Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

La tempera (émission du 5 novembre)

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Chaque lundi à 11 h 05 sur RCF Isère (103.7), retrouvez la série d’émissions intitulée Carnets de peinture. Dans l’esprit du carnet de voyage, entrons dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel ». Il concerne, entre autres, la peinture de l’icône, la fresque, l’enluminure, la calligraphie, la mosaïque, la taille de pierre, l’orfèvrerie ou le vitrail… Tous les « épisodes » précédents sont sur ce site à la rubrique « actualité » ; les liens avec les podcast sont ici

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Le terme « tempera » (du latin : temperare, « détremper ») désigne l’utilisation d’une émulsion destinée, en peinture, à lier et à fixer les pigments.

Il s’agit de la principale technique de peinture à l’eau, connue depuis la nuit des temps, notamment en Égypte. Elle est perpétuée par les peintres d’icônes byzantines et encore utilisée en Occident pendant tout le Moyen Âge. Pour préciser sa nature, on en énonce les composants : on parle par exemple de tempera à l’œuf. La gouache bon marché est souvent répertoriée ainsi, un peu abusivement.

La tempera s’applique le plus souvent sur papier épais ou sur des supports enduits d’un mélange de plâtre, de colle de peau de lapin et de craie, étendu sur des panneaux de bois tendre, tilleul ou bouleau. Nous les avons décrits à la fin de la série de l’an passé (1).

La peinture à l’huile apparaît à la fin du Moyen Âge, mais n’éclipse pas totalement la tempera malgré l’engouement qu’elle provoque. Soyons attentifs aux cartels dans les musées : la plupart des œuvres antérieures au XIIIe siècle recourent à cette technique.

Pour réaliser une icône, nous préparons un mélange classique à base d’œuf (2) : une proportion de jaune d’œuf, deux proportions d’eau et une petite dose de vinaigre. L’ensemble sert à la fois de liant, de vernis et de fixatif. On trouve, dans les manuels anciens, des recettes à base de bière, de kvas, de vin blanc ou de clou de girofle. Chaque méthode a ses adeptes, qu’ils soient enlumineurs ou iconographes : l’important est de stabiliser le jaune d’œuf avec un peu d’alcool, sans que le mélange ne devienne trop acide, ce qui déclencherait des réactions chimiques sur l’enduit crayeux. Encore une fois, tout est question de dosage, d’intuition, de savoir-faire et de bon sens.

L’utilisation de l’œuf, germe de vie, renvoie à la symbolique de la nouvelle création qui va bientôt émerger des ténèbres, comme un naissance. La symbolique de l’œuf de Pâques est la même : la vie revient au printemps avec tous ses merveilleux possibles. L’œuf est cassé et le jaune nettoyé, afin de le libérer de sa membrane grasse, sous un filet d’eau vive qui évoque le baptême. On le voit, comme à chaque fois, la symbolique et la technique semblent se conforter l’une et l’autre.

Nous l’avons compris, les recettes de tempera sont diverses. La semaine prochaine, nous écouterons Cennino Cennini nous décrire ses mélanges préférés.

(1) Voir article ici
(2) On peut lire l’article qui détaille la recette en images ici

Article du 5 novembre 2018

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Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

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