Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Fabriquer son calque (émission du 12 mars)

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Chaque lundi à 11 h 05 sur RCF Isère (103.7), retrouvez la série d’émissions intitulée Carnets de peinture. Dans l’esprit du carnet de voyage, entrons dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel ». Il concerne, entre autres, la peinture de l’icône, la fresque, l’enluminure, la calligraphie, la mosaïque, la taille de pierre, l’orfèvrerie ou le vitrail… Tous les « épisodes » précédents sont sur ce site à la rubrique « actualité » ; les liens avec les podcast sont ici.

OLYMPUS DIGITAL CAMERACennino Cennini propose quelques méthodes pour préparer son propre calque, au cas où on on ne le trouve pas dans le commerce ! Elle sont assez différentes de celles données par Denys de Fourna, deux siècles plus tôt (voir l’émission de la semaine dernière ici).

Dans la première recette (chapitre XXIV du Livre de l’art), il suggère de demander à un parcheminier de râcler, le plus régulièrement possible, un parchemin de chevreau afin de lui donner de la « tenue ». On améliore ensuite sa transparence en l’enduisant à l’aide d’un coton imbibé d’huile de lin « claire et belle », puis en le laissant bien sécher.

Le deuxième procédé (chapitre XXV) nécessite une pierre de marbre ou de porphyre bien polie, ainsi que de la colle de peau de poisson qu’on trouve alors chez l’apothicaire. Il faut la faire bouillir, puis la filtrer à plusieurs reprises avant d’en passer, une fine couche avec un pinceau sur la pierre régulière, au préalable enduite d’un peu d’huile d’olive. Il suffit ensuite de bien laisser sécher la colle puis de soulever très délicatement, la pellicule ainsi réalisée à l’aide de la pointe d’un petit couteau fin : on obtient ainsi une sorte de papier calque qu’il est possible d’assouplir en l’enduisant d’huile de lin, avant de bien laisser de nouveau sécher.

La troisième méthode est juste évoquée. Cennini propose au chapitre XXVI d’utiliser du papier chiffon, c’est à dire un papier réalisé à partir de fibres végétales et de morceaux d’étoffes, de l’affiner et le blanchir le plus possible, avant de lui donner sa transparence avec l’huile de graines de lin.

Dans la réalisation de nos icônes, nous utilisons aussi le papier calque. Certes, il n’est enduit ni d’huile de sésame, ni d’huile de lin, ni de suc d’ail mais acheté tel quel dans une boutique de la ville quand ce n’est pas sur internet ! Le modèle choisi, chacun réalise son dessin en respectant les règles de proportion et de couleur étudiées au préalable, puis, travaille à l’aide d’un calque afin de chercher à saisir les lignes de plus en plus épurées de son propre dessin. On recouvre alors l’envers du calque d’un peu de pigment ocre rouge pour enfin repasser l’endroit du dessin avec une pointe sèche, afin de ne pas l’encrasser et de pouvoir l’utiliser autant de fois que cela sera nécessaire. Cela rapproche notre travail d’une autre technique ancestrale qui sera le sujet de l’émission de la semaine prochaine : la sinopia.

Article du 12 mars 2018

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Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

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