Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Anthibole et calque (émission du 5 mars)

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Chaque lundi à 11 h 05 sur RCF Isère (103.7), retrouvez la série d’émissions intitulée Carnets de peinture. Dans l’esprit du carnet de voyage, entrons dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel ». Il concerne, entre autres, la peinture de l’icône, la fresque, l’enluminure, la calligraphie, la mosaïque, la taille de pierre, l’orfèvrerie ou le vitrail… Tous les « épisodes » précédents sont sur ce site à la rubrique « actualité » ; les liens avec les podcast sont ici.

OLYMPUS DIGITAL CAMERALes peintres médiévaux n’hésitaient pas à travailler d’après des œuvres originales et à les recopier, en choisissant, comme nous l’avons évoqué les semaines passées, les meilleurs modèles. Toujours, les indications données s’accompagnent des multiples précautions à prendre pour respecter l’œuvre originale.

Pour copier les tableaux des maîtres, les peintres médiévaux utilisent une technique élaborée proche de celle du calque, une copie très complète, en transparence, de l’original, incluant toutes les nuances de couleur et les ombres. Denys de Fourna l’appelle l’« anthibole » ; notons l’existence de ce terme dans d’anciens manuscrits grecs.

Denys de Fourna explique comment préparer une sorte de papier calque destiné à recevoir l’anthibole : il recommande de commencer par enduire du papier avec de l’huile de sésame « non bouillie », puis, de le laisser reposer à l’ombre toute une journée afin que l’huile pénètre au coeur de la matière. Ensuite, il conseille de frotter le papier à la pierre ponce afin d’éliminer le gras déposé en surface : cela permettra à la couleur de bien adhérer et en même temps, évitera de graisser l’original.

Il décrit ensuite la méthode complète qui permet d’obtenir une copie très proche du modèle. Je serais incapable d’en faire une transcription réellement utilisable, comme c’est souvent le cas dans Le Guide de la peinture, mais j’ai compris qu’un des ingrédients principaux de cette méthode est le suc d’ail ! Denys recommande aussi, chaque fois que possible, le simple travail en transparence appuyé contre une fenêtre ou un carreau de verre bien éclairé !

Deux siècles plus tard, Cennino Cennini mentionne dans Le Livre de l’art (chapitre XXIII) l’existence du papier calque. Les temps changent déjà et il n’est plus forcément nécessaire de le préparer soi-même ! Il préconise lui aussi de l’utiliser, pour copier les tableaux des maîtres. Il conseille de bien fixer le calque sur l’original avec de la cire rouge ou verte, puis de travailler à l’encre, au pinceau ou à la plume, en n’hésitant pas à rehausser les couleurs et à indiquer délicatement les ombres. Dans les trois chapitres suivants, Cennini donne néanmoins ses propres recettes pour la fabrication du papier calque, et ce sera le sujet de l’émission de la semaine prochaine.

Article du 5 mars 2018

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Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

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