Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Le marouflage (émission du 18 juin)

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Chaque lundi à 11 h 05 sur RCF Isère (103.7), retrouvez la série d’émissions intitulée Carnets de peinture. Dans l’esprit du carnet de voyage, entrons dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel ». Il concerne, entre autres, la peinture de l’icône, la fresque, l’enluminure, la calligraphie, la mosaïque, la taille de pierre, l’orfèvrerie ou le vitrail… Tous les « épisodes » précédents sont sur ce site à la rubrique « actualité » ; les liens avec les podcast sont ici

OLYMPUS DIGITAL CAMERAOn appelle marouflage l’opération qui vient juste après l’encollage : la technique a plus de 3 000 ans et consiste à coller de la toile de coton ou de lin sur la planche avant de poser l’enduit de plâtre. Le procédé est utilisé sur des sarcophages égyptiens et dans la réalisation des fameux portraits du Fayoum.

Les proportions de dilution de la colle sont différentes à chaque étape, que ce soit pour l’encollage, le marouflage ou pour la préparation de l’enduit. Il est très important de les respecter scrupuleusement, faute de quoi apparaissent des fentes irréparables. Le soin apporté à cette étape influe beaucoup sur la facilité du travail ultérieur et sur le résultat.

Cennino Cennini précise : « Une fois que tu as encollé, prends une toile, c’est-à-dire une vieille toile de lin, fine, en fil blanc, sans aucune tache de graisse. Prends ta meilleure colle ; coupe ou déchire des bandes de cette toile, grandes et petites ; trempe-les dans cette colle ; étends-les avec les mains, sur la surface plane des panneaux ; enlève d’abord les coutures ; aplanis-les bien avec les paumes (des mains) ; laisse sécher pendant deux jours. Sache que, pour coller et enduire de plâtre, il faut un temps sec et du vent. »

Il n’y a rien à rajouter : la méthode est la nôtre. On utilise une toile bien usée, ou parfois de la gaze en coton, afin que la colle pénètre bien sur la planche. La raison symbolique, nous l’avons déjà dit, est l’évocation du linceul du Christ. La raison pratique est de limiter les effets du travail du bois sur l’enduit et, dit-on, de faciliter la restauration de l’œuvre le cas échéant !

Une technique analogue a été développée il y a plus de 1 700 ans en Orient, en Chine et au Japon, une procédure très sophistiquée nécessaire à l’encadrement des calligraphies. Quand on se promène dans les musées qui présentent des œuvres anciennes, on peut deviner sur le côté des panneaux, un peu de toile, qui atteste de l’ancienneté et de la permanence de cette technique. Allez donc au Musée de Grenoble, et regardez les discrètes franges sur les bords du tableau de sainte Lucie attribué à Jacopo Torriti (ou à un de ses élèves) : il date de la fin du XIIIe siècle, une époque où la façon de peindre que nous décrivons dans nos émissions était la seule connue !

Pour plus de détails, voir l’article ici et

Article du 18 juin 2018

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Auteur : elisabethlamour

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