Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Le bleu outremer (émission du 29 avril)

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Chaque lundi à 11 h 05 sur RCF Isère (103.7), retrouvez la série d’émissions intitulée Carnets de peinture. Dans l’esprit du carnet de voyage, entrons dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel ». Il concerne, entre autres, la peinture de l’icône, la fresque, l’enluminure, la calligraphie, la mosaïque, la taille de pierre, l’orfèvrerie ou le vitrail… Tous les « épisodes » précédents sont sur ce site à la rubrique « actualité » ; les liens avec les podcast sont ici

outremerLe dernier long chapitre sur les couleurs de Cennino Cennini dans son Livre de l’art, est consacré au bleu outremer. Cennini commence par expliquer pourquoi il souhaite s’attarder sur cette couleur : 

« Le bleu outremer est une couleur noble, belle, vraiment parfaite, plus que toutes les autres ; elle surpasse ce que l’on pourrait en dire (ou en faire). Étant donné son excellence, je veux en parler longuement et expliquer en détail comment on la fait. Écoute-bien, car tu en tireras grand honneur et profit. Et cette couleur combinée avec l’or (qui embellit tous les travaux de notre art) resplendit partout sur mur ou sur panneau. » On comprend dans ce passage le statut tout particulier qu’acquièrent le bleu et aussi l’or, au fil du Moyen Âge pour devenir, associés l’une à l’autre, les couleurs de la royauté.

Notons bien avant de continuer le récit de Cennini que les peintres du Moyen Âge parlent d’outremer, alors qu’il s’agit, pour nous, de lapis lazuli. Le terme « outremer » signifie que la couleur vient de loin, d’au-delà des mers, ce qui renforce son prestige et justifie son rang si précieux aux côtés de l’or. Il faudra attendre le XIXe siècle pour que soit mise au point, à Voiron d’ailleurs, la couleur synthétique qui correspond à la dénomination d’outremer, telle que nous la concevons aujourd’hui. C’est une autre histoire que nous avions longuement évoquée lors de nos émissions sur le bleu (1). Revenons à la fabrication de ce merveilleux bleu, tel que Cennini la raconte : 

« Tout d’abord, prends du lapis-lazuli. Et si tu veux reconnaître la meilleure pierre, choisis celle qui te paraît la plus riche en bleu, car elle est toute mêlée comme de la cendre (…) Mais prends garde que ce ne soit pas la pierre d’azur d’Allemagne, qui est si belle à l’œil et qui ressemble au smalt. Écrase-la dans un mortier de bronze couvert pour qu’elle ne s’en aille pas sous forme de poussière ; mets-la ensuite sur ta pierre de porphyre et écrase-la sans eau ; prends alors un tamis couvert comme les apothicaires, pour passer les épices ; tamise et écrase à nouveau autant qu’il le faut. Et ne perds pas de vue que plus tu la broies finement, plus le bleu devient léger (…). La qualité la plus fine est utile aux miniaturistes et pour faire des vêtements avec des rehauts. »

Encore une fois, on l’a constaté depuis le début de l’étude de cet ouvrage, Cennini recommande toujours de travailler ou de broyer longtemps, pour obtenir les meilleurs résultats.

On peut retrouver divers liens ici :
–  La découverte du bleu outremer
Qui est donc Jean-Baptiste Guimet ?
La fabrication du bleu outremer
Le bleu outremer et les peintres

Article du 29 avril 2019

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Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

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