Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

L’ocre jaune (émission du 11 février)

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Chaque lundi à 11 h 05 sur RCF Isère (103.7), retrouvez la série d’émissions intitulée Carnets de peinture. Dans l’esprit du carnet de voyage, entrons dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel ». Il concerne, entre autres, la peinture de l’icône, la fresque, l’enluminure, la calligraphie, la mosaïque, la taille de pierre, l’orfèvrerie ou le vitrail… Tous les « épisodes » précédents sont sur ce site à la rubrique « actualité » ; les liens avec les podcast sont ici

OLYMPUS DIGITAL CAMERALes ocre jaune, utilisés en peinture depuis la Préhistoire, sont des argiles contenant des oxydes de fer, plus ou moins hydratés. Le composant coloré le plus important est le minerai appelé limonite, un oxyde de fer hydraté. Le mot ocre vient du grec et signifie couleur d’œuf, mais on le sait, il existe une infinité de nuances d’ocres, tendant tantôt vers le rouge, tantôt vers le vert, le brun ou le jaune. L’ocre jaune est une des couleurs les plus présentes dans nos palettes de peintres d’icônes et symbolise la lumière. Elle est posée sur les fonds, et à un certain moment sur les visages, pour évoquer la part de lumière rayonnant en chaque personne.

Cennini décrit essentiellement l’ocre jaune, et j’ai gardé presque intégralement le poétique chapitre dans lequel il associe cette couleur avec des souvenirs d’enfance attachés à sa ville natale, Colle di val d’Elsa, située près de Sienne, en Toscane. Écoutons-le :

« Il existe une couleur naturelle jaune, appelée ocre. On la trouve dans la terre des montagnes, là où il y a certaines veines ressemblant à du soufre ; et là où sont ces veines, on trouve de la sinopia, de la terre verte, et d’autres sortes de couleurs. Je découvris ce jaune, guidé un jour par Andrea Cennini, mon père, alors qu’il me conduisait sur le territoire de Colle di Val d’Elsa (…). Arrivé dans un petit vallon, dans un grotte très sauvage, je raclais la roche avec une pioche et je vis des veines de plusieurs sortes de couleurs ; c’est-à-dire de l’ocre, de la sinopia foncée et claire, de l’azur et du blanc ; et je considérai comme le plus grand miracle du monde le fait que le blanc puisse se trouver dans une veine de terre (…). Et sur ce terrain, ces couleurs se voyaient autant qu’une cicatrice sur le visage d’un homme ou d’une femme.

Pour revenir à cette couleur d’ocre, j’allais avec mon canif à la recherche d’une « cicatrice » et je te promets que jamais je ne goûtai une couleur d’ocre plus belle et plus parfaite. Elle n’était pas aussi claire que le giallorino ; à peine un peu plus sombre ; mais jamais je ne trouvai meilleure couleur que cet ocre, pour les chevelures et les vêtements comme je te l’apprendrai plus loin. Il en existe de deux sortes, l’une claire, l’autre foncée. Chacune demande à être broyée de la même façon, avec de l’eau claire ; et broie-les bien, elles seront de plus en plus parfaites (…) »

Pour comprendre vraiment ce récit et la description des veines d’ocre dans toutes ces nuances, rien ne vaut une promenade dans les carrières d’ocre du Roussillon, à l’heure où la lumière met si bien en évidence la subtile variété de ses tonalités…

Article du 11 février 2019

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Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

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