Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

La « chaîne d’or » (émission du 6 novembre)

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Cimabue et Giotto3, mG

Cimabue et Giotto par Pierre-Henri Revoil

Chaque lundi à 11 h 05 sur RCF Isère (103.7), retrouvez la nouvelle série intitulée Carnets de peintures. Dans l’esprit du carnet de voyage, entrons dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel ». Il concerne, entre autres, la peinture de l’icône, la fresque, l’enluminure, la calligraphie, la mosaïque, la taille de pierre, l’orfèvrerie ou le vitrail… Tous les « épisodes » précédents sont sur ce site à la rubrique « actualité » ; les liens avec les podcast des émissions précédentes sont ici.

Puisque nous sommes dans le temps de la Toussaint, le moment est parfait pour nous attarder sur la façon dont Le Guide de la peinture, est parvenu jusqu’à nous.

J’ai bien aimé dans le récit d’Adolphe-Napoléon Didron, ses rencontres réelles ou imaginaires avec les peintres qu’il a croisés dans sa quête.

Il raconte lui même :

« J’ai relevé sur les fresques, les mosaïques et les tableaux mobiles, trente-cinq noms de peintres morts : vingt-trois dans le mont Athos même, et douze dans les autres contrées. J’ai visité les ateliers de quatorze peintres vivants, dont quatre maîtres et dix élèves. J’ai vu le peintre Joasaph exécutant avec son frère et ses quatre élèves les peintures d’Esphigménou du mont Athos. J’ai vu peindre des tableaux sur bois, à Karès, par le vieux père Agapios et le père Macarios, celui qui m’a fait transcrire le manuscrit. J’ai acheté à l’un des moines sculpteurs, le père Benjamin, une de ces jolies croix de bois, tout historiée des sujets de la Passion et de la vie du Christ, semblable à celles qu’on garde précieusement dans nos musées (…) »

Didron, dans son récit, raconte longuement sa rencontre et ses échanges avec Joasaph, mais il évoque aussi l’œuvre d’un certain Georges Marc qui aurait vécu au début du XVIIIe siècle. Quant au fameux ouvrage, Le Guide de la peinture, l’essentiel date du XVIIIe siècle, mais c’est un peu comme si Manuel Panselinos, du XIIe siècle, avait jeté des fondements, transmis des trésors de découvertes des uns aux autres jusqu’à Denys de Fourna, en passant par Georges Marcos et tant d’autres, pour arriver à Joasaph, à Macarios, et enfin à notre archéologue… puis jusqu’à nous aujourd’hui : fascinant, vous ne trouvez-pas ?

Et oui, on l’a compris, une des premières caractéristiques de ces arts sacrés traditionnels, qu’ils soient d’orient ou d’occident, est de s’inscrire dans une filiation. Je trouve très beau cette place de l’iconographe, du maître verrier, du tailleur de pierre ou de tant d’autres artisans d’art : nous continuons et transmettons le travail de nos prédécesseurs. C’est comme si nous donnions vie éternelle à leurs recherches, leur méditation, leurs joies, leurs émotions et leurs prières pour inscrire notre art dans le profond respect de ce qui nous construit. Ainsi, chacun constitue, humblement et lumineusement, un des maillon de la « chaîne d’or » dont parle saint Syméon, le nouveau théologien au début du XIe siècle.

Nous voilà prêts à entrer, la semaine prochaine, dans le texte même de ce fameux Guide de la peinture.

J’ai mis, pour illustrer cet article, l’image de ce tableau de Pierre-Henri Revoil . Il date du tout début du XIXe siècle et on peut l’admirer au Musée de Grenoble : il illustre très bien, pour moi, le thème de la « chaîne d’or ».
On peut trouver sa présentation ici.

Article du 6 novembre 2017

Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

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