Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Peindre « par amour et noblesse d’âme » (émission du 11 décembre)

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OLYMPUS DIGITAL CAMERAChaque lundi à 11 h 05 sur RCF Isère (103.7), retrouvez la nouvelle série intitulée Carnets de peintures. Dans l’esprit du carnet de voyage, entrons dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel ». Il concerne, entre autres, la peinture de l’icône, la fresque, l’enluminure, la calligraphie, la mosaïque, la taille de pierre, l’orfèvrerie ou le vitrail… Tous les « épisodes » précédents sont sur ce site à la rubrique « actualité » ; les liens avec les podcast des émissions précédentes sont ici.

À quel appel répond le peintre médiéval, lui qui ne cherche ni la notoriété ni la fortune, s’inscrivant avec humilité dans une filiation, travaillant sans relâche, en s’appuyant sur les manuscrits et les conseils des maîtres ?

Dans les introductions de nos trois ouvrages de référence, les auteurs énumèrent quelques motivations : glorifier Dieu, faire fructifier son don, venir à l’art «par amour et noblesse d’âme » nous dit Cenninni (1).

Quant à nous, iconographes d’aujourd’hui, nous tentons de garder un peu de cet état d’esprit, en commençant notre apprentissage et chaque temps de travail par une recommandation ou une prière ancienne. L’une d’elle, habituellement appelée Prière de l’artisan, serait un texte d’origine anglaise antérieur au XIIe siècle transmis par des moines copistes ou des enlumineurs. Elle se termine ainsi :

« Seigneur, ne me laisse jamais oublier que tout savoir est vain sauf là où il y a travail, et que tout travail est vide sauf là où il y a amour, et que tout amour est creux qui ne me lie à moi-même et aux autres et à Toi, Seigneur !

Enseigne-moi à prier avec mes mains, mes bras et toutes mes forces.

Rappelle-moi que l’ouvrage de mes mains t’appartient et qu’il m’appartient de te le rendre en le donnant ; que si je le fais par goût du profit, comme un fruit oublié je pourrirai à l’automne ; que si je le fais pour plaire aux autres comme la fleur de l’herbe je fanerai au soir ; mais si je le fais pour l’amour du bien, je demeurerai dans le bien ; et le temps de faire bien et à ta gloire, c’est tout de suite ».

Un autre texte de prière de référence, la prière de l’iconographe (2), nous parle de « la joie de répandre les icônes dans le monde, la joie du travail même de l’iconographe, la joie de donner la possibilité au saint de rayonner à travers son icône ». Elle se termine pas ces mots : « N’oublie pas non plus que tu sers la gloire du Seigneur par ton icône, que tu répands la gloire du saint dont tu peins le visage, (…) que tu chantes la gloire du Seigneur par ton icône ».

Quand nous prononçons ces mots qui parlent d’humilité, d’amour, de rayonnement, nous ne sommes pas très loin de Manuel Panselinos ou de Taddeo de Forence. Ces mots donnent à notre travail une résonance joyeuse et accompagnent le rebondissement de la couleur à travers le temps.

(1). Chapitre II de CENNINI Cennino, Il libro dell’arte, Éd. Berger-Levrault 199, ouvrage présenté ici
(2). Texte complet et commentaire de Michèle Lévesque ici 

Article du 11 décembre 2017

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Auteur : elisabethlamour

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