Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Saint Jérôme et le lion

1 commentaire

Saint Jérôme est avec saint Augustin, saint Ambroise et saint Grégoire le Grand un des quatre grands docteurs de l’église latine.

Icône sur tilleul, 19,5 x 22,5 cm, 2020

Il naît probablement en Dalmatie vers l’an 340 et part étudier à Rome auprès de Donat, le grammairien.

Il reçoit le baptême puis voyage beaucoup (Grèce, Gaule…) et passe trois années dans le désert de Syrie où il mène une vie solitaire et méditante. Après tout un périple et après avoir appris le grec et l’hébreux, il retourne à Rome vers 382. Il devient secrétaire du pape Damase, grâce à sa grande érudition. À sa demande, il commence la traduction de la Bible en latin et restera dans les mémoires surtout pour cette œuvre considérable (La Vulgate). 

Il est connu pour son mauvais caractère mais aussi pour son influence auprès de personnes assoiffées de culture : beaucoup de femmes pour lesquelles il fonde d’ailleurs un petit monastère quand il retourne en Orient.

Plusieurs épisodes plus ou moins légendaires émaillent sa vie. Ainsi en est-il de sa rencontre avec le lion. Plusieurs récits existent, avec des variantes et j’ai retenu celle de la La Légende dorée (voir ici, p. 555) qui a donné lieu à une iconographie foisonnante !

« Un soir, pendant que Jérôme était assis avec ses frères pour écouter la lecture sainte, voici qu’un lion entra en boitant dans le monastère. Aussitôt tous les frères s’enfuirent : seul Jérôme alla au-devant de lui comme au-devant d’un hôte, et, le lion lui ayant montré sa patte blessée, il appela des frères et leur ordonna de laver sa plaie et d’en prendre soin. Ainsi fut fait ; et le lion, guéri, habita parmi les frères comme un animal domestique. Sur quoi Jérôme, comprenant que ce lion leur avait été envoyé plus encore pour leur utilité que pour la guérison de sa patte, prit conseil avec ses frères et ordonna au lion de conduire au pâturage et de garder un âne qu’ils avaient, et qui leur servait à porter du bois. Et ainsi fut fait. Le lion se comportait en berger parfait, toujours prêt à protéger l’âne, et ne manquant jamais de le ramener au monastère à l’heure des repas. Mais un jour, comme le lion s’était endormi, des marchands avec des chameaux, qui passaient par là, virent un âne seul et s’empressèrent de le voler. Quand le lion, éveillé, s’aperçut de l’absence de son compagnon, il le chercha partout en rugissant ; puis, n’ayant pu le retrouver, il revint tristement à la porte du monastère, mais, par honte, n’osa pas entrer. Or les frères, voyant qu’il arrivait en retard et sans l’âne, supposèrent que, forcé par la faim, il l’avait mangé. Ils refusèrent donc de lui donner sa ration, et lui dirent : « Va chercher le reste de l’âne, et fais-en ton dîner ! » Cependant comme ils hésitaient à croire qu’il se fût rendu coupable d’un tel acte, ils allèrent au pâturage en quête de quelque indice ; mais, n’ayant rien trouvé, il revinrent raconter la chose à Jérôme. Alors, de l’avis de celui-ci, il confièrent au lion le travail de l’âne, et l’employèrent à porter leur bois : tâche dont la bête s’acquittait avec une patience exemplaire. Mais un jour, sa tâche achevée, le voilà qui se met à courir par les champs, et voilà qu’il aperçoit de loin des marchands, avec des chameaux et un âne s’avançant à leur tête pour les guider, suivant l’usage du pays. Aussitôt le lion, se jetant sur la caravane avec un rugissement terrible, força les marchands à prendre la fuite. Après quoi, frappant le sol de sa queue, ils obligea les chameaux à l’accompagner jusqu’au monastère, ou Jérôme, dès qu’il le vit, dit à ses frères : « Lavez les pieds à nos hôtes, servez-leur à manger, et puis attendons la volonté de Dieu ! » Et voici que le lion se mit à courir joyeusement d’un frère à l’autre, se prosternant devant chacun deux comme s’il leur demandait pardon de quelques fautes. Et Jérôme, prévoyant l’avenir, dit à ses frères : « Préparez-vous à accueillir encore d’autres hôtes ! » Et en effet, au même instant, on vint lui annoncer que des étrangers étaient là, qui voulaient voir l’abbé. Et tout de suite les marchands, se jetant à ses pieds, lui demandèrent pardon de leur vol ; et lui, les relevant avec bonté, leur dit de reprendre ce qui leur appartenait, mais de respecter désormais le bien d’autrui. (…) »

Saint Jérôme est un patron des érudits, théologiens, intellectuels…

Il est fêté le 30 septembre.

Article du 18 novembre 2020
On peut lire aussi l’article sur Saint Jérôme par Georges De La Tour ici

Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

Une réflexion sur “Saint Jérôme et le lion

  1. Très belle histoire. Peut-être un jour apprendrais-je l’art de l’icône…..merci.😇

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