Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Sinopia et poncif (émission du 19 mars)

Poster un commentaire

Chaque lundi à 11 h 05 sur RCF Isère (103.7), retrouvez la série d’émissions intitulée Carnets de peinture. Dans l’esprit du carnet de voyage, entrons dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel ». Il concerne, entre autres, la peinture de l’icône, la fresque, l’enluminure, la calligraphie, la mosaïque, la taille de pierre, l’orfèvrerie ou le vitrail… Tous les « épisodes » précédents sont sur ce site à la rubrique « actualité » ; les liens avec les podcast sont ici.

OLYMPUS DIGITAL CAMERALes maîtres médiévaux recommandent à leurs élèves d’augmenter progressivement les dimensions de leurs travaux, en commençant par dessiner sur une tablette de bois, puis sur un parchemin, un panneau de bois avant de s’aventurer sur un mur. Mais pour cela, difficile de travailler directement à la bonne échelle. Aussi, on utilise au Moyen Âge la sinopia et le poncif.

La sinopia (au pluriel sinopie) désigne un pigment ocre rouge, composé d’oxydes de fer et provenant, à l’origine, de la région de Sinope en Turquie, au bord de la mer Noire. On le connaît depuis l’Antiquité puisque Pline l’Ancien le décrit déjà. Cette couleur, ou une autre très proche, aurait été largement utilisée pour les fonds des fresques de Pompei. Dans les traités du Moyen Âge, on le confond souvent avec le cinabre, le rouge de garance et le minium. Par extension, le terme sinopia désigne l’ébauche, pour les fresques ou les peintures sur bois, réalisée avec ce pigment, voire les dessins préparatoires effectués avec cette couleur. Cenninno Cennini s’attarde dans plusieurs chapitres de son ouvrage sur la sinopia :

« Cette couleur est maigre et sèche par nature. Elle supporte bien d’être broyée ; car plus on la broie, plus elle devient fine. Elle est bonne à utiliser sur panneau ou retable, ou sur mur, à fresque ou à sec. » (chap XXXVIII)

Ce pigment est particulièrement adapté pour tracer les premiers contours. Dans la réalisation des icônes, nous enduisons l’envers de notre calque avec un ocre rouge qui évoque la sinopia. Ensuite, les dessins préparatoires sont réalisés au pinceau, dans cette même tonalité, tout comme les premiers tracés sur l’icône.

On peut aussi utiliser une autre méthode ancienne encore mieux adaptée aux grandes surfaces et qui ne nécessite pas l’intervention du maître : le poncif. Il s’agit d’effectuer de petits trous sur les contours du dessin au calque avant de reporter ce dessin préparatoire sur la surface à peindre. On remplit ensuite ces trous à l’aide de pigment ou bien on les tamponne avec un petit sachet empli de charbon de bois. L’utilisation du poncif est adaptée aux grands formats, en particulier aux fresques, et elle est à la portée des débutants : c’est pourquoi on recourait à cette technique autrefois, à la fois pour les peintures murales, le transfert des décors sur la céramique et les motifs préparatoires des tapisseries.

Article du 19 mars 2018

Publicités

Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s