Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

La Chapelle de Pâquier à Saint-Martin-de-la-Cluze

1 commentaire

Nos pas sont revenus encore aujourd’hui à La Chapelle romane de Pâquier à Saint-Martin-de-la-Cluze, blottie entre les arbres, lieu de paix et d’inspiration.

On ne sait pas exactement quand elle a été érigée, peut-être autour de l’an mille comme le suggère Émile Gilioli (voir le poème ci-dessous). Toujours est-il que la première référence écrite date des premières années du XIIe siècle. Elle présente une architecture romane typique du Trièves.

Le clocher, remonte au XVIIe, peut-être plus tôt mais les cloches ont disparu lors de la Révolution. Certaines ouvertures dateraient du XIVe siècle. 

On entre dans la chapelle par l’unique petite nef ; une atmosphère très spéciale d’apaisement s’en dégage, un « silence de paix ». Sur la droite, une petite chapelle consacrée à saint Claude et saint Bernard fut réalisée en 1497 par la famille Alleman, l’une des familles seigneuriales les plus anciennes et puissantes du Dauphiné. La famille cherchait alors à asseoir son pouvoir à travers son implication religieuse. L’abside de l’église est décorée de peintures murales plus récentes et assez naïves.

Depuis 1926, la chapelle est protégée au titre des monuments historiques. Elle est dédiée à saint Christophe.

Entourée d’un modeste cimetière, on trouve parmi les tombes, inclinée et à moitié cachée par la végétation, celle d’Émile Gilioli (et de son épouse Babet). Avant tout sculpteur abstrait, l’artiste vécut dans le village, où il avait installé son atelier, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il a laissé des écrits et des réflexions sur l’art d’une grande beauté. La Chapelle de Pâquier fut pour lui une grande source d’inspiration et il venait souvent s’y ressourcer.

« Église Romane de Pâquier en l’an mille.
C’est la densité inventive des formes
qui me tient cloué là pendant des heures.
Je ne me sens pas seul.
Ce silence qui est autour de cette masse dissymétrique,
cette forme en marche dans tous les sens
comme si elle était perdue à jamais,
comme un oiseau de la terre…


Église Romane de Pâquier d’avant l’an mille.
Je ne suis pas seul, va.
Tu me tiens, tu me regardes, avec ton nez sur la tête,
comme un oiseau de la terre qui était dans le plafond
de ma chambre quand j’étais tout petit enfant.
Plus petit, je me sens par tes belles proportions.
Va ! la place que tu occupes est devenue un point d’éternité.
Ce silence de paix me donne envie de dormir avec toi,
pour toujours. »

Texte de Émile GILIOLI
Tiré de « La sculpture », Robert Morel Éditeur, 1968

Article du 18 septembre 2022

Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

Une réflexion sur “La Chapelle de Pâquier à Saint-Martin-de-la-Cluze

  1. Merci Elisabeth! Je ne connaissais pas cette chapelle.
    Après avoir lu ce beau poème, j’ai été saisie par les formes si harmonieuses de cette petite église.
    En regardant la première photo…j’ai eu l’impression de la prendre dans mes bras avec bonheur!!
    Annie

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