Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes


Poster un commentaire

Denys de Fourna et Panselinos (émission du 30 octobre)

Chaque lundi à 11 h 05 sur RCF Isère (103.7), retrouvez la nouvelle série intitulée Carnets de peintures. Dans l’esprit du carnet de voyage, entrons dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel ». Il concerne, entre autres, la peinture de l’icône, la fresque, l’enluminure, la calligraphie, la mosaïque, la taille de pierre, l’orfèvrerie ou le vitrail… Tous les « épisodes » précédents sont sur ce site à la rubrique « actualité » ; les liens avec les podcast des émissions précédentes sont ici

Et voilà Didron, notre archéologue, qui continue son périple à la recherche d’une copie du précieux manuscrit, Le Guide de la peinture. Bien sûr, il rencontre encore quelques péripéties, car les vieux moines, qui détiennent le document, ne comptent pas s’en séparer si facilement. Le document constitue l’appui, le point de départ de tout leur travail, depuis la formation des apprentis jusqu’aux réalisations finales. Il finit par en trouver un exemplaire chez le vieux moine et peintre Macarios, qui accepte de le lui faire copier. Un an plus tard, il reçoit enfin le fameux texte et peut en commencer la traduction et l’annoter avant de le publier en 1845.

Une fresque attribuée Panselinos (saint Jean dictant l'Apocalyse à Procore)

Une fresque attribuée à Manuel Panselinos : saint Jean dictant l’Apocalypse à son disciple Procore

On découvre que l’auteur du cœur du manuscrit est un certain Denys, peintre au monastère de Fourna : né autour de 1670, il finit ses jours vers 1745. Dans l’introduction de l’ouvrage, Denys se présente : il raconte qu’il a étudié l’art depuis l’enfance, avec beaucoup de peine, à Thessalonique, en s’efforçant de suivre les traces de celui qu’il considère comme son maître, Manuel Panselinos de Thessalonique.

On sait très peu de choses sur ce maître oublié, sauf ce qu’en raconte Denys : il dit toute son admiration pour celui était « comparé à la lune dans toute sa splendeur ». Il explique que celui-ci n’a pas voulu que se perde une somme d’art et de connaissances immenses et a cherché à consigner son expérience et son savoir à l’aide de son élève, Cyrille de Chio. On dispose de peu de précisions historiques, mais Didron, dans une note de bas de page écrit : « Panselinos est ce peintre du XIIe siècle, le Raphaël ou plutôt le Giotto de l’école byzantine, dont on montre des fresques dans la principale église de Karès, au mont Athos. On dit qu’il vivait sous l’empereur Andronic 1er. Ces fresques, assez remarquables de dessin et d’expression, ont beaucoup souffert dans la couleur, qui est enfumée. Il est difficile de dire si ces peintures datent réellement du XIIe siècle ; elles nous ont semblé (…) beaucoup plus anciennes que les peintures analogues qu’on voit dans les différents monastères du mont Athos et des Météores. »

Ainsi, pour tenter de résumer, on peut dire que Le Guide de la peinture est un ouvrage composite : transcrit au XIXe siècle, il est l’œuvre d’un peintre du XVIIIe siècle, qui lui-même s’inspire largement du travail d’un prédécesseur du XIIe, sans oublier les ajouts, notes et précisions des peintres qui se sont succédé à travers tout ce temps.

Cela nous conduira, la semaine prochaine, à approfondir la notion de la transmission dans la peinture médiévale, et plus largement.

Article du 30 octobre 2017

Publicités


1 commentaire

Le prophète Isaïe et ses visions

Prophète Isaïe

Icône sur tilleul, 15 x 19,5cm, 2017

Isaïe (ou Esaïe) est un des quatre « grands prophètes » de l’Ancien Testament. Il aurait vécu à Jérusalem, au VIIIe s av. J.-C., dans une période de relative prospérité, mais sur laquelle planent de lourdes inquiétudes, telles que la montée en puissance de l’Assyrie. Bref, l’avenir est sombre et Isaïe le sait, car il a des visions prémonitoires.

Isaïe dénonce le relâchement des mœurs de ses contemporains, leur insouciance et leur goût du luxe ; on dirait aujourd’hui, leur « matérialisme ». Il répète inlassablement que la seule solution serait de se tourner de nouveau vers Dieu (Isaïe signifie à peu près « Dieu est mon salut »).

La tradition retient ses prophéties messianiques dont la préfiguration de l’Annonciation et la vision du Temple céleste, mais aussi son effroi quand ses yeux voient le Seigneur, lui qui se définit comme « un homme aux lèvres impures ». Dans les temps troublés qu’il traverse,  la terreur côtoie l’espérance.

Le roi Manassé fait persécuter plusieurs des contemporains d’Isaïe. Selon un récit apocryphe, il aurait lui aussi été torturé, mais son âme aurait été « ravie au ciel » juste avant, afin de lui éviter la souffrance.

On trouve trois livres très différents et il n’est pas sûr qu’ils aient été écrits par la même personne. Les prophéties d’Isaïe et ses visions trouvent leur écho dans la généalogie du Christ et dans l’Annonciation et sont le point de départ de nombreuses représentations :

– la prophétie d’Isaïe « Voici, la jeune fille est enceinte et va enfanter un fils qu’elle appelera Emmanuel » (Is 7, 14) se retrouve dans le livre que Marie tient lors de l’Annonciation.

– la prophétie « Un surgeon poussera de la racine de Jessé » (Is 11,1) ouvre à l’iconographie d’un arbre généalogique pour illustrer que Jésus descend de Jessé. Aussi Isaïe est-il parfois figuré avec une branche feuillue.

Christ en Gloire

Christ en Gloire, je dédie cet article à l’ami Yves Léonard.

– la vision du Temple céleste a servi de point de départ à la tradition iconographique du Christ en gloire (voir ici).

Isaïe est représenté comme un homme âgé à longue barbe tenant un phylactère avec inscriptions ou prophéties ou portant une scie ; ou alors scié en deux dans l’arbre creux où il s’était caché pour fuir les persécutions.

Il tient parfois des tenailles et un charbon ardent, allusion à une autre de ses visions (Is 6, 1-7) : un séraphin avait posé sur ses lèvres un charbon ardent avec cette tenaille.

Il est fête le 6 juillet (cath) ou le 9 mai (orth).

 

 

 

 

Article du 27 octobre 2017


Poster un commentaire

À la recherche d’une copie du « Guide de la peinture » (émission du 23 octobre)

 

Berzé

Berzé la ville, fresques du XIIe siècle

Chaque lundi à 11 h 05 sur RCF Isère (103.7), retrouvez la nouvelle série intitulée Carnets de peintures. Dans l’esprit du carnet de voyage, entrons ensemble dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel ». Il concerne, entre autres, la peinture de l’icône, la fresque, l’enluminure, la calligraphie, la mosaïque, la taille de pierre, l’orfèvrerie ou le vitrail… Tous les « épisodes » précédents sont sur ce site à la rubrique « actualité » ; les liens avec les podcast des émissions précédentes sont ici

Nous continuons à suivre l’archéologue du 19e siècle dans ses recherches sur l’art byzantin.

Adolphe-Napoléon Didron vient de découvrir le fameux Guide de la Peinture et parcourt le manuscrit que lui a tendu le peintre Joasaph : il se compose de quatre parties qui vont de la technique aux conseils de peinture, à la manière de préparer les pinceaux et les couleurs, de disposer les enduits pour les fresques et les tableaux ou de peindre sur ces enduits. Plus loin l’ouvrage aborde la façon de dessiner le costume, la forme des cheveux et de la barbe, de traduire l’âge, la physionomie et l’attitude des personnages ; il précise l’ordonnancement des compositions, c’est-à-dire la façon dont chacun est placé.

Didron comprend alors la constance et la permanence des motifs qu’il a rencontrés tout au long de son voyage à travers la Grèce. Il réalise qu’elle est la posture d’un artiste comme Joasaph. L’archéologue ajoute cette intéressante réflexion :

« Ce qui se passait au mont Athos avait dû se passer en France et dans toute l’Europe chrétienne au Moyen Âge. La composition et la distribution des sculptures qui décorent les portails des cathédrales d’Amiens, de Reims, de Chartres surtout, témoigneraient d’un grand génie, si quelque artiste picard, champenois ou beauceron les avait inventées ; mais elles ne réclament qu’un homme ordinaire, assisté d’un code analogue à celui du mont Athos. Il en est de même pour la peinture sur verre. Je tenais donc enfin la solution d’un problème qui m’avait tourmenté depuis longtemps ».

Ainsi, le manuscrit que consulte Didron lui permet de lever bien des voiles : le texte est ancien en ce qui concerne son noyau, mais s’est étendu et complété avec les siècles. La copie que Didron a sous les yeux remonte à des centaines d’années, mais est aussi couverte de notes écrites par Joasaph lui-même, ainsi que par son maître, notes qui entreront plus tard dans le corps de l’ouvrage, comme étaient entrées celles des peintres des siècles précédents.

Didron supplie alors Joasaph de lui vendre le précieux manuscrit, décidé aux plus grands sacrifices pour l’emporter. Mais le peintre répond, dans sa simplicité que s’il se dépouillait de ce livre, il ne pourrait plus rien faire. En perdant son guide, il perdait son art, ses yeux et ses mains. Il ne pourrait plus peindre, tout simplement. « Du reste, ajoute-t-il, vous trouverez d’autres copies de ce manuscrit à Karès ; chaque atelier en possède un exemplaire, et, malgré la décadence où la peinture est tombée dans notre sainte montagne, il existe encore à Karès quatre ateliers complets. »

Et nous retrouverons la semaine prochaine Didron à la poursuite de sa quête.

Article du 23 octobre 2017


Poster un commentaire

La découverte du « Guide de la peinture » (émission du 16 octobre)

OLYMPUS DIGITAL CAMERAChaque lundi à 11 h 05 sur RCF Isère (103.7), retrouvez la nouvelle série intitulée Carnets de peintures. Dans l’esprit du carnet de voyage, entrons ensemble dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel ». Il concerne, entre autres, la peinture de l’icône, la fresque, l’enluminure, la calligraphie, la mosaïque, la taille de pierre, l’orfèvrerie ou le vitrail… Tous les « épisodes » précédents sont sur ce site à la rubrique « actualité » ; les liens avec les podcast des émissions précédentes sont ici

Adolphe-Napoléon Didron n’a pas encore de réponse à ses interrogations et continue son voyage. Il se dirige vers Karès, la capitale de l’Athos, siège du gouvernement ecclésiastique, afin d’obtenir les autorisations nécessaires à la poursuite de ses recherches.

Durant un mois, il visite tous les monastères et les ermitages. Tandis que son compagnon mesure et dessine sans relâche, Didron prend des notes et s’étonne de la richesse des peintures et des fresques qui non seulement couvrent les murs des églises, mais aussi des réfectoires ou des endroits les plus reculés. Encore une fois, il est frappé par la ressemblance et la cohérence avec tout ce qu’il a découvert jusque là…

Après un nouveau périple d’un mois, il décide de rentrer à Esphigménou, ses carnets couverts d’observations, de notes et de dates, mais l’esprit empli de questions relatives à la manière de peindre. Il y retrouve Joasaph, qui a bien avancé dans son entreprise. Didron l’interroge sur les artistes dont il a retrouvé les noms, tracés discrètement au pinceau sur les murs des églises ou des réfectoires. Mais personne ne semble les connaître ni s’en souvenir, à part peut-être un certain Manuel Panselinos qui aurait été une sorte d’initiateur.

Joasaph, le peintre d’Esphigménou répond aux questions de Didron tout en continuant à esquisser et à peindre. Alors que l’archéologue s’extasie, une fois encore, devant sa prodigieuse facilité, son travail sans esquisses et son étonnante mémoire, le peintre lui rétorque « Mais, monsieur (…), tout cela est moins extraordinaire que vous ne dites, et je m’étonne de votre surprise, qui augmente loin de cesser. Tenez, voici un manuscrit où on nous apprend tout ce que nous devons faire. Ici, on nous enseigne à préparer nos mortiers, nos pinceaux, nos couleurs, à composer et disposer nos tableaux ; là, sont écrites les inscriptions et les sentences que nous devons peindre, et que vous m’entendez dicter à ces jeunes gens, mes élèves. »

Adolphe-Napoléon saisit avec empressement le manuscrit que lui montre Joasaph… Il a pour titre Le Guide le la peinture, et donne enfin à notre archéologue la clé qui lui manque. C’est l’ouvrage qui sera également notre fil conducteur pour cette série d’émissions.

Article du 16 octobre 2017


Poster un commentaire

La rencontre avec Joasaph au Mont Athos (émission du 9 octobre)

OLYMPUS DIGITAL CAMERAChaque lundi à 11 h 05 sur RCF Isère (103.7), retrouvez la nouvelle série intitulée Carnets de peintures. Dans l’esprit du carnet de voyage, entrons ensemble dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel ». Il concerne, entre autres, la peinture de l’icône, la fresque, l’enluminure, la calligraphie, la mosaïque, la taille de pierre, l’orfèvrerie ou le vitrail…

Adolphe-Napoléon Didron (l’archéologue qui publie Le Guide de la peinture en 1845), après avoir arpenté la Grèce, voudrait bien en savoir plus ! Intrigué par ses découvertes, il se rend alors au Mont Athos et commence ses investigations par le monastère d’Esphigménou. Par chance, il y trouve la grande église, nouvellement bâtie, couverte d’échafaudages ; un peintre de Karès nommé Joasaph, aidé par son frère, deux élèves et deux jeunes apprentis, couvre alors de fresques historiées tout le porche intérieur qui précède la nef.

L’archéologue est ravi de cet heureux hasard qui va peut-être lui permettre de répondre aux questions qui ne cessent de l’assaillir. Aussi, il monte sur l’échafaudage et observe l’artiste, entouré de ses élèves, décorant de fresques le narthex de l’église. Le jeune frère étend le mortier sur le mur ; le maître esquisse le tableau ; le premier élève remplit les contours marqués par le chef dans les tableaux que celui-ci n’a pas le temps de terminer ; un jeune élève dore les nimbes, peint les inscriptions, réalise les ornements ; les deux autres broient et délayent les couleurs. Le maître semble exécuter ses traits de mémoire ou à l’inspiration. En une heure, sous les yeux de l’archéologue, il trace toute une scène, avec le Christ et les apôtres en taille réelle. Il effectue son esquisse de mémoire, sans carton ni modèle. En examinant le travail déjà réalisé, Didron lui demande s’il a travaillé de la même façon ; le peintre répond par l’affirmative, ajoutant qu’il efface très rarement un trait une fois qu’il est tracé.

L’archéologue et son équipe semblent de plus en plus étonnés et en même temps, persuadés de l’excellence de ces peintures. Il ajoute : « le peintre du mont Athos pourrait être mis certainement sur la ligne de nos meilleurs artistes vivants, surtout lorsqu’ils exécutent de la peinture religieuse. Ce peintre si alerte m’étonnait encore par sa prodigieuse mémoire. Non seulement il traçait ses esquisses et les achevait sans dessin ni carton ; mais je le voyais dictant à son second élève les inscriptions et les sentences que devaient porter les tableaux et les divers personnages. Il débitait tout cela sans livre ni notes, et tout cela était rigoureusement le texte des sentences et des inscriptions que j’avais relevées dans l’Attique, dans le Péloponnèse et à Salamine. Je lui témoignai mon admiration ; mais ma surprise l’étonna beaucoup lui-même, et il me répondit, avec ce que je croyais une rare modestie, que c’était bien simple et beaucoup moins extraordinaire que je ne le pensais. Puis il se remit tranquillement à l’œuvre. »

Alors, quel est donc le secret de cet artiste ? Ce sera le sujet de l’émission de la semaine prochaine.

Article du 9 octobre 2017


Poster un commentaire

Le peintre de Salamine : Georges Marcos (émission du 2 octobre)

Chaque lundi à 11 h 05 sur RCF Isère (103.7),  retrouvez la nouvelle série intitulée Carnets de peintures. Dans l’esprit du carnet de voyage, entrons ensemble dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel ». Il concerne, entre autres, la peinture de l’icône, la fresque, l’enluminure, la calligraphie, la mosaïque, la taille de pierre, l’orfèvrerie ou le vitrail…

Nous suivons les traces de l’archéologue Adolphe-Napoléon Didron, qui publie Le Guide de la peinture en 1845. Après un premier tour d’horizon à Athènes et à travers la campagne de Grèce, il acquiert enfin l’impression d’entrevoir les règles fondamentales régissant l’iconographie byzantine.

fresque Varlaam, météores 16°, peintre Castenallo.JPG

Fresque du monastère de Varlaam aux Météores datant du 16°siècle, probablement peinte par Castenallo (photo prise en 2009 lors d’un voyage avec le Centre Théologique de Meylan/Grenoble). Saint Jean Damascène y tient la fameuse « banderole » dont parle Didron.

À Salamine, il admire la grande église du monastère de la Panaghia-Phanéroméni, couverte de fresques aux détails et au foisonnement presque étourdissant. Il compare Salamine et Chartres, relevant de singulières analogies, comme la place du jugement dernier, à l’entrée contre la paroi occidentale, alors qu’une grande Vierge à l’enfant se tient à l’orient, au fond de l’abside. À Salamine, comme à Chartres, l’Ancien Testament se déploie sur le côté gauche de l’église et le Nouveau, sur le côté droit. Il constate que chaque personnage est représenté exactement de la même façon que dans les églises qu’il a découvertes précédemment. Il relève que les saints, Jean-Damascène, Grégoire de Naziance, Basile, Jean-Chrysostome et beaucoup d’autres, portent ce qu’il appelle des banderoles sur lesquelles figurent des extraits de leurs écrits ou de leur histoire.

Mais notre archéologue ne croit absolument pas qu’un homme seul ait pu réaliser ce travail colossal, allier une telle maîtrise artistique et autant de solides connaissances historiques et théologiques.

Écoutons son commentaire :

« Quel homme devait être ce peintre de Salamine pour avoir accompli une pareille entreprise ! Je ne revenais pas de mon étonnement, que mes compagnons partageaient au plus haut degré. J’interrogeai les moines du couvent, surtout les plus instruits, et je n’en pus rien tirer. Enfin, sur la paroi occidentale de l’église, à l’intérieur, je vis une inscription que portait un ange peint, et dont voici la traduction : 1735, ce temple vénérable et sacré a été peint…..par la main de Georgîos Marcos (…) avec l’aide de ses élèves, Nicolaos (…), Georgakis et Àntonis.

Qu’était-ce que ce Georges Marc ? Un grand homme assurément. (…) il peignait en 1735, à cent quatre ans seulement du jour où je faisais des questions sur lui et sur ses élèves, et personne ne put me répondre. Cependant j’étais à Salamine, dans l’église même où il avait dû passer sa vie, et je m’adressais à des moines dont les prédécesseurs immédiats avaient été les contemporains du peintre.

Rentré dans Athènes, je pris, auprès des hommes les plus instruits, des informations sur Marc d’Argos et ses trois élèves : toutes mes questions restèrent sans réponse. »

Et voilà, nous quittons pour aujourd’hui Adolphe-Napoléon, un archéologue qui n’est pas au bout de ses interrogations !

Article du 2 octobre 2017