Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Fabriquer les pinceaux (émission du 16 avril)

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Chaque lundi à 11 h 05 sur RCF Isère (103.7), retrouvez la série d’émissions intitulée Carnets de peinture. Dans l’esprit du carnet de voyage, entrons dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel ». Il concerne, entre autres, la peinture de l’icône, la fresque, l’enluminure, la calligraphie, la mosaïque, la taille de pierre, l’orfèvrerie ou le vitrail… Tous les « épisodes » précédents sont sur ce site à la rubrique « actualité » ; les liens avec les podcast sont ici.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAAprès les secrets du Moyen Âge pour préparer les crayons, il est temps de passer à la préparation des pinceaux. Commençons par les recommandations de Denys de Fourna dans Le Guide de la peinture : 

« Lorsque vous voulez préparer des pinceaux pour peindre, il faut vous procurer des queues de blaireau ; vous enlèverez tous les poils qui en garnissent les côtés. Choisissez les poils droits et égaux, et rejetez ceux qui sont de travers ou qui ont des nœuds. Coupez ces poils avec des ciseaux, et mettez-les séparément sur une planche, un à un ; ensuite, réunissez-les ensemble, mouillez-les avec de l’eau, serrez leurs extrémités avec les ongles de la main gauche ; avec la main droite vous les tirerez par l’autre bout. Vous les préparerez avec soin, et vous les attacherez adroitement avec un fil de soie ciré ; ayez soin de ne pas faire une ligature trop longue. Vous aurez l’attention de faire macérer dans l’eau la plume dans laquelle vous voulez introduire le pinceau, afin qu’il ne puisse en sortir ; car, autrement, vous ne réussiriez pas. Mettez de côté tous les sommets des queues ; ils serviront à faire de grands pinceaux pour polir les enduits. »

Quant à nous, iconographes d’aujourd’hui, nous n’utilisons pas de « queues de blaireau » mais trois types de pinceaux : des pinceaux très doux en petit-gris pour leur délicatesse et pour recouvrir les fonds sans trop laisser de traces ; les pinceaux en poil de martre adaptés au tracé des lignes en raison de leur nervosité ; et puis aussi des pinceaux de diverses matières synthétiques pour nettoyer, passer la gomme-laque ou les vernis. Bien sûr, je ne vous cache pas qu’en ces temps où la question de la souffrance animale est lancinante, nous sommes de plus en plus nombreux à hésiter à utiliser le poil des écureuils et des martres, alors que leur douceur parle seulement de la caresse. Je dois dire que pour l’instant, je n’ai jamais trouvé un pinceau en matière synthétique dont la qualité approche celles de nos superbes outils en martre venus de Russie ! Avis aux innovateurs : ce serait tellement agréable de peindre sans s’inquiéter pour nos compagnons les petits mammifères des bois.

Les artistes du moyen Âge ne se posaient pas ce genre de question et c’est ce que nous verrons la semaine prochaine avec les méthodes de Cennino Cennini !

Article du 16 avril

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Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

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