Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Le séraphin et le feu divin

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séraphin

Icône sur tilleul, 2019, 12 x 15 cm

Les séraphins (ou séraphim) sont des êtres immatériels communs aux traditions juives, chrétiennes et islamiques. De façon plus lointaine, la représentation d’êtres célestes ailés s’inspire de la mythologie et de l’iconographie proche-orientale. On y trouve ces êtres hybrides, mélanges d’oiseaux (parfois d’autres animaux) et d’humains. Ils sont peut-être inspirés des uraei égyptiens, ces cobras ailés symbolisant la protection. Les premières traductions de la Bible hébraïque en grec parlaient de serpents. Progressivement, cette référence est occultée, en raison de ses connotations négatives.

Les séraphins portent six ailes et quelquefois un bouclier. Leur tonalité est rouge de feu. D’ailleurs, leur nom, selon certaines étymologies, signifie brûler. Le terme hébreux peut se traduire par les brûlants.

Selon la Hiérarchie céleste (rédigée vers 490) de Denys l’Aréopagite, on distingue neuf catégories d’anges. Les plus proches du feu céleste sont les séraphins (tandis que les archanges et les anges sont les plus proches des humains). Quand on parle de feu céleste, il s’agit bien sûr d’un feu d’amour et de lumière. On représente parfois les séraphins entourés de flammes, avec le mot sanctus inscrit par trois fois autour d’eux.

« En effet, leur mouvement éternel et incessant autour des réalités divines, la chaleur, la pénétration, le bouillonnement de cet éternel mouvement continu, ferme et stable, le pouvoir qu’ils ont d’élever énergiquement leurs subordonnés à leur propre ressemblance en les faisant bouillonner et en les enflammant de façon qu’ils atteignent à la même chaleur qu’eux-mêmes, leur vertu purificatrice semblable à celle de la foudre et de l’holocauste, leur propriété luminescente et éclairante qui ne se voile ni ne s’éteint et reste constamment identique à elle-même car elle fait disparaître tout ce qui est producteur d’obscures ténèbres, voilà ce que révèle le nom donné aux Séraphins. » (Hiérarchie céleste, chapitre 7)

On dit aussi qu’ils sont les gardiens ou les porteurs du trône divin et remplissent des fonctions liturgiques. Ils protègent de leurs ailes l’Arche d’Alliance.

Voilà comme le prophète Isaïe les décrit (Isaïe, 6, 2) :

« (…) je vis le Seigneur assis sur un trône très élevé. (…) Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils avaient chacun six ailes : deux pour se couvrir le visage, deux pour se couvrir les pieds et deux pour voler. Ils se criaient l’un à l’autre : Saint, saint, saint, le Seigneur le tout puissant (…) ».

C’est la naissance de ce qu’on appelle dans l’orthodoxie, le Trisagion. Dans la suite du récit, un séraphin vole vers le prophète, « tenant dans sa main une braise qu’il avait prise avec des pinces sur l’autel. Il m’en toucha la bouche (…) ». Et c’est pourquoi on représente souvent Isaïe tenant une pince et un charbon ardent (voir ici)

Article du 5 décembre 2019

Auteur : elisabethlamour

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