Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes


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La Vierge Ognievidnaïa

706 Ognievidnaïa copie

La Vierge Ognievidnaïa, 7 x 10 cm, 2019

Son nom signifie « celle qui ressemble à du feu » et elle est toujours représentée avec un manteau d’un rouge flamboyant.

On ne sait pas grand-chose sur cette icône, ni l’époque, ni le lieu d’apparition. Une hypothèse – citée par Egon Sendler (1) – serait qu’il s’agit d’une réplique de la Vierge de Philermou, mais tournée de l’autre côté (voir l’article qui la présente ici).

La Mère de Dieu est représentée seule, le visage incliné et légèrement tourné vers sa droite.

Elle est fêtée le 10 février.

(1) SENDLER Egon, Les Icônes byzantines de la Mère de Dieu, DDB, 1992

Article du 29 octobre 2019


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Rencontres l’Art et le Sacré, par Mosaïciel

Mes amis Marie-Noëlle et Zarco organisent ces rencontres auxquelles je vous convie également ! Une occasion rare de rencontres autour de l’iconographie et de conférenciers de talent dans notre région. Pour les renseignements et l’inscription, voir le site de Mosaïciel (en lien sur ma page d’accueil et aussi dans la suite de cet article). Au plaisir de vous y retrouver.
Élisabeth

flyer-rencontre-art-et-sacre-novembre-2019-709x1024Les 16 et 17 novembre prochains auront lieu les premières Rencontres sur « L’ART et le SACRÉ » organisées par l’atelier Mosaïciel. Pour cette occasion, nous avons la joie d’accueillir les professeurs, théologiens et historiens François Bœspflug et Emanuela Fogliadini qui vont nous partager :

  • Samedi 16 Novembre à 14 h 30

« L’ART CHRÉTIEN ENTRE ORIENT ET OCCIDENT »
Approche historique, théologique et iconographique

  • Dimanche 17 Novembre à 14 h 30

« LA NATIVITÉ DU CHRIST DANS L’ART »
Le mystère de l’Incarnation en image

Merci de réserver votre place à l’avance sur : https://mosaiciel.com/rencontres/

Nos invités :

François Bœspflug
Professeur émérite de l’Université de Strasbourg, il est théologien et historien de l’art et des religions. Il a publié depuis plusieurs décennies de nombreux livres autour de la représentation de Dieu, du Christ et de la Trinité dans l’art, entre autres Dieu et ses images.
Une histoire de l’Éternel dans l’art (Bayard, 2008, 3e éd. 2017)
Le Dieu des peintres et des sculpteurs : l’Invisible incarné (Hazan, 2010)
La Pensée des images : entretiens sur Dieu dans l’art (Bayard, 2011, avec Bérénice Levet)
Le Prophète de l’Islam et ses images : un sujet tabou ? (Bayard, 2013)
Les Monothéismes en images : judaïsme, christianisme, islam (Bayard, 2014, avec Françoise Bayle)
Le Regard du Christ dans l’art : temps et lieux d’un échange (Mame-Desclée, 2014)
Jésus a-t-il eu une vraie enfance ? : le procès de l’art chrétien (Éd. du Cerf, 2015)
Religions et caricatures : les défis de la représentation (Bayard, 2016) et Dieu au compas (Éd. du Cerf, 2017)
Arcabas, un peintre en société (Ars & Litterae, 2018, avec Régis Ladous)
La Crucifixion dans l’art : un sujet planétaire (Bayard, 2019, avec le concours d’Emanuela Fogliadini).

Emanuela Fogliadini
Professeure et docteur en théologie, elle enseigne l’histoire de Byzance, de la tradition orthodoxe et de la théologie des icônes à la faculté de théologie de Milan. Spécialiste de l’art et de l’essor des icônes, elle a publié plusieurs essais sur la pensée des iconoclastes et l’art byzantin. Elle est l’auteure de L’Image contestée (Paris, Cerf, 2017) et avec François Bœspflug, de plusieurs essais dont Ressuscité : la résurrection du Christ dans l’art, Orient-Occident (Mame, 2016), Dieu entre Orient et Occident : le conflit des images, mythes et réalités (Bayard, 2017), La Fuite en Égypte : dans l’art d’Orient et d’Occident (Fleurus-Mame, 2018).

 

 


2 Commentaires

Avant de commencer à peindre…

Il y a parfois des entrechoquements bizarres, des situations différentes en apparence, qui ouvrent à des réflexions nouvelles. Jeudi dernier, je donnais un cours d’iconographie, comme chaque semaine dans mon atelier, et le soir, je participais à une conférence sur l’alimentation : voilà de quelles pensées la nuit qui s’en suivit fut emplie.

Pendant mes cours, je sais bien que certains élèves n’ont pas l’impression d’avancer dans leur travail comme ils le voudraient, ou comme ils l’avaient imaginé ; parfois, ils se découragent et soupirent ! J’espère que cet article les réconfortera et les encouragera à remettre à sa place la joie de l’icône, en exprimant que le « résultat » n’est pas le seul objectif à poursuivre.

Bénir le repas avant de se mettre à table est un geste de remerciement et de gratitude. Mais il permet bien plus : on attend chacun pour commencer « tous ensemble » (au lieu de se « jeter » le plus vite possible sur son assiette) pour donner toute sa dimension à ce rituel : la fête renouvelée du repas. Le temps de la bénédiction (ou au moins celui où on s’attend et se souhaite bon appétit) peut aussi être le temps de se rendre compte qu’on a faim, celui de se laisser chatouiller les narines par la bonne odeur, de découvrir la couleur, la texture des plats sur la table, de se demander d’où viennent les mets.  Quelles mains les a plantés en terre ? Quel soleil les a nourris ? Bref, on devient ainsi plus présent et, sans le savoir, on prépare son corps à mieux assimiler !

L’icône aussi est une nourriture, un nourriture spirituelle bien sûr.

La plupart d’entre nous, arrivons au cours la tête pleine de préoccupations et l’œil sur la montre. Le temps du « sas » est nécessaire et on l’oublie souvent en se « jetant » sur ses pinceaux et ses couleurs, comme sur un repas trop longtemps attendu.

Que signifie le mot « sas » ? Il vient du latin médiéval (saetatium ou setacium) et pourrait se traduire par tamis, petit vestibule, ce qui est destiné à trier. Toutes ces traductions me conviennent. Ce sas qui nous est nécessaire est bien ce « petit vestibule », cet espace vide, ce temps où l’on ne fait rien, ce tamis à travers lequel on « dépose tous les soucis de ce monde »(1) avant de prendre son pinceau.

Le temps intermédiaire peut être prière, ce temps du premier paragraphe de la Règle de l’iconographe (on peut la retrouver intégralement ici) : « Avant de commencer ton travail, fais un signe de croix, prie en silence et pardonne à tes ennemis ». Il est aussi l’espace pour regarder son travail et se poser quelques questions. Par exemple : que m’apporte le chemin avec cette icône ? Que m’a appris ce travail à travers les obstacles rencontrés comme à travers les facilités ? Que me chuchote à l’oreille le personnage que je « représente » (ou que je cherche à « rendre présent » par la peinture) ? M’accompagne-t-il en ce moment ? Qu’a-t-il à m’enseigner ? Pourquoi l’ai-je choisi à ce moment précis de ma vie ? Quel détail me touche : serait-ce la subtile inclinaison de la tête qui laisse entrevoir la bonté, ou bien cette petite main qui s’accroche au vêtement, cette impression de sérénité, ce cerne de l’œil ou bien encore ce regard tourné vers moi ? Quel vide en moi peut-il combler, de quelle absence me parle-t-il ou quelle réponse puis-je entendre ? Et quel chemin fera cette icône ? Comment relier le destinataire et le sujet ?

Qu’elle est belle cette chaîne d’humanité qui se crée ainsi par la pensée à travers notre pinceau mais peut prendre sa place, seulement si on lui en laisse le temps, le temps de regarder, le temps de questionner, ce temps intermédiaire, ce « petit vestibule » qui m’est si cher.

1. Extrait du Cherubikon (Hymne des Chérubins) qui marque le début de la Liturgie des Fidèles dans le rite orthodoxe.

Article du 22 octobre 2019