Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Héritages…

L’église Saint-Blaise, dans mon village de Champ-sur-Drac, date du XIIe siècle. J’aime me promener aux alentours et aussi arpenter la forêt derrière la maison vers les vestiges d’un ancien monastère

Nous sommes les héritiers d’une longue histoire. Que notre art soit qualifié d’art sacré ou d’art profane, qu’il soit d’orient ou d’occident, nous avons tant à recevoir, des techniques, des oeuvres et des attitudes des artistes du passé. S’inscrire dans cette filiation est une façon de prolonger l’œuvre de nos prédécesseurs en prenant joyeusement le relais qu’ils nous tendent, en saisissant le pinceau pour créer à notre tour. C’est comme si nous donnions vie éternelle à leurs recherches, leur enthousiasme, leur méditation, leurs joies, leurs émotions, leurs prières, leurs doutes parfois, pour inscrire notre art dans le profond respect de ce qui nous construit. Ainsi, chacun constitue, humblement et lumineusement, un des maillons de la « chaîne d’or » dont parle saint Syméon le nouveau théologien au début du XIe siècle. C’est la posture de l’iconographe et un ancrage qui me convient.

J’ai développé ce thème lors de deux années d’une émission hebdomadaire intitulée Carnets de peinture et diffusée de septembre 2017 à juin 2019 sur RCF Isère. Dans l’esprit du carnet de voyage, l’émission nous faisait entrer dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel » (peinture de l’icône, fresque, enluminure, calligraphie, mosaïque, taille de pierre, orfèvrerie, vitrail…).  On peut retrouver certains podcasts  ici

Quelques articles ont présenté l’émission au fil de ces années :
La présentation de l’émission Carnets de peinture, qui aborde la notion d’héritage et les principaux ouvrages de référence.
– La fin de la première année avec des conseils de Cennini Cennini parfaits pour les vacances : Carnets de peinture et carnets de voyage
La présentation de la deuxième année d’émissions

Des ouvrages de référence :

  • Les anciens « Carnets de peinture » russes ou podlinnik
  • Un carnet de peinture roumain du XVIIIe siècle, celui du peintre Radu
  • Je me réfère à La légende dorée, texte du XIIIe siècle, dans mes recherches sur la vie des saints (tout en étant consciente de l’éloignement évident avec le récit historique)

En ce qui me concerne, je ne peux pas parler de mon « héritage » en iconographie, sans remercier Ludmilla Titchenkova-Garrigou. J’ai découvert la peinture de l’icône un peu par hasard en 1989, en tant qu’élève, sans imaginer un instant quelle longue route s’ouvrait devant moi. Ludmilla, elle même avait été l’élève de Leonide Ouspensky qui a beaucoup oeuvré pour ouvrir la tradition iconographique russe à l’occident. De là, s’est mise en place toute une pédagogie que nous sommes quelques uns à transmettre à notre tour, en faisant de notre mieux.