Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Saint Alexis d’Ugine

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Saint Alexis d'Ugine

Saint Alexis d’Ugine, icône sur tilleul 16 x 24 cm, 2008

Saint Alexis d’Ugine est un personnage humble et discret qui traverse de terribles épreuves physiques et morales, sans rien accomplir de spectaculaire, mais dans le souci permanent des plus pauvres, la modestie et la ferveur, se référant sans cesse à sa connaissance des Pères de l’Église. Il est très proche de nous dans le temps (il a été canonisé en 2004) et dans l’espace, puisqu’il termine sa vie et son ministère à Ugine en Haute-Savoie.

Alexis Medvedkov voit le jour dans un village du nord de la Russie en 1867. Dès le début, sa vie n’est pas facile : son père, Jean, prêtre de campagne meurt, laissant la famille dans le dénuement. Alexis étudie d’abord à l’école ecclésiastique avant d’être admis au séminaire à Saint-Petersbourg. À la fin de ses études, il est ordonné lecteur et occupe cette charge pendant cinq ans.

Il se marie alors mais, malgré les encouragements qu’il reçoit, hésite à devenir prêtre, sans doute en raison de son caractère trop discret et modeste. Il demande alors conseil au père Jean de Cronstadt, déjà réputé pour sa sainteté et sa clairvoyance. Celui-ci encourage le jeune homme à choisir la voie du sacerdoce et Alexis s’y résout. Il restera très marqué par cette rencontre.

Il est ordonné diacre à le veille de Noël 1895, puis deux jours plus tard, devient prêtre. Il se voit confier une petite église de la région dans laquelle il reste durant plus de vingt ans. Mais la pauvreté est grande et il est obligé, en plus de ses obligations religieuses, de travailler dans les champs avec ses paroissiens.

Il lit des heures entières les Pères de l’église pour écrire ses sermons. Très préoccupé par le manque d’instruction de ses paroissiens, il fait tout ce qu’il peut pour les instruire, surtout les enfants, s’occupe de l’orphelinat et obtient l’ouverture de deux écoles au village.

La révolution de 1917 bouleverse son existence. Le Père Alexis est arrêté et jeté en prison. Ses bourreaux le torturent, lui infligeant plusieurs fractures et le déchirement de son nerf facial. Il en garde évidement des séquelles toute sa vie. Il échappe à la mort grâce à l’intervention de sa fille aînée, qui se constitue otage pour obtenir sa libération.

Il s’exile alors en Estonie, indépendante depuis peu, avec sa famille. Ils s’installent dans une région industrielle où les conditions de vie sont très pénibles. Le Père Alexis est contraint d’y travailler comme mineur, puis comme gardien de nuit pour nourrir sa famille. Sa santé, déjà bien endommagée, se détériore encore. Pourtant, il dépense toute son énergie à organiser la petite paroisse et à éduquer les jeunes, tout en subissant les vexations du clergé local. 

Après la mort de son épouse en 1929 (elle était gravement malade depuis plusieurs années), le Père Alexis vient s’établir en France, avec ses deux filles et son petit-fils. Le métropolite Euloge lui confie la petite paroisse Saint-Nicolas d’Ugine, un centre industriel important qui emploie alors de nombreux émigrés russes.

En plus d’une situation économique précaire, la paroisse s’avère une communauté humaine difficile. Le Père Alexis reçoit toutes sortes de critiques et de calomnies, que ce soit à cause de ses offices jugés trop longs ou de sa façon trop modeste de s’habiller. Ils portent plainte auprès du métropolite qui le convoque à Paris. Mais celui-ci se rend bien compte de l’humilité de la bonté du vieux prêtre.

Il continue sa vie si humble, se consacrant à la prière, à sa famille, à l’éducation et distribuant le peu qu’il possède aux plus pauvres.

Épuisé, il développe un cancer digestif et son état de santé se dégrade rapidement. Il est alors transféré à l’hôpital d’Annecy. Il demande à ses enfants spirituels venus l’assister de convoquer les paroissiens qui s’étaient opposés à lui, pour leur demander pardon et se réconcilier avec eux.

Il décède le 22 août 1934. Il est enterré dans un premier temps à Ugine en présence de plusieurs centaines de personnes. Même ceux qui l’avaient critiqué par le passé lui rendent hommage.

En 1956, vingt-deux ans après sa mort, à l’occasion de travaux, on procède à l’exhumation du corps et les ouvriers sont stupéfaits de le trouver intact, à côté de ses vêtements liturgiques. Un médecin est appelé, constate les faits, déclarant que « jamais, un homme mort d’un cancer généralisé n’a échappé à la décomposition. C’est un vrai miracle ! »

Le corps est ensuite déposé dans la crypte de l’église, et depuis, les reliques ont accompli de nombreux miracles ! Elles sont désormais vénérées au monastère de la Protection de la Mère de Dieu à Bussy-en-Othe.

Il est fêté le 22 août.

Article du 21 septembre 2018

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Auteur : elisabethlamour

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