Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

L’icône de l’Anastasis 

1 commentaire

Fresque de l'AnastasisDepuis longtemps, je promenais cette icône dans un coin de ma tête : la voilà enfin réalisée.

La première fois qu’elle m’a saisie, c’était en 2002, à Istanbul. La découverte de l’église Saint-Sauveur in Chora a été un choc (1) et en particulier la fresque de l’Anastasis. J’y suis retournée depuis, et une photo de cette merveilleuse fresque m’accompagne, bien en place dans mon bureau.

L’esthétique de cette fresque remarquable m’a beaucoup touchée, mais aussi sa signification et sa symbolique, cette « descente qui porte en elle l’amorce d’une remontée » (2).

Anastasis

Icône sur tilleul, 30 x 40 cm, 2020

Le titre Anastasis qualifie, en grec, l’action de se relever. Notons qu’il n’existe pas, à proprement parler, dans la tradition orthodoxe, d’icône ni de fresque de La descente aux enfers. Du reste, la scène n’est pas décrite dans les Évangiles. De même, dans les églises orientales, l’accent n’est pas mis sur la mort, la souffrance ou le Christ en croix. Quand l’icône ou la fresque existe, elle n ‘est pas « centrale » dans l’ordonnancement de l’Église…

Cette scène de l’Anastasis apparaît sur une colonne de la cathédrale Saint-Marc à Venise (VIe siècle) mais se développe en Cappadoce entre les VIIIe et le Xe siècles.

L’accent est porté sur la Résurrection. Un Christ vêtu de blanc, lumineux, dynamique, qui, alors qu’Il « a vaincu la mort » est déjà relevé. Les « enfers »  sont schématisés par une grotte sombre qui peut être jonchée de chaînes, d’outils, de serrures et des portes de l’Enfer brisées. Non seulement le Christ est debout, mais il tend fermement la main à Adam et Ève qu’il sort de leurs tombeaux (3).

Cette fresque porte ce qui est pour moi le plus important du message chrétien. Pas seulement la vie après la mort (c’est encore un autre sujet), mais la possibilité de saisir la main qui nous relève, à chaque mauvais pas de nos vies. Je porte une très grande admiration envers tout ce qui renaît, envers tous ceux qui se relèvent de souffrances ou de drames et qui, lumineux et dressés, continuent leur chemin.

NB : les autres personnages représentés sur cette scène ne sont pas toujours exactement les mêmes. La plupart du temps (comme ici), on reconnaît saint Jean-Baptiste le précurseur, Moïse, David et Salomon avec leurs couronnes, et de l’autre côté, Abel, première victime de l’injustice. Mais la foule réunie représente l’humanité entière qui peut être « mise debout » par cette Main tendue.

PS : j’ai réalisé cette icône durant les derniers jours de vie sur terre de Michel Saillard, à qui je la dédie.

  1. Lire l’article qui présente l’église ici
  2. QUENOT Michel, La résurrection et l’icône, Mame, 1992 : des pages très complètes sur le sujet.

Article du 13 janvier 2020

Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

Une réflexion sur “L’icône de l’Anastasis 

  1. Très intéressante histoire de cette remontée. Et c’est toujours fascinant de voir combien tes voyages t’ont marquée et continuent d’apporter des nouvelles icônes à ton travail

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