Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

De l’Athos à Chartres

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L’introduction au Guide de la peinture, rédigée par Adolphe-Napoléon Didron, est très longue – environ une quarantaine de pages. Il prend, comme on le faisait à son époque, d’infinies précautions pour présenter son sujet. Je ne vais bien sûr pas tout détailler mais seulement vous en livrer l’essentiel.

Didron souligne d’abord les difficultés de traduction et le fait que certains termes, certaines proportions, certaines matières, ne trouvent aucune analogie en français. La valeur de l’ouvrage n’est peut-être pas technique, car aucune recette ne peut-être suivie telle quelle. C’est surtout l’esprit, la façon de travailler qui est retranscrite et continue à nous inspirer et à nous émerveiller. J’apporterai chaque fois que possible une sorte de « traduction pour aujourd’hui » aux conseils techniques.

L’archéologue relève ensuite les nombreuses analogies entre ce qu’il a observé à la fois en Grèce et au Mont Athos, et en Occident, que ce soit à la cathédrale de Chartres, à Reims ou ailleurs. Il remarque par exemple que le sceau dont les moines gouverneurs de l’Athos scellent leurs décisions (…) est peint sur une verrière de la cathédrale de Chartres d’une façon évidente. Il s’étend sur la disposition des scènes et des personnages, très analogue partout dans le monde chrétien. Bref, pour Alphonse-Napoléon Didron, les routes prises par les diverses écoles de l’art chrétien ont bien été les mêmes, en Orient et en Occident, au moins jusqu’au schisme. Ensuite, quelques différences sont apparues mais davantage dans les détails – que nous mentionnerons quand ce sera utile – que pour l’essentiel. Ainsi, les auditeurs qui s’intéressent à l’art roman trouveront des repères familiers et un grand intérêt au Guide de la peinture. Du reste, le titre complet de l’ouvrage est Manuel d’iconographie chrétienne grecque et latine. C’est dire combien Monsieur Didron est persuadé de l’universalité du manuscrit qu’il nous livre.

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Quant à l’influence mutuelle et les échanges riches et féconds entre les écoles d’art du bassin méditerranéen médiéval, élaborant chacune leur « manière de peindre », elle n’est plus à démontrer. Les trésors des uns éblouissent les autres : les marchands, les pèlerins, les apprentis, les navigateurs et même les guerriers – quand ils reviennent –racontent et tissent à travers le monde des fils dont l’art témoigne toujours. Impossible de savoir, à la fin du voyage, qui a influencé l’autre : Adolphe-Napoléon Didron, l’archéologue, développe cette question éternelle dans sa longue introduction.

Cet article a été le support d’une émission hebdomadaire intitulée Carnets de peinture et diffusée de septembre 2017 à juin 2019 sur RCF Isère. Dans l’esprit du carnet de voyage, l’émission nous faisait entrer dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel » (peinture de l’icône, fresque, enluminure, calligraphie, mosaïque, taille de pierre, orfèvrerie, vitrail…).  On peut retrouver certains podcasts  ici

Article du 13 novembre 2017

Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

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