Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Fra Angelico de Fiesole (émission du 18 décembre)

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Chaque lundi à 11 h 05 sur RCF Isère (103.7), retrouvez la nouvelle série intitulée Carnets de peintures. Dans l’esprit du carnet de voyage, entrons dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel ». Il concerne, entre autres, la peinture de l’icône, la fresque, l’enluminure, la calligraphie, la mosaïque, la taille de pierre, l’orfèvrerie ou le vitrail… Tous les « épisodes » précédents sont sur ce site à la rubrique « actualité » ; les liens avec les podcast des émissions précédentes sont ici.

Cortona, Fra Angelico.jpeg

Annonciation de Fra Angelico à Cortone, souvenir de la petite place et de la lumière très fragile, du respect en entrant dans le modeste Museo diocesano…

La semaine dernière, nous évoquions le sens profond du travail de l’artiste médiéval. Quelques jours avant Noël, je souhaite partager avec vous ce merveilleux texte de saint Jean de Fiesole, autrement appelé Fra Angelico. Ce peintre, moine dominicain du tout début du XVe siècle (1400-1455), a associé dans son oeuvre l’influence de la Renaissance avec les valeurs et le sens spirituel de l’art médiéval.

Écoutons-le nous parler de l’ombre et de la joie :

« Il n’y a rien de ce que je pourrais vous offrir que vous ne possédiez déjà, mais il y a beaucoup de choses que je ne puis donner et que vous pouvez prendre.

Le ciel ne peut descendre jusqu’à nous, à moins que notre cœur n’y trouve aujourd’hui même son repos. Prenez donc le ciel.

Il n’existe pas de paix dans l’avenir qui ne soit cachée dans ce court moment présent. Prenez donc la paix.

L’obscurité du monde n’est qu’une ombre. Derrière elle, et cependant à notre portée, se trouve la joie. Il y a dans cette obscurité une splendeur et une joie ineffables si nous pouvions seulement les voir.

Et pour voir, vous n’avez qu’à regarder. Je vous prie donc de regarder.

La vie est généreuse donatrice, mais nous, qui jugeons ses dons d’après l’apparence extérieure, nous les rejetons, les trouvant laids ou pesants, ou durs. Enlevons cette enveloppe et nous trouverons au-dessous d’elle une vivante splendeur, tissée d’amour par la sagesse avec d’abondants pouvoirs. Accueillez-la, saisissez-la et vous toucherez la main de l’ange qui vous l’apporte.

Dans chaque chose que nous appelons une épreuve, un chagrin ou un devoir, se trouve, croyez-moi, la main de l’ange ; le don est là, ainsi que la merveille d’une présence adombrante (1).

De même pour nos joies : ne vous en contentez pas en tant que joies, elles aussi cachent des dons divins.

La vie est tellement emplie de sens et de propos, tellement pleine de beautés au-dessous de son enveloppe, que vous apercevrez que la terre ne fait que recouvrir votre ciel. Courage donc pour le réclamer. C’est tout. Mais vous avez du courage et vous savez que nous sommes ensemble des pèlerins qui, à travers des pays inconnus, se dirigent vers leur patrie.
Ainsi, en ce jour de Noël, je vous salue, non pas exactement à la manière dont le monde envoie ses salutations, mais avec la prière : que pour vous, maintenant et à jamais, le jour se lève et les ombres s’enfuient. »

1. J’ai eu du mal à trouver une définition précise du mot « adombrer » ou « adombrement ». Il semble que l’adombrement soit le processus par lequel la Présence Divine pénètre un être humain, avec son accord (et même sa coopération), comme lors de l’Annonciation.

Article du 17 décembre 2017

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Auteur : elisabethlamour

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