Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Les divers pigments noirs (émission du 10 décembre)

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Chaque lundi à 11 h 05 sur RCF Isère (103.7), retrouvez la série d’émissions intitulée Carnets de peinture. Dans l’esprit du carnet de voyage, entrons dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel ». Il concerne, entre autres, la peinture de l’icône, la fresque, l’enluminure, la calligraphie, la mosaïque, la taille de pierre, l’orfèvrerie ou le vitrail… Tous les « épisodes » précédents sont sur ce site à la rubrique « actualité » ; les liens avec les podcast sont ici

OLYMPUS DIGITAL CAMERACennino Cennini, après avoir expliqué comment broyer les couleurs, décline les diverses variétés de pigments noirs à sa disposition. Déjà, au cours de la Préhistoire, les artistes ont utilisé de nombreux types de noir : à Niaux des charbons de bois, à Altamira du noir d’os, à Lascaux des oxydes de fer et des complexes d’oxydes de manganèse. N’oublions pas les fabuleuses encres de Chine, préparées depuis l’Antiquité.

Le chapitre XXXVII du Livre de l’Art commence par l’évocation d’ « une pierre noire et tendre que l’on extrait de certaines montagnes ». Cennini évoque peut-être la magnésie noire, utilisée dès la Préhistoire, mais dont on ne trouve pas de trace dans les traités du Moyen Âge. Il ajoute une distinction peu explicite entre les couleurs grasses et les maigres.

Pour lui, le meilleur noir est celui qui est fabriqué avec les sarments de vigne calcinés puis broyés. C’est le noir de vigne, un noir doux compatible avec tous les autres pigments, que nous utilisons toujours aujourd’hui. Il mentionne ensuite la possibilité de fabriquer le noir à partir de coques d’amandes ou de noyaux de pêche brûlés. On trouve des recettes qui mentionnent les noyaux d’abricot ou de prune. Cette technique était utilisée en Chine, autrefois, pour préparer certaines variétés d’encres.

Cennini termine son énumération en relatant la méthode permettant de fabriquer du « noir de fumée » . Écoutons-le : « (…) prends une lampe pleine d’huile de graines de lin, remplis la lampe d’huile et allume-la. Mets-la ainsi allumée sous une tourtière bien propre ; fais en sorte que la petite flamme de la lampe soit à deux ou trois doigts du fond de la tourtière ; la fumée, qui sort de la flamme, frappera le fond de la tourtière et formera un dépôt. Attends un peu ; prends la tourtière et avec quelque instrument, époussette cette couleur, c’est-à-dire cette fumée, en la faisant tomber sur du papier ou dans quelque petit pot ; il ne faut pas l’écraser ou la broyer car c’est une couleur très fine (…) ». Le noir de fumée est encore utilisé aujourd’hui, parfois concurrencé par le noir de carbone. Et comme le souligne Cennini, tous les noirs sont des pigments très fins et légers.

Je dispose dans ma palette de huit nuances de noir différentes : noir de vigne, d’os ou de manganèse. Certains sont très intenses et couvrants, alors que d’autres semblent presque transparents. L’un deux s’appelle « noir d’ivoire », mais il semble que cette dénomination soit attribuée aux noirs d’os de grande qualité, l’ivoire n’étant heureusement plus utilisée pour la fabrication de pigments.

Article du 10 décembre 2018

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Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

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