Dame de Saint-Jean-de-Matha (Québec).

Ils sont fêtés le 4 août et invoqués pour repousser la fièvre, parfois l’insomnie, en particulier chez les enfants.

(1) Manoël Pénicaud, anthropologue, aborde ce sujet dans de nombreux articles et interventions.
(2) Lire à ce sujet l’article de la Croix 30 juin 2017 qui propose de nombreuses références.

Article du 14 août 2017


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La mandorle (2) : « les mandorles de Christian »

J’ai parlé dans l’article d’hier (consulter ici) de la signification du motif appelé « mandorle ». L’idée m’est venue car on m’en demande souvent l’explication en regardant mes icônes, mais aussi parce que mon ami Christian Cance a exposé récemment dans divers lieux de la Drôme et de l’Ardèche, toute une série de ses créations délicates et originales, série intitulée « mandorle ». Alors, j’ai eu envie de lui laisser la parole et de le laisser raconter sa démarche.

« Ce qu’on pourrait nommer MA “DÉMARCHE”… 
J’ai tendance à être intéressé par tout ce qui peut être représenté. La figure humaine, le portrait, les paysages, les natures mortes, la peinture abstraite, minimaliste, géométrique, mais aussi l’illustration, la BD… Les sujets et les idées de dessins ou de peintures dont je rêve se bousculent dans ma tête, sans que je parvienne à prendre le temps de les réaliser. Trop souvent, je ne démarre rien du tout et des dizaines de croquis s’entassent dans mon atelier, en attendant le jour où…
Une solution radicale pour pallier cette sorte de panne par excès de projets consiste à m’imposer un thème. Cette manière d’aborder la création me permet de me libérer du brouhaha des idées et des réflexions stériles. Je redeviens exécutant, modeste artisan d’un travail à accomplir, me laisse guider par la contrainte consentie.
(…) C’est en feuilletant un vieux classeur d’histoire de l’art que j’ai retrouvé quelques notes sur le symbole géométrique de la mandorle. Flash-back vers mes années d’étudiant aux Beaux Arts où un prof nous enseignait la vivacité de cette forme géométrique, utilisée depuis la nuit des temps et sous toutes les latitudes, de la manière la plus archaïque à la plus sophistiquée. À peine refermé ledit cahier, je me mettais au travail.

Ce qu’on pourrait nommer “MA TECHNIQUE”…  
Réalisation en trois temps : travail des papiers à l’acrylique,  mise en page / compositions puis collage sur châssis bois.
Première phase : l’approche ludique.
 Sur de grandes feuilles de divers types de papier, le crayon et le pinceau sont mis de côté au profit d’outils moins conventionnels comme le chiffon, l’éponge, le couteau, le grattoir, le bout de carton, de plastique… Le geste est spontané, répétitif, acharné, parfois violent, surtout pas appliqué. Le cerveau gauche est en veilleuse. Sans projet pensé ni dessin préconçu, je suis disponible aux découvertes et aux surprises offertes par le support et les couleurs de différentes viscosités. Le but est de constituer un ensemble de fonds de “matières” qui seront ensuite découpés et collés. 
Deuxième phase : la composition.
 À ce stade, rien n’est collé et les fonds papiers peuvent être découpés en morceaux de différentes formes, glissés, posés, tournés, juxtaposés et interchangés à l’infini jusqu’au moment où un accord de couleurs, un rythme semble s’imposer. Un pochoir en forme de mandorle déposé délicatement sur cet assemblage éphémère permet d’entrevoir le graphisme définitif.
L’étape finale consiste à tout démonter, puis à coller en reconstituant l’ensemble morceau par morceau. Attention aux courant d’air… J’ai entendu dire qu’il s’agissait de marqueterie de papier. C’est pas faux…

Ce qu’on pourrait nommer “MON STYLE”…
Mon travail révèle certainement une forte déformation professionnelle (je suis graphiste depuis plus de trente ans), l’influence du “dessin vectoriel et géométrique” sur mon regard. J’assume ce penchant pour la juxtaposition nette des aplats colorés, le jeu franc des lignes de contraste et les accords de couleurs cloisonnés. (…) J’aime opposer les matières aléatoires de mes papiers colorés, au découpage net et géométrique de la mandorle. Mes fonds bois sont souvent recouverts de mélanges de bleus, évoquant l’élément liquide, la mer, les arabesques minéraux de la turquoise ou de la chrysocolle.

 

TEXTE EXPLICATIF JOINT À MON EXPOSITION
La mandorle est cette figure géométrique construite à partir de deux cercles de même diamètre dont l’intersection dessine une ellipse verticale à deux pointes (en forme d’amande).
Pour le tracé de la “Vesica Piscis”, symbole sacré de l’Antiquité signifiant littéralement “vessie de poisson” le centre de chacun des deux cercles devait se trouver sur la circonférence de l’autre.
Utilisée pour représenter la gloire de l’Homme que l’on voit enveloppant le corps du Christ en majesté, comme celui des Saints et des Bouddhas dans les différentes traditions iconographiques religieuses, elle exprime surtout un espace de médiation, le passage entre deux hémisphères, deux mondes : l’un terrestre et l’autre céleste, l’intérieur et l’extérieur, la vie et la mort, la voie vers une autre dimension…
Amande sacrée, Poisson, Oeuf du monde, Matrice de lumière, Porte d’or… Quel que soit le nom, l’époque, la culture, la mandorle, glyphe élémentaire aux potentiels géométrique et philosophique infinis, inspirée des formes de la nature, rayonne de toute sa force magique, divine, ésotérique…
On peut y voir l’évocation d’une éclipse, de la graine, de la feuille, de l’œuf, de l’œil, du sexe féminin, de l’aura, y retrouver la forme du bouclier tribal, du croisement de deux arcs, du schéma de la division cellulaire, l’espace entre deux mains jointes pour la prière… »

Christian Cance chriz2x@gmail.com

Article du 10 août 2017


2 Commentaires

La mandorle (1)

Puisque c’est la semaine de la Transfiguration, c’est bien le moment de parler de la mandorle, en deux épisodes bien différents !

Le mot mandorle vient de l’italien et signifie amande. Il désigne une figure géométrique ovale dans laquelle s’inscrit le Christ, la Vierge ou parfois les saints. La mandorle peut aussi envelopper la main de Dieu lorsqu’il s’adresse aux hommes, et la composition représente en quelque sorte la parole divine.

Le motif proviendrait d’un élément d’architecture romaine, support à l’inscription de personnages dans un cercle, façon de rendre « présents » les absents. Cette représentation apparaît précocement sur les sarcophages chrétiens.

Berzé

On la rencontre dès le Haut Moyen Âge, que ce soit sur des sarcophages, dans des sculptures, des bas-reliefs ou des fresques. J’aime particulièrement celles de Berzé-la-ville en Bourgogne, qui datent du XIIe siècle.

La mandorle est largement utilisée dans les chapiteaux de l’abbaye de Cluny mais y perd un peu sa symbolique pour devenir un décor géométrique dans lequel s’insère un bas-relief : on parle alors de corbeille.

On rencontre le même motif dans les icônes, les fresques et les peintures murales, en particulier dans l’icône de la Transfiguration (article plus détaillé ici) ainsi que dans les représentations du Christ en Gloire (article plus détaillé ici).

 

 

 

 

 

 

mandorle

La mandorle peut avoir sa forme d’amande caractéristique, mais se transforme parfois en cercles concentriques (ou morceaux de cercles) dans des dégradés de bleus (ou verts).
L’architecture gothique utilise largement la forme et la symbolique de la mandorle qui devient alors support de lumière.

La mandorle, ne l’oublions pas, est avant tout une figure géométrique, dessinée à l’aide de deux cercles. Le cercle représente le divin, l’infini qui n’a ni début ni fin. Le Christ est placé à l’intersection des deux cercles. La mandorle désigne donc, en quelque sorte, le lieu très particulier de la révélation. Elle indique celui qui est sur le chemin entre les deux cercles, les deux hémisphères, entre le monde terrestre et le monde céleste. Elle est le lieu intermédiaire, la porte entre ces deux mondes. Ainsi, la mandorle placée sur le tympan de l’église, insiste sur le sens du passage de l’extérieur à l’intérieur de l’église, préfigurant ainsi celui du monde terrestre au monde céleste.

L’autre symbolique de la mandorle rejoint son nom. Dans l’amande, la partie nourrissante et douce est protégée par une coque épaisse. Symboliquement, on peut y comprendre que pour accéder au monde spirituel, il faut briser des coquilles parfois bien dures et résistantes…

La suite bientôt : ce sera « les mandorles de Christian ».

Article du 9 août 2017