Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

L’icône « Joie de toutes les joies » ou « Séraphimo » ou « Diveieskaia »

2 Commentaires

 

Joie de toutes les joies

Joie de toutes les joies, 13 x 17 cm, icône sur tilleul

C’est la première fois que je réalise ce type d’icône très « occidentalisée », mais j’entreprends tout un travail autour de Séraphim de Sarov, et cette icône lui est indissociablement liée. Pour entrer dans une histoire, j’ai besoin d’abord, de comprendre avec un pinceau, un appareil photo ou une rencontre ; aussi , j’ai réalisé cette icône… et à ma grande surprise, elle m’a donné une grande joie !

L’original date du XVIIIe siècle et on y relève en effet une forte influence occidentale : regard tourné vers le bas, mains croisées sur la poitrine, couleurs inhabituelles (même si l’icône présentée ici n’a pas les couleurs d’origine), surcharge de décors, voile presque blanc aux formes très rondes… Une autre particularité réside dans l’inscription autour de l’auréole : « Réjouis-toi, fiancée non mariée ». L’icône d’origine mesure 67 cm x 49 cm ; elle est peinte à l’huile sur une toile collée sur une planche de cyprès.

L’icône porte plusieurs noms dont « Séraphimo ». Toute la vie du saint se passait sous la protection de la Mère de Dieu qui vient plusieurs fois lui rendre visite, le guérit miraculeusement à plusieurs reprises. Il avait dans sa cellule plusieurs icônes, mais celle-ci tenait pour lui une place très spéciale. Une veilleuse brûlait devant elle, et Séraphim utilisait son huile pour oindre et soigner les malades. On le retrouva mort, agenouillé devant elle, en 1833. Le Saint appelait cette icône « Tendresse », ou « Joie de toutes les joies ».

À la mort du Saint, l’higoumène du monastère transmit l’icône au monastère des femmes de Diveyévo (d’où le 3e nom de l’icône) qui avait été fondé par saint Séraphim (il en avait écrit la règle). Le saint, à plusieurs reprises, avait dit au sœurs de Divéyevo, en montrant cette icône : « Je vous confie et vous laisse le soin de cette reine des cieux », et celle-ci était considérée comme l’higoumène directe du monastère, toute décision importante devant lui être soumise. Plus tard, l’empereur Nicolas II fait recouvrir l’icône d’une nouvelle riza (1) d’argent, ce qui lui donne un aspect très surchargé.

Le monastère de Divéyévo, où se trouvait l’icône originale, ferme ses portes en 1927 mais l’icône est évacuée en secret et cachée pendant des années et la riza même enterrée. En juin 1991, l’icône est transmise au patriarche Alexis II et elle se trouve actuellement dans les locaux du patriarcat de Moscou. Une fois par an, pendant le carême, elle est offerte à la vénération de tous. Une copie de l’original est présentée à la galerie Tretiakov.
L’icône est fêtée le 28 juillet et le 9 décembre (jour de la fondation du monastère) et un office particulier lui est dédié.

1. La riza est une partie métallique, souvent précieuse et très ouvragée, destinée à protéger l’icône. Ce procédé est très en vogue aux XVIIIe et XIXe siècles, jusqu’à l’excès.

Article du 21 mars 2018

Publicités

Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

2 réflexions sur “L’icône « Joie de toutes les joies » ou « Séraphimo » ou « Diveieskaia »

  1. Cette icône est d’une tendresse remarquable. Les recherches faites autour de son histoire, passionnantes comme toujours

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s