Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Josué, « Dieu sauve »

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Josué, icône sur tilleul 13 x 17 cm, 2021

Josué apparaît dans le Livre de l’Exode et surtout dans le Livre de Josué. Il succède à Moïse dans la conduite du peuple hébreu vers la Terre promise. Il s’appelle d’abord Osée, puis Moïse le renomme Josué, marquant sa destinée puisque Josué s’écrit en hébreu יהושוע, Yehoshua et signifie « Dieu sauve ».

À l’époque du Nouveau Testament, ce nom se transformera en « Jésus » pour les juifs de langue grecque, ce qui rapprochera, pour les premières chrétiens, l’activité de Jésus sauveur, et celle de Josué conduisant son peuple vers la terre du repos.

Par ailleurs, Josué est implicitement mentionné dans le Coran ; il est à ce titre considéré comme un prophète sous le nom de يوشع بن نون Yūshaʿ ibn Nūn.

Josué est le fils de Noun, de la Tribu d’Éphraïm. Il naît en Égypte à l’époque de l’esclavage où il est témoin de la sortie d’Égypte. Il assiste Moïse et l’accompagne dans l’ascension du Mont Sinaï pour recevoir les dix commandements. Il fait également partie des douze explorateurs que Moïse envoie en éclaireurs vers la Terre promise. Lorsque Moïse comprend qu’il ne franchira pas le Jourdain, il transmet sa mission à Josué. Pour un groupe errant et presque sans armes, cela semble impossible. Mais Dieu soutient son peuple et Josué s’avère excellent commandant militaire et fin stratège. La première épreuve est la traversée du Jourdain. Josué fait avancer l’Arche d’alliance et… le fleuve interrompt miraculeusement son cours ! Josué érige alors un monument constitué de douze pierres sur la rive ouest, à Guilgal, qui devient la base depuis laquelle la conquête sera menée. Celle-ci commence avec la ville de Jéricho. Josué y envoie des espions. Puis, suivant les instructions divines, sept prêtres tournent autour de la ville pendant sept jours et sept nuits, en procession, au son du cor, portant l’Arche d’alliance. Au septième jour, le rempart s’effondre et la ville est conquise.

Après un revers, Josué se rend maître de Aï, ce qui lui ouvre la route des montagnes de l’ouest. Devant la peur inspirée par ses victoires, les Gabaonites obtiennent par la ruse un traité de paix. Apprenant cette alliance, les rois amorites tentent de les punir. Les troupes de Josué et des Gabaonites mettent en déroute les armées amorites sur lesquelles Dieu fait tomber des grêlons. Afin de les anéantir totalement, Josué s’écrie :

« Soleil, arrête-toi sur Gabaon !
Lune, sur la vallée d’Ayyalôn ! 
… et le soleil s’arrêta, et la lune s’immobilisa » (Jos 10, 12-13)

Bien sûr, cette fois encore, il faut effectuer cette lecture de façon symbolique. D’un point de vue historique, la présentation de la conquête sous la conduite unique de Josué est une image. Le personnage central du livre de Josué est « la Terre promise ». Elle est le lieu de la fidélité de Dieu envers son peuple et du peuple envers son dieu. Elle n’est pas seulement un symbole mais « l’invitation vivante et pressante à l’homme de rencontrer le créé pour le sanctifier » (TOB, introduction au Livre de Josué.) 

À la fin de sa vie, Josué demande au peuple de rester fidèle à Dieu qui s’est tant de fois manifesté à eux. Il serait mort à l’âge de 110 ans.

La tradition attribue également à Josué la conversion de certaines populations du Maghreb. La légende rapporte que Sidna Youcha (Josué) est enterré dans une mosquée sur une plage qui porte son nom : la Plage Sidna Youchaa située non loin de Tlemcen (Algérie). Son mausolée a fait l’objet pendant très longtemps, de pèlerinages à l’occasion des fêtes juives.

Pour réaliser cette icône, et en fonction de la demande spécifique qui m’était faite, je n’ai pas voulu insister sur l’armement de Josué. Je lui ai cependant laissé un bouclier aux couleurs solaires évoquant l’épisode raconté ci-dessus. Je dois ajouter que j’ai laissé passer beaucoup de temps entre le moment de la commande et celui de la réalisation de l’icône, car je ne connaissais pas (à peine !) le personnage et ai rencontré quelques difficultés, au début, à dépasser l’image du chef de guerre impitoyable. Merci aux amis qui m’en ont donné une interprétation différente. « Lorsque le peuple entendit le son du cor, il poussa une grande clameur et le rempart s’écroula sur place » (Jos 6, 20) est-il écrit à propos de la prise de Jéricho. Laissons nous aussi résonner « le son du cor » pour que ses vibrations nous aident à dépasser les images et à voir les choses « autrement ».

Article du 26 novembre 2021

Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

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