Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Le prieuré de Souvigny

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J’avais dans la tête, pendant l’été, une commande en attente : une nouvelle icône de saint Mayeul. Je parle toujours de l’icône comme d’une rencontre : aller sur les traces des personnages fait partie de l’aventure. Aussi, longeant les rives de l’Allier pour redécouvrir la beauté de ses paysages, une halte à Souvigny s’est imposée.

Là, se trouvent côte à côte les tombeaux de saint Mayeul et de saint Odilon, abbés de Cluny, nés au Ciel successivement en 994 et 1049. Il semble que leurs dépouilles aient été bien malmenées au cours de l’histoire et surtout au sortir de la Révolution, mais ils sont là et emplissent l’atmosphère de leur présence !

Le prieuré s’est tantôt appelé prieuré Saint-Pierre-de-Souvigny et prieuré Saint-Mayeul. Vers l’an 915 ou 920, le sire de Bourbon Aimard, donne à l’abbaye de Cluny des biens qu’il possédait à Souvigny, ainsi qu’une église dédiée à Saint-Pierre. Un modeste monastère s’établit vers 960 et connaît rapidement un grand essor, Souvigny devenant l’une des cinq « filles aînées » de l’abbaye de Cluny. Saint Mayeul et saint Odilon y vécurent.

Aux Xe et XIe siècles l’esprit de Cluny gagne l’Occident chrétien et Souvigny devient un centre de pèlerinage très fréquenté : le roi Hugues Capet lui même s’y rend après la mort de Mayeul. Les pèlerinages se développent avec le culte de Saint-Jacques. Les rois et les évêques font construire ponts et hôpitaux qu’ils confient d’abord aux moines de Cluny puis aux divers hospitaliers. C’est pourquoi une statue de saint Jacques, en bois polychrome datant du XVIIe siècle et récemment restaurée, occupe une bonne place dans l’église et semble veiller sur les pèlerins qui empruntent le GR300 balisé par l’Association des Amis de Saint-Jacques-en-Bourbonnais !

Jusqu’au milieu du XIIe siècle, alors que sa puissance temporelle s’affirme, le prieuré est source d’un grand rayonnement spirituel. Cependant, il est probable qu’au début du XIIIe siècle, des frictions se manifestent entre les bourbons fondateurs et protecteurs du monastère, et les moines.

L’église est peu à peu agrandie pour accueillir des fidèles de plus en plus nombreux. Elle comprend alors deux transepts, un chœur et un déambulatoire, trois tours. Les ducs de Bourbon y installent un temps leur nécropole ducale. L’édifice s’enrichit de chapelles puis des parties hautes sont reconstruites : la voûte sur croisées d’ogives et le chœur. L’ensemble est donc composite avec une structure romane mais une voûte gothique. La façade est aussi modifiée à l’époque gothique tout en conservant les deux clochers romans qui la surmontent.

Les vitraux du chœur datent de 1438. Une partie a été détruite par une explosion en 1918. La sacristie est fresquée au XVIIIe siècle.

Ces dernières années, Souvigny est proclamé grand sanctuaire roman d’Auvergne et le diocèse investit pour accueillir pèlerins et touristes. Le pèlerinage dédié aux saints abbés Mayeul et Odilon renaît en 2016 puis l’évêque y fonde un Centre diocésain d’Art Culture et Foi.

Le village offre aujourd’hui une belle harmonie avec des maisons anciennes, des enseignes aux façades, l’église, un musée et un jardin. Dans le musée se trouve notamment un pilier sculpté auquel fut donné le nom de Zodiaque de Souvigny ; ce pilier roman, retrouvé dans l’église, présente un calendrier avec les travaux du mois dans les champs. Le jardin rappelle les jardins médiévaux avec ses plantes médicinales et aromatiques variées. On y trouve aussi 220 espèces de rosiers et des pieds de vigne évoquant l’histoire viticole de la région (celle du Saint-Pourçain !).

D’ici peu, je vous présenterai ma dernière icône de saint Mayeul. Il faudrait aussi parler de ce beau personnage que fut saint Odilon et qui a justifié l’appellation de Sanctuaire de la paix en 2017. En effet, Odilon fut à la fois grand voyageur, homme de charité, artisan de paix dans les violences féodales de l’an mille, et promoteur de la Trêve de Dieu. Peut-être un jour, j’en peindrai l’icône !

Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

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