Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Du bâton de saule au crayon mine (émission du 9 avril)

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Chaque lundi à 11 h 05 sur RCF Isère (103.7), retrouvez la série d’émissions intitulée Carnets de peinture. Dans l’esprit du carnet de voyage, entrons dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel ». Il concerne, entre autres, la peinture de l’icône, la fresque, l’enluminure, la calligraphie, la mosaïque, la taille de pierre, l’orfèvrerie ou le vitrail… Tous les « épisodes » précédents sont sur ce site à la rubrique « actualité » ; les liens avec les podcast sont ici.

OLYMPUS DIGITAL CAMERACennino Cennini, dans Le Livre de l’art, explique la méthode de fabrication du charbon de bois. Il recommande d’abord de prendre des bâtons de saule, secs et fins, pour réaliser de petits cylindres de la longueur de la paume de la main. Ensuite, si je comprends bien la recette, il faut les diviser à la dimension d’allumettes, les regrouper et les attacher ensemble à divers endroits avec du fil de cuivre ou de fer bien fin et remplir toute une marmite – neuve, précise t-il – avec ces petits fagots. Il faut ensuite fermer la marmite hermétiquement avec un couvercle de terre cuite pour que l’évaporation soit impossible. Ensuite – les détails sont souvent cocasses dans les récits de Cennini –, il faut s’arranger, en quelque sorte, avec son voisin boulanger afin d’utiliser son four après la dernière fournée, pour y déposer la marmite pendant toute une nuit. Le temps de « cuisson » semble assez aléatoire : Cennini recommande de vérifier si la cuisson n’est pas trop avancée : si c’est le cas, le charbon de bois obtenu est friable et la couleur ne tient pas. L’expérience seule, là encore, sert de guide !

Cennini donne ensuite une deuxième recette qui ne me semble pas plus précise que la première. Il recommande seulement de bien recouvrir le feu utilisé avec de la cendre… puis d’aller se coucher jusqu’au matin pendant la cuisson des petits fagots de saule placés cette fois dans une tourtière ! Il termine en disant qu’il n’existe pas de meilleure qualité de charbon de bois que ceux réalisés selon sa méthode.

Au chapitre suivant (chapitre XXXIV), Cennini livre quand même l’existence d’une pierre noire qui vient du Piémont, bien tendre et facile à aiguiser avec un canif : il s’agit du graphite ou plombagine. Le nom de graphite s’inspire du grec graphein qui signifie écrire. Quant à la plombagine, il s’agit d’un minerai de graphite d’une grande pureté qui, contrairement à ce que son nom laisse croire, ne contient pas de plomb… La mine de plomb est également utilisée par les artistes et artisans. Le graphite pur étant onéreux, de nombreux amalgames ont été mis au point, au fil du temps, avec des succès relatifs. Il faut attendre la toute fin du XVIIIe siècle pour voir apparaître le crayon tel que nous le connaissons aujourd’hui : on l’appelle alors le « crayon mine » et il est constitué d’un mélange de graphite et d’argile.

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Auteur : elisabethlamour

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