Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Saint Irénée, « se tenir debout »

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saint Irénée, icône sur planche de tilleul creusée, 13,5 x 25 cm, 2020

J’ai été vraiment heureuse de travailler sur cette icône qui accompagnera un petit garçon né à la fin du printemps. Il porte le joli prénom d’« Irénée », ce qui signifie « pacifique, porteur de paix ». Il faut dire que saint Irénée a écrit cette phrase fondamentale : « La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant » (on trouve aussi « l’homme debout »). Pour moi, cette phrase résume l’essentiel de la dynamique du christianisme. Elle est « la » question à se poser dans tout choix de vie : « cette situation me rend-elle plus vivant(e), et ainsi fidèle à ma dimension de Lumière ? ». La posture de la verticalité est à la base de la construction de la plupart des icônes : se tourner vers la lumière, se tenir debout (1), retrouver notre verticalité (relire l’article sur l’icône de l’Anastasis pour mieux comprendre). 

Qui est ce personnage ? Irénée est né à Smyrne (Turquie) autour de l’an 130. Sa culture est grecque, tout comme sa langue maternelle. Il donne dans ses œuvres des informations qui permettent de connaître quelques bribes de sa vie.

Il est un successeur assez direct des apôtres puisqu’il suit l’enseignement de Polycarpe de Smyrne, lui même disciple de saint Jean. Ainsi, Irénée écrit : « Son enseignement, ce n’est pas sur le papier que je l’ai gardé, mais dans mon cœur, vu que ce que nous apprenons dans l’enfance devient partie de nous-mêmes (…) Je pourrais encore décrire mon vieux maître ; je le vois toujours entrer, s’assoir, sortir ; je me rappelle ses sermons, sur tout ce qu’il disait avoir appris de Jean et de ceux qui, comme lui, avaient connu le Seigneur ».

Irénée arrive en Gaule vers 175. D’abord simple pasteur, il succède à Pothin victime de la persécution de Marc-Aurèle en 177. Il devient ainsi le deuxième évêque de Lyon. Fort de l’enseignement de son maître, il écrit pour défendre la foi des premiers apôtres. Il manie la philosophie, réfléchit sur la vérité et consacre une grand énergie à maintenir la paix des églises.

Il s’adresse en particulier aux gnostiques qui ont une interprétation très ésotérique de la foi. Saint Irénée étudie très minutieusement leur doctrine, enquête, interroge, lit. Armé par cette connaissance profonde et avec beaucoup de respect, il rédige un important traité : « Contre les hérésies » (Adversus hæreses).

En même temps, il intervient auprès de l’évêque de Rome pour l’empêcher d’exclure de la communion de l’Église les communautés qui fêtent Pâques à une autre date que celle choisie par l’Église romaine.

Irénée est décrit comme un homme de bonté et de tolérance. L’intelligence, le respect et le sens de la Tradition apostolique resplendissent dans ses œuvres.

Il meurt à Lyon vers l’an 202 ; certaines sources disent qu’il est mort martyr, mais on n’en est pas très sûr.

Il est un des Pères de l’Église, fêté le 28 juin dans l’Église catholique et le 23 août chez les orthodoxes.

(1) et là, je pense irrésistiblement aux mots d’une chanson de Fred Pellerin qui serait fort étonné de se voir côtoyer saint Irénée : « J’apprends à me tenir debout ».

Article du 8 septembre 2020

Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

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