Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Les podlinniki (émission du 7 mai)

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Chaque lundi à 11 h 05 sur RCF Isère (103.7), retrouvez la série d’émissions intitulée Carnets de peinture. Dans l’esprit du carnet de voyage, entrons dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel ». Il concerne, entre autres, la peinture de l’icône, la fresque, l’enluminure, la calligraphie, la mosaïque, la taille de pierre, l’orfèvrerie ou le vitrail… Tous les « épisodes » précédents sont sur ce site à la rubrique « actualité » ; les liens avec les podcast sont ici.

3 modèles 3 copie 2Depuis le début de l’année, nous découvrons comment les artistes médiévaux se transmettaient des indications et des recommandations sur la manière de fabriquer le matériel, sur leur manière de peindre ou de représenter les personnages et les scènes bibliques. Il existe aussi, spécialement dans la tradition byzantine, des carnets de croquis, comportant des esquisses parfois accompagnées de notes précisant la spécificité des traits, des attributs, des couleurs des vêtements, du type d’inscription accompagnant chaque personnage représenté.

Il est probable que ces recueils d’atelier aient été mis au point dès le lendemain de la crise iconoclaste, afin de fixer clairement la canonicité des représentations. Ces carnets d’images constituent à la fois des outils d’apprentissage et de travail, transmis comme un patrimoine propre à chaque atelier. Ils recueillent des modèles d’icônes, rassemblent des images de sujets iconographiques : ils donnent les « consignes » !

Au XVe siècle apparaissent les cartons de peinture,  c’est à dire les dessins « à l’échelle » prêt à être posés sur les murs.

En Russie, on appelle podlinnik un manuel ou guides de peinture (подлинник, pluriel podlinniki). On distingue les litsevyés et tolkovyés. Les litsevyés contiennent des dessins d’icônes classés selon les jours de fêtes. L’artiste y trouve une description de scènes bibliques, des calques, les recommandations pour l’usage des couleurs, les recettes pour leur préparation, des détails concernant le saint du jour et ses attributs. Les tolkovyés résument les indications mais ne comportent pas de dessins.

Ces podlinniki se répandent surtout à partir du XVIe siècle et reprennent les détails peu à peu précisés par les canons qui concernent les personnages à peindre et les évènements à relater par les icônes et les fresques. Le Concile des cent chapitres en 1551, qui s’emploie à lutter contre toutes les innovations, les influences étrangères et l’imagination du peintre, constitue une étape décisive.

On peut dire que ces carnets de peinture ont eu une double influence : d’un côté, ils ont permis de fixer une tradition, de diffuser un savoir-faire et de limiter les dérives, mais de l’autre, ils ont conduit à une certaine uniformisation. On peut parler d’une tradition figurative conçue dans les débats théologiques ! Fort heureusement, beaucoup des grands chefs d’œuvre de l’iconographie russe ont échappé à cette rigueur parfois excessive. Ainsi, Andrei Roublov réalise la plus grande partie de son œuvre dans les premières années du XVe siècle…

Article du 7 mai 2018

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Auteur : elisabethlamour

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