Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

La forme du nimbe (émission du 24 septembre)

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Chaque lundi à 11 h 05 sur RCF Isère (103.7), retrouvez la série d’émissions intitulée Carnets de peinture. Dans l’esprit du carnet de voyage, entrons dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel ». Il concerne, entre autres, la peinture de l’icône, la fresque, l’enluminure, la calligraphie, la mosaïque, la taille de pierre, l’orfèvrerie ou le vitrail… Tous les « épisodes » précédents sont sur ce site à la rubrique « actualité » ; les liens avec les podcast sont ici

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Pietro Lorenzetti, début 14° siècle, pinacothèque de Sienne

La forme du nimbe, on l’a vu la semaine dernière, répond à une symbolique très précise qui induit la forme circulaire et la présence d’or ou de couleurs de lumière. Mais au fil du temps, des représentations un peu fantaisistes voient le jour. Nous nous éloignons un peu, pour aujourd’hui, du Moyen Âge, pour tracer un bref panorama de l’évolution de cet attribut à travers le temps.

Les divinités de l’Antiquité portaient plutôt un nimbe sous forme de rayons. 

À la Renaissance, ce cercle devient un ovale ou prend la forme d’une assiette perchée au dessus de la tête, s’incline, semble dessiné en perspective, est parfois réduit à un simple filet ou à un discret rayonnement. Piero della Franscesca, au XVe siècle, lui donne la forme d’une ellipse, Raphaël le transforme en un simple filet doré… et Léonard de Vinci… s’en débarrasse ! Il est vrai qu’à la période où se généralise l’engouement pour les effets de perspectives, et les scènes de groupe comportant des personnages de dos, cet attribut devient difficile à gérer pour les peintres !

Plus tardivement encore, des nimbes triangulaires ou étoilées voient le jour, en référence à des représentations occidentales de la Trinité ou de Dieu le Père : elles ne sont pas considérées comme acceptables dans l’iconographie traditionnelle.

Il arrive de trouver des nimbes carrés : attribut utilisé pour représenter des personnages élevés en dignité et encore vivants (papes, empereurs, rois), suivant la règle édictée par Jean Diacre, dans la Vie du pape Grégoire-le-Grand. Le carré, par ses quatre angles, exprime les vertus cardinales, fondement d’une vie aspirant à la perfection. C’est aussi le monde terrestre dans une aspiration d’élévation spirituelle. J’avais entendu ce conseil donné à une personne qui souhaitait représenter, à la façon d’une icône, un personnage mythologique,- je ne sais plus s’il s’agissait du roi Arthur ou de la légende de Tristan…

La Mère de Dieu porte souvent un nimbe richement rehaussé de pierreries, de perles ou de divers décors floraux ou géométriques. Il arrive qu’il soit étoilé, en référence au début du chapitre 12 de l’Apocalypse :  » Un grand signe apparut dans le ciel : une femme vêtue du soleil, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles « .

Une lumière diffuse entoure la tête des « bienheureux » ou d’autres personnages rayonnants bien que non canonisés.

Un nimbe se distingue de tous les autres dans l’iconographie chrétienne : il s’agit de celui du Christ sur lequel nous nous attarderons la semaine prochaine.

Article du 24 septembre 2018

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Auteur : elisabethlamour

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