Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Les couleurs de base (émission du 26 novembre)

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Chaque lundi à 11 h 05 sur RCF Isère (103.7), retrouvez la série d’émissions intitulée Carnets de peinture. Dans l’esprit du carnet de voyage, entrons dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel ». Il concerne, entre autres, la peinture de l’icône, la fresque, l’enluminure, la calligraphie, la mosaïque, la taille de pierre, l’orfèvrerie ou le vitrail… Tous les « épisodes » précédents sont sur ce site à la rubrique « actualité » ; les liens avec les podcast sont ici

OLYMPUS DIGITAL CAMERALes couleurs les plus anciennement utilisées sont le noir, le blanc et les ocres. Le symbolisme originel des couleurs s’appuie sur la trichromie : noir, blanc et rouge. L’Égypte ancienne élargit considérablement cette palette en faisant preuve d’étonnantes innovations, tandis que l’univers pictural du haut-Moyen Âge occidental continue à s’appuyer sur l’opposition entre le blanc et ses deux contraires, le rouge et le noir. Les autres couleurs n’ont pas une place très signifiante. Ainsi le jaune est-il assimilé au blanc tandis que le bleu et le vert sont associés à l’aspect sombre du noir. Il faut attendre le XIe siècle pour que le vert, le jaune et le bleu gagnent un statut spécifique. L’essor des nuances va de pair avec l’attirance pour la lumière et l’éclat du vitrail. À partir du XIIe siècle, tout ce qui est clair, brillant, lumineux, est considéré comme beau, et le bleu émerge de façon décisive.

Les ocres et les terres, au Moyen Âge, tiennent une autre place. Pour simplifier, les ocres sont plutôt jaunes ou rouges, et les terres brunes, vertes ou noires. D’une grande solidité, peu onéreux, on les trouve partout. Ils sont compatibles avec presque tous les autres pigments, quel que soit le procédé ou le liant utilisés. Aussi, les icônes, les fresques murales romanes ou byzantines jouent-elles sur les infinies nuances d’ocres et de terres colorées.

Voilà donc un très rapide panorama de l’histoire des couleurs qui servira de fil rouge à la façon dont Cennini, au XIVe siècle, va nous présenter, tout au long de la deuxième partir du Livre de l’art, les couleurs qu’il prépare. Il les décrit ainsi : « Sache qu’il y a sept couleurs naturelles, ou plutôt quatre à proprement parler, vu leur nature terreuse, à savoir le noir, le rouge, le jaune et le vert ; les trois autres sont des couleurs naturelles mais qu‘il faut aider artificiellement, à savoir le blanc, le bleu – le bleu outremer ou l’azur d’Allemagne – le giallorino. ». Précisons que cette dernière couleur est un jaune de plomb et d’étain.

Dans la logique des priorités médiévales, même si on se situe déjà à la toute fin de cette période, Cennini va commencer par nous présenter le noir, avant de s’étendre sur tous les rouges possibles. Il passera ensuite par les ocres, les jaune et le vert, puis il abordera le blanc pour terminer avec la couleur qui accède peu à peu à un statut privilégié : le bleu.

Article du 26 novembre 2018

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Auteur : elisabethlamour

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