Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Le bois de bouleau (émission du 4 juin)

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Chaque lundi à 11 h 05 sur RCF Isère (103.7), retrouvez la série d’émissions intitulée Carnets de peinture. Dans l’esprit du carnet de voyage, entrons dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel ». Il concerne, entre autres, la peinture de l’icône, la fresque, l’enluminure, la calligraphie, la mosaïque, la taille de pierre, l’orfèvrerie ou le vitrail… Tous les « épisodes » précédents sont sur ce site à la rubrique « actualité » ; les liens avec les podcast sont ici

bouleauxAu cours du temps et selon les régions du monde, on a utilisé divers type de bois : en Russie le bouleau, dans d’autres pays l’aulne, le cèdre ou même certaines essences exotiques. L’important est de ne pas perdre de vue l’exigence et la spécificité de chaque essence pour ne pas risquer l’apparition de fentes ou une déformation excessive.

J’accorde beaucoup d’importance au lien avec la nature qui m’entoure : l’émerveillement est le même, devant un bosquet et devant une œuvre d’art. Savoir que l’un et l’autre s’entremêlent me ravit et je commence presque toujours le montage de photos qui explique mon travail, par la photo d’un petit bois de bouleaux sur le coteau de mon village.

À partir ce de cet arbre, un voisin-ami me prépare des planches qui me réjouissent le cœur, même, s’il faut le reconnaître, le tilleul présente davantage de qualités. Mais le bouleau me rappelle tant de voyages, tant de lumières rasantes sur la rive d’un lac à la fin du jour. J’aime tellement ces troncs lumineux. Chaque arbre me relie à une histoire, un paysage, une ambiance, une odeur, une émotion ou un souvenir…(1)

Je me souviens du jour où mon voisin est venu nous chercher pour l’aider à descendre jusqu’à son véhicule un joli bouleau au tronc large et régulier, tombé lors d’une tempête. Toutes affaires cessantes, nous sommes allés à la rencontre de ce tronc comme on serait parti à la découverte d’un trésor. L’arbre a ensuite été découpé en planches qui ont séché de longs mois, voire même des années, dans le garage. Ensuite est venue la découpe définitive, avec des formes plus ou moins sophistiquées au fil de la forme du bois, de l’inspiration de mon voisin et de mes indications !

Pour le peintre d’icônes d’aujourd’hui, cette étape de menuiserie est l’enseignement premier dont il faut se souvenir tout au long du travail : celui du respect absolu du temps qui s’écoule pour arriver jusqu’à l’œuvre !

Terminons cette partie avec une réflexion livrée par l’iconographe russe Pavel Boussalev à Michel Quenot dans Dialogue avec un peintre d’icônes (2).

« La planche en bois est un matériau noble un support idéal. Son épaisseur joue un grand rôle, car elle crée une densité conduisant à une perception différente de l’icône qui paraît plus forte, mieux incarnée. L’épaisseur de la planche -souvent exagérée au XVIIe siècle -contraste avec le dessin raffiné. Plus on remonte les siècles, plus les planches tendent à s’amincir jusqu’aux tablettes de Fayoum en Égypte qui maintiennent cependant l’harmonie entre la taille et la forme de l’image. »

  1. Voir mon livre Un moineau dans la poche, chapitre 3-1.
  2. QUENOT Michel, Dialogue avec un peintre d’icônes, Cerf 2002.

Article du 4 juin 2018

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Auteur : elisabethlamour

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