Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

La mise en place du dessin (émission du 10 septembre)

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Chaque lundi à 11 h 05 sur RCF Isère (103.7), retrouvez la série d’émissions intitulée Carnets de peinture. Dans l’esprit du carnet de voyage, entrons dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel ». Il concerne, entre autres, la peinture de l’icône, la fresque, l’enluminure, la calligraphie, la mosaïque, la taille de pierre, l’orfèvrerie ou le vitrail… Tous les « épisodes » précédents sont sur ce site à la rubrique « actualité » ; les liens avec les podcast sont ici

Mise en place du dessinMaintenant que tout est prêt, le dessin effectué et la planche enduite d’une sorte de plâtre dont nous avons longuement décrit la préparation l’année passée (1), il convient, symboliquement, de « séparer la lumière de la ténèbre » (Gn 1, 5), comme si l’on suivait le processus de la Création ! On ne trace alors sur la planche aucun détail, mais seulement les limites entre les trois grandes zones de couleurs : d’une part la lumière qui recouvrira les fonds et les nimbes, ensuite tout ce qui relève de la Création – c’est-à-dire les humains, les animaux et la nature en général – et enfin ce qui a été fabriqué, qu’il s’agisse des vêtements des personnages ou des bâtiments. 

Cennino Cennini, dans Le Guide de la peinture, décrit ce processus :

« Une fois le plâtre bien raclé et devenu semblable à de l’ivoire, la première chose que tu dois faire, c’est de dessiner sur ton retable ou ton panneau, avec ces charbons de saule que je t’ai appris à faire précédemment (2). Mais il faut attacher le charbon à un petit roseau ou à une baguette afin que tu sois loin de la figure (que tu dessines) ; cela t’aide beaucoup en composant. (…) Dessine d’une main légère (…). Quand tu as fini de dessiner ta figure, surtout s’il s’agit d’un retable de grand prix dont tu attends profit et honneur, laisse-la tranquille pendant quelques jours ; reviens parfois la voir et corrige là où c’est le plus nécéssaire (…) » (3). Cennini termine ses conseils de préparation en expliquant comment affermir ensuite les traits principaux au pinceau, puis comment graver le contour des masses de couleur. Ce procédé de gravure avec une pointe sèche – Cennini dit « une aiguille placée dans un petit manche» – est parfois utile : il délimite bien les surfaces et évite aux couleurs de migrer les unes vers les autres. Mais je le préconise seulement pour les zones à dorer afin de ne pas figer le dessin.

C’est à peu près ainsi que nous procédons et le conseil qui consiste à s’éloigner de son travail et à le regarder longuement, à différentes reprises, pour voir apparaître les déséquilibres, est fort utile.

Le fond de l’icône, ainsi que les nimbes, seront ensuite recouverts d’or ou bien d’un jaune très transparent qui symbolise « la lumière incréée », c’est-à-dire la lumière divine, celle qui éblouit et « retourne » les apôtres le jour de la Transfiguration.

Il est temps maintenant de nous attarder sur les nimbes et ce sera l’objet des émissions à venir.

(1) voir l’émission du 25 juin 2018 et les précédentes
(2) voir l’émission du 9 avril 2018
(3) Cennino CENNINI, Le Livre de l’art, p. 222 à 224

Article du 10 septembre 2018

Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

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