Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Un échange avec Victor Hugo

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refletsAdolphe-Napoléon Didron, archéologue français de renom a aussi été journaliste et éditeur. Il s’est surtout passionné pour l’iconographie du Moyen Âge chrétien. Sa curiosité l’a conduit au voyage, à la recherche, puis à la publication en 1845 du Guide de la peinture.  Il explique que sa passion pour l’archéologie lui est venue grâce à Victor Hugo. L’échange de correspondance entre les deux personnages figure au début de l’ouvrage et en illustre bien les thèmes privilégiés. Le voici, presque intégralement :

« Mon illustre ami

En quelques semaines vous avez construit, dans Notre-Dame de Paris, la cathédrale du Moyen Âge ; moi, je voudrais passer ma vie à la sculpter et à la peindre. Engagez-moi donc, architecte sublime, parmi vos ouvriers les plus dévoués, sinon les plus habiles.

Prenez, pour les parois et les chapiteaux, les tympans et les voussures, les verrières et les rosaces de votre monument colossal, ces personnages de l’Ancien et du Nouveau Testament, de l’histoire, de la légende et de la symbolique : Dieu avec ses anges, ses patriarches, ses prophètes, ses apôtres et ses innombrables légions de saints (…)

La moitié de ce livre est à un moine byzantin ; le reste est à moi. Recevez, poète des Orientales et des Feuilles d’automne, ce que vous envoie le peintre du Mont Athos, ce que vous apporte l’archéologue de Paris, l’Orient par un grand artiste, l’Occident par un humble explorateur du passé.(…) ». Signé, Didron.

Et voilà la réponse de Victor Hugo :

« (…) Le curieux et excellent livre que vous mettez au jour s’adresse tout à la fois aux hommes de science et aux hommes d’imagination. Tout s’y trouve, mêlé et combiné dans une puissante et singulière unité : l’art et l’histoire, la poésie et la religion.

Vous faites une œuvre noble et utile, et j’y applaudis de tout cœur. Vous êtes du petit nombre de ces esprits élevés et patients qui expliquent, savamment et poétiquement, à l’Europe son architecture, à l’Eglise son symbolisme, au prêtre sa cathédrale, à tous les peuples leur passé, à tous les arts leur avenir, à tous les hommes le mystère qui est au fond de tous les temples.

Continuez. Ayez courage. Ce que vous faites est bon et beau. (…) C’est grâce à quelques hommes comme vous, que l’Europe voit se tourner aujourd’hui vers l’art si profond, si étrange et si admirable du Moyen Âge, non seulement tous les antiquaires, mais encore tous les penseurs. Pour les uns, c’est une étude ; pour les autres, c’est une contemplation.

Je vous serre la main, et je suis à vous du fond du cœur. Votre ami, Victor Hugo ».

Article du 18 septembre 2017

Auteur : elisabethlamour

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