Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

La mandorle (1)

2 Commentaires

Puisque c’est la semaine de la Transfiguration, c’est bien le moment de parler de la mandorle, en deux épisodes bien différents !

Le mot mandorle vient de l’italien et signifie amande. Il désigne une figure géométrique ovale dans laquelle s’inscrit le Christ, la Vierge ou parfois les saints. La mandorle peut aussi envelopper la main de Dieu lorsqu’il s’adresse aux hommes, et la composition représente en quelque sorte la parole divine.

Le motif proviendrait d’un élément d’architecture romaine, support à l’inscription de personnages dans un cercle, façon de rendre « présents » les absents. Cette représentation apparaît précocement sur les sarcophages chrétiens.

Berzé

On la rencontre dès le Haut Moyen Âge, que ce soit sur des sarcophages, dans des sculptures, des bas-reliefs ou des fresques. J’aime particulièrement celles de Berzé-la-ville en Bourgogne, qui datent du XIIe siècle.

La mandorle est largement utilisée dans les chapiteaux de l’abbaye de Cluny mais y perd un peu sa symbolique pour devenir un décor géométrique dans lequel s’insère un bas-relief : on parle alors de corbeille.

On rencontre le même motif dans les icônes, les fresques et les peintures murales, en particulier dans l’icône de la Transfiguration (article plus détaillé ici) ainsi que dans les représentations du Christ en Gloire (article plus détaillé ici).

 

 

 

 

 

 

mandorle

La mandorle peut avoir sa forme d’amande caractéristique, mais se transforme parfois en cercles concentriques (ou morceaux de cercles) dans des dégradés de bleus (ou verts).
L’architecture gothique utilise largement la forme et la symbolique de la mandorle qui devient alors support de lumière.

La mandorle, ne l’oublions pas, est avant tout une figure géométrique, dessinée à l’aide de deux cercles. Le cercle représente le divin, l’infini qui n’a ni début ni fin. Le Christ est placé à l’intersection des deux cercles. La mandorle désigne donc, en quelque sorte, le lieu très particulier de la révélation. Elle indique celui qui est sur le chemin entre les deux cercles, les deux hémisphères, entre le monde terrestre et le monde céleste. Elle est le lieu intermédiaire, la porte entre ces deux mondes. Ainsi, la mandorle placée sur le tympan de l’église, insiste sur le sens du passage de l’extérieur à l’intérieur de l’église, préfigurant ainsi celui du monde terrestre au monde céleste.

L’autre symbolique de la mandorle rejoint son nom. Dans l’amande, la partie nourrissante et douce est protégée par une coque épaisse. Symboliquement, on peut y comprendre que pour accéder au monde spirituel, il faut briser des coquilles parfois bien dures et résistantes…

La suite bientôt : ce sera « les mandorles de Christian ».

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Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

2 réflexions sur “La mandorle (1)

  1. Merci pour toutes ces explications. Il y a bien sûr des choses connues, d’autres que je redécouvre et enfin d’autres que je ne savais pas. Bisous Solange

    Envoyé de mon iPhone

    >

  2. Pingback: La mandorle (2) : « les mandorles de Christian  | «Elisabeth Lamour

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