Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Le nimbe (émission du 17 septembre)

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Chaque lundi à 11 h 05 sur RCF Isère (103.7), retrouvez la série d’émissions intitulée Carnets de peinture. Dans l’esprit du carnet de voyage, entrons dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel ». Il concerne, entre autres, la peinture de l’icône, la fresque, l’enluminure, la calligraphie, la mosaïque, la taille de pierre, l’orfèvrerie ou le vitrail… Tous les « épisodes » précédents sont sur ce site à la rubrique « actualité » ; les liens avec les podcast sont ici

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Giovanni di Paolo, 15° siècle, Pinacothèque de Sienne,

Le nimbe, parfois appelé halo, est un disque de lumière que les artistes placent autour de la tête des personnages sacrés. Cette tradition remonte à l’Antiquité grecque et latine, mais aussi au monde de l’Extrême-Orient. Pour les chrétiens, il représente la lumière divine qui accompagne et caractérise les saints. Il suggère également l’irradiation qui émane de leur personne et l’éclat de leur gloire. Dans l’art de l’Antiquité, son usage est plus large et s’étend aux souverains et aux héros : ainsi Hérode, dans une mosaïque de Sainte Marie-Majeure datant du Ve siècle, est représenté avec un nimbe. Les dieux de l’Antiquité, les représentations du vent ou des saisons, peuvent être nimbés.

En principe, l’auréole – mot qui signifie « couronne d’or » – désigne l’irradiation du corps entier, mais dans la pratique, on emploie les deux termes indifféremment, comme des synonymes. Reconnaissons que le terme nimbe est le plus approprié. Déjà présent chez les Égyptiens, les Grecs et les Romains, il s’impose dès le IVe siècle dans l’art chrétien et apparaît dans la littérature au VIe siècle, puisqu’Isidore de Séville l’utilise comme désignant « la lumière qui est peinte autour de la tête des anges ». Les auteurs du Moyen Âge appellent parfois le nimbe, couronne ou diadème.

La plupart du temps, il se présente comme un cercle lumineux.

La couleur idéale pour le nimbe est l’or, qui renvoie l’idée d’une lumière précieuse et brillante. On peut aussi recouvrir cette surface d’une autre couleur de lumière : un jaune, un ocre jaune, ou un orangé, plutôt transparents. Au Moyen Âge, il est souvent arrivé que les artistes préfèrent les couleurs liturgiques : le blanc de l’innocence et de pureté ; le bleu céleste, le rouge, emblème du martyre ou le vert, symbole d’espérance…

Denys de Fourna, dans son Guide de la peinture, tout comme Cennino Cennini dans Le Livre de l’art, recommandent de commencer par mettre en évidence l’emplacement du nimbe en donnant un relief à l’enduit, à l’endroit où celui-ci sera doré par la suite.

Dans l’iconographie traditionnelle, le nimbe est un cercle parfait, centré, pour un visage de face, dans le petit triangle situé en haut du nez. Le cercle représente l’infini, sans début ni fin dans tous les arts sacrés traditionnels. Divin, il vient à la rencontre du carré – ou rectangle – qui représente le monde terrestre, notre humanité. La construction de l’icône s’appuie sur ce dialogue. 

La forme du nimbe a évolué au cours du temps et des sensibilités théologiques : ce sera le sujet de l’émission de la semaine prochaine.

Article du 17 septembre 2018

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Auteur : elisabethlamour

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