Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes


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Une visite de mon atelier (4)

Continuons la visite avec ma collection de crayons et de pinceaux. J’ai déjà rédigé plusieurs articles sur le sujet : un article sur la fabrication des crayons autrefois à retrouver ici et un autre sur la fabrication des pinceaux  ici.

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Pour faire son dessin à partir du modèle choisi, nous travaillons tout simplement au crayon, en faisant très peu d’ombres. Tout l’enjeu du dessin réside dans la recherche de lignes les plus pures possibles qui délimitent des zones. Celle-ci seront plus tard recouvertes de couleurs sombres, avant de les éclairer progressivement, dans la quête de la lumière qui caractérise le cheminement de l’icône. Le choix des crayons est tout à fait classique : le « HB », moyen, nous accompagne pour l’essentiel du travail ; les différentes catégories de « H » permettent les traits bien secs ; les « B », plus gras, interviennent dans un second temps, rendant la ligne vivante par le jeu des pleins et déliés : c’est un autre sujet !

Un des défis de notre travail consiste à utiliser le moins possible la gomme : imaginons ne pas effacer une erreur, mais s’y appuyer pour évoluer et progresser… Cela impose de proposer, avant d’affirmer (ou de réfléchir avant de parler ?) : un trait léger au début, juste des contours effleurés, et peu à peu, advient la ligne, sobre et précise.

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Le petit matériel est disposé sur un présentoir offert par ma fille Élodie et réalisé par Morgane, jeune femme aux mains d’or. Quant à la tasse à droite, elle me vient d’Isa. J’aime bien réunir aussi sur ma table des objets beaux et signifiants.

Arrive la délicate question des pinceaux. Oui, nous évoluons, tout comme notre travail ! Au tout début de ma découverte de l’icône, je ne m’étais même pas demandé ce qu’il pouvait en être de la souffrance d’un joli petit écureuil dont les poils de queue sont utilisés pour réaliser mes plus beaux pinceaux. J’avoue qu’aujourd’hui, cela me perturbe. Pour l’instant, je n’ai pas trouvé d’autre solution que de les soigner avec beaucoup d’attention pour prolonger leur vie le plus longtemps possible et ne pas avoir à les changer trop souvent. Et pourtant, ils s’usent si vite !

Nous utilisons trois sortes de pinceaux. Le pinceau en martre, très nerveux, nous sert à dessiner les lignes et permet de magnifiques « pleins et déliés ».  Le petit gris, plus doux, permet de couvrir les surfaces. Quant aux pinceaux synthétiques, ils viennent à notre secours pour poser les vernis, les laques, enlever les surplus ou corriger les erreurs.

Article du 7 avril 2020


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Une visite de mon atelier (3)

Continuons la visite de mon atelier en examinant chacun des objets posés sur mon bureau. J’ai consacré le dernier article au choix des modèles. Une fois le modèle sélectionné et bien compris, admiré, chacun refait un dessin en respectant certaines règles de construction et de symbolique immuables. Ainsi, le modèle suit sa route et prend son empreinte personnelle, s’habillant d’imperceptibles penchants (1). Quand le dessin nous semble satisfaisant, nous le décalquons afin de disposer d’un support stable, en vue des opérations successives qui suivront. Cette pratique, contrairement à ce qu’on peut imaginer, est très ancienne.

On peut relire ces articles sur le calque ici et  (les méthodes ancestrales pour fabriquer le calque).

On passera ensuite à l’arrière du calque un pigment ocre rouge selon d’autres méthodes ancestrales, la sinopia ou le poncif,  décrits ici.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAJe profite de cette courte visite d’aujourd’hui pour vous présenter quelques petits objets indispensables, qui restent toujours à portée de main.

– un « pont », c’est-à-dire un support en bois qui permet de peindre au-dessus de nos surfaces longues à sécher, surtout quand on travaille comme on le fait dans mon atelier à « la goutte », donc à plat. Celui-ci a été réalisé par Claude, un ancien élève de l’atelier d’icônes passionné par la marqueterie. On peut tout à fait en fabriquer de rudimentaires qui font très bien l’affaire.

– le poinçon qui sert à repasser les contours établis sur le calque ou à graver les contours des surfaces qui recevront l’or.

– un petit couteau pour racler tous les débordements (or, surépaisseur de pigment…) , réalisé spécialement par Jean-Marc « de Tahiti ».

– la spatule qui sert à bien écraser les pigments qui sont livrés en poudre, puis mélangés à la préparation à base de jaune d’œuf.

– des petites coupelles en verre réalisées par mon amie Isabelle Baeckeroot 

Cet article s’insère dans une petite série intitulée « une visite de mon atelier » :
– 1. la lumière
– 2. le choix du modèle

(1) j’ai toujours été troublée de constater, lorsque j’animais des stages de débutants, de voir qu’en s’inspirant du même modèle, les mêmes consignes, les mêmes corrections… chacun donnait à son travail, bien involontairement, un caractère personnel (le secret de nos âmes).

Article du 3 avril 2020


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Une visite de mon atelier (2)

OLYMPUS DIGITAL CAMERAContinuons la visite de mon atelier (1). Vous pouvez remarquer  sur la photo trois modèles correspondant à l’icône sur laquelle je suis en train de travailler (au premier plan, à peine ébauchée).

Comment cela se passe-t-il, en pratique, lors d’une commande d’icône ? 

L. et B., un jeune couple sont venus me rendre visite un soir d’hiver dans mon atelier, souhaitant une petite icône pour la placer dans leur coin prière, mais sans idée précise de modèle. Nous avons regardé ensemble des livres et toute une documentation afin de mieux cerner leurs goûts et leurs attentes. Ils m’ont dit en toute simplicité ce qui leur plaisait ou non, dans les icônes accrochées dans l’atelier. J’ai cherché à les guider, au mieux.

Sarah Legendre

L’icône « de la main » de Sarah

Leur choix s’est arrêté sur un modèle de Christ en Gloire (la construction et la symbolique du modèle sont décrits ici) sur fond rouge. Il me semblait que cette icône avait été réalisée dans l’atelier de mon ami Père Antoine, mais sans certitude. Je lui ai posé la question et nous avons été tous deux très touchés de savoir que l’icône avait été peinte par la main de notre amie Sarah, aujourd’hui « née au ciel ». Il se souvenait qu’elle s’était elle-même inspirée d’un modèle de Père Zenon. J’ai comparé à d’autres modèles de Christ en Gloire et on distingue sur la photo un troisième modèle, sur lequel je m’appuierai aussi, tiré de l’œuvre de Léonide Ouspensky. 

 

On pourrait qualifier l’icône « de » Sarah, de style romano- byzantin, ce qui convient parfaitement au jeune couple dont il est question. Une des caractéristiques de ce style est

Berzé

La fresque de Berzé-la-ville

le bras de la main qui bénit ouvert (le bras droit, à gauche sur la photo) comme sur cette fresque de Berzé-la-Ville (contrairement aux modèles de Novgorod ou de Roublev par exemple où ce bras es replié et la main apparaît au milieu de la poitrine du Christ).

Bref, l’apprivoisement, la découverte, la compréhension du modèle constituent déjà tout un voyage dans le temps et dans l’espace.

Le fait de s’appuyer sur un modèle est une des caractéristiques de la peinture de l’icône (2). Voyez comme de l’icône « de » Sarah, à celle « de » Père Zénon, à la fresque de Berzé-la-Ville et à l’icône à naître pour ce jeune couple, se crée tout un cheminement. C’est comme si nous entrions dans une grande chaîne humaine de beauté, de création, de couleur et d’énergie. C’est comme si nous nous transmettions non seulement nos modèles et toute leur signification symbolique et spirituelle, mais y déposions aussi nos joies et nos peines, nos doutes, nos prières, nos pensées, la couleur de l’instant. 

Il y aura dans cette icône à naître un peu de la Loire qui coule à Saint-Florent (là où habitait Sarah), son inoubliable rire, un peu de la couleur des vignes à l’automne autour de Berzé-la-Ville, la lumière des yeux du jeune couple, un peu de l’inquiétude et de la créativité de cette période de confinement, la méditation et la prière de théologiens et d’artistes, la douceur du printemps : toute la vie.

(1) Cet article s’insère dans une petite série intitulée « une visite de mon atelier » :
– 1. La lumière
(2) On peut relire l’article « la chaîne d’or »

Article du 31 mars 2020


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Une visite de mon atelier (1)

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Mon bureau

Puisque je n’aurai pas de visite en cette période, je vous propose une visite en images de mon petit atelier de calme et de couleur, une sorte de « voyage en douce » en temps de confinement (1). Je vous proposerai plusieurs thèmes et « épisodes » au fil des jours !

Commençons la visite par une photo de mon bureau dont je vais vous décrire un à un tous les éléments. Aujourd’hui je vous parle de la lumière (notée 1 sur la photo en noir et blanc). Dans le prochain épisode, je vous parlerai du choix du modèle (noté 2).

Mon bureau NB

La création de la lumière

La Création de la lumière

La lumière intervient au tout début de la Création (voir article ici) ; la première parole divine s’y réfère. Parallèlement, tout le processus de création de l’icône chemine de l’ombre vers la lumière. On part des couleurs sombres pour rechercher, par les éclaircissements successifs, un peu de la lumière originelle : on parle même de « montée en lumière ».  Bref, la lumière, la recherche de la lumière se situent au début et à la fin de tout, de toute vie, de tout espoir, de toute attente.

Quand je ne peins pas, je photographie dès que je le peux : même émerveillement et besoin de contemplation. Je n’ai jamais souhaité apprendre vraiment à « traiter » les photos car la seule chose qui m’intéresse vraiment est de traquer, saisir la « belle lumière ». Pour cette raison, j’ai tellement aimé les fins de journée dans la lumière rasante des pays du Nord, en Finlande surtout.

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Par la fenêtre

Pour peindre, j’ai aussi besoin de lumière. La plus agréable est bien sûr la lumière naturelle, celle que me fournit la lucarne placée juste au- dessus de mon bureau. De là, j’aperçois la route qui chemine à travers la forêt vers le hameau du dessus. J’aime cet endroit qui est ma respiration, mon havre, mon port d’attache. De temps en temps, quand mon regard est trop fatigué par le travail de minutie, je lève les yeux au-delà de la vitre, et contemple un peu de la crête de la montagne : repos des yeux, respiration, repos du cœur. Regarder loin et large, plus loin que l’inquiétude.

Pour la minutie, et parce que ma vue est très fragilisée en raison d’un accident très symbolique (une période à laquelle l’avenir était impossible à regarder en face), j’utilise une loupe sur pied très stable et le minuscule se met à portée du pinceau.

Pour le soir et pour les moments sans clarté, j’utilise bien sûr la lumière artificielle, support indispensable, une lampe placée à ma gauche puisque je suis droitière ainsi qu’un éclairage très performant, au milieu de la pièce.

(1) Bien sûr, dès que cette période sera terminée, n’hésitez pas à prendre rendez-vous pour une vraie visite en repérant l’endroit ici

On peut relire aussi cet article intitulé « Vers la lumière »

Article du 30 mars 2020

 


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Dessiner sans relâche

OLYMPUS DIGITAL CAMERA Nous cheminons depuis quelques mois à travers les recommandations données aux jeunes peintres médiévaux ; découvrons maintenant les conseils pratiques prodigués par les Anciens.

Les préalables, donnés dans les divers manuels et carnets parvenus jusqu’à nous, peuvent se résumer ainsi : celui qui possède un talent doit trouver un maître qui le guidera graduellement, dans le temps, la prière et la persévérance. Tous, préconisent de commencer l’apprentissage par la pratique inlassable du dessin. Dans l’introduction du Guide de la peinture, Denys de Fourna écrit : « Après la prière, que l’élève apprenne avec exactitude les proportions et les caractères des figures ; qu’il dessine beaucoup, qu’il travaille sans relâche, et, avec le secours de Dieu, il deviendra habile au bout d’un certain temps, ainsi que l’expérience me l’a montré. »

Chez Cennino Cennini, le dessin apparaît comme le moment initial et essentiel de la création, conformément à la tradition des peintres toscans. Cennini précise, au chapitre V du Livre de l’art : « Comme il a été dit ; tu commences par le dessin. Il faut que tu connaisses la méthode te permettant de commencer à dessiner le plus exactement. » Plus loin, il précise comment préparer les panneaux ou les parchemins de mouton ou de chevreau pour s’entraîner à peindre et comment passer du pinceau à la plume, et comment le soleil doit se poser sur le panneau pour l’éclairer au mieux, et comment teindre le papier et comment avancer progressivement pour ne pas se lasser, et comment fabriquer le charbon de bois pour les esquisses…

Ces multiples recommandations parviennent jusqu’à nous et le conseil de dessiner inlassablement est celui-là même que donnent les enseignants d’aujourd’hui à leurs élèves dans les écoles d’art du monde entier. Quant aux élèves des cours d’iconographie, la plupart n’ont aucune formation en dessin et sont arrivés à l’icône après un voyage, par goût des couleurs, au cours d’une recherche spirituelle, par quête d’une pratique « hors du temps » ou pour des tas d’autres raisons. Il n’est pas nécessaire de savoir dessiner pour approcher l’icône et découvrir tout un univers. En revanche, pour progresser, il ne faut pas hésiter à dessiner et dessiner encore, quelque soit la maladresse du trait. Approcher l’image du bout du crayon, du bout du pinceau et découvrir comme le corps mémorise, comme le geste s’affermit, comme le regard s’aiguise… Et puis vérifier à l’aide du compas, des proportions transmises, de leur rigueur et aussi de leur portée symbolique. Tout un programme !

Un échange entre Degas, alors jeune artiste, et Ingres, son idole, illustre ces propos. Degas aurait fait des pieds et des mains pour rencontrer celui qu’il considérait comme l’exemple à suivre, le maître absolu. Après avoir engagé une timide discussion, Degas demanda à Ingres de lui prodiguer quelques conseils. Celui-ci l’aurait alors tout simplement encouragé à dessiner : « Faites des lignes, beaucoup de lignes, d’après nature ou de mémoire, et vous deviendrez un bon artiste. »

Cet article a été le support d’une émission hebdomadaire intitulée Carnets de peinture et diffusée de septembre 2017 à juin 2019 sur RCF Isère. Dans l’esprit du carnet de voyage, l’émission nous faisait entrer dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel » (peinture de l’icône, fresque, enluminure, calligraphie, mosaïque, taille de pierre, orfèvrerie, vitrail…).  On peut retrouver certains podcasts  ici

Article du 19 février 2018 mis à jour le 4 février 2021


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Une visite chez Dauvet, le batteur d’or

OLYMPUS DIGITAL CAMERA« Lorsqu’elle n’est rendue qu’à l’état de feuille si fine et délicate qu’elle ne supporte plus son propre poids, cette matière devient Lumière. Une Lumière radieuse, joyeuse, éternelle (…) Notre univers est celui du beau et du sacré. » (extrait du site de Dauvet) (1)

Avec un petit groupe de l’atelier d’icônes, et accompagnés par Laure, nous sommes allés, le 29 mai, visiter l’atelier de Dauvet, le dernier batteur d’or français, une maison qui existe depuis 1834 et située sur les bords du la Léman. Voilà un petit compte-rendu de notre visite mais vous trouverez des détails passionnants en allant directement sur leur site.

Nous avons eu la chance d’assister au processus de fabrication de la feuille d’or, celle que nous utilisons dans nos icônes. Dauvet propose une grande variété de couleurs et d’épaisseurs : l’or alimentaire très à la mode (utilisé en feuilles ou en paillettes), les feuilles en carnet – bord à bord ou pas – de diverses tonalités, l’or en coquille ou les paillons beaucoup plus épais (et assez coûteux bien sûr) que nous avons envie d’essayer.
La réalisation des ces carnets est un long travail qui demande un grand savoir-faire (précision, force et dextérité).

Traditionnellement, on distingue 6 étapes principales. Nous avons assisté principalement à la première et à la dernière.

La première étape est la forge : l’or est introduit sous forme de billes dans un four à 1 200°, afin d’obtenir une sorte de mini lingot de 350 grammes (10 cm x 4 cm x 5 mm). Là, une opération manuelle consiste à presser ce petit lingot dans un laminoir, tant et tant que la réglette de 10 cm du début atteigne peu à peu 40 mètres ! C’est le laminage et c’est assez fascinant. Le ruban est alors découpé en carrés de 4 x 4 cm qui sont ensuite battus et rebattus, jusqu’à mincir tant et plus. Toutes ces opérations durent plusieurs heures et sont effectuées avec des machines assez simples.

Suit le dégrossissage à l’aide de marteaux mécaniques, les apprêts, le brunissage et le battage.

La dernière opération est manuelle et s’appelle le vidage. Après des milliers de coups de marteaux et des heures de travail, la feuille ne mesure plus que quelques microns et est placée dans un petit carnet de 25 feuilles. Nous avons été très frappés par cette salle de travail dans laquelle six femmes penchées sur leur petite table, travaillent avec précision : elles vérifient attentivement chaque feuille, en découpent régulièrement un bord et les ajustent avec une petite pince en bois dans le carnet. Elles s’aident de leur souffle pour plaquer les feuilles et c’est très beau à voir.

Tous les déchets, à chaque étape, sont récupérés pour être refondus et réutilisés.

J’ai (enfin) compris que l’or 24 carats est pur à 100 %. Pour qu’il soit plus ferme et aussi pour en varier les tonalités, on le mélange avec une petite proportion de cuivre (pour une tonalité plus rouge), d’argent (tonalités plus blanches), parfois de palladium. Ainsi, une feuille qui contient 98% d’or (c’est l’or « supérieur » que nous utilisons le plus souvent) fait 23,52 carats !OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

Article du 1er juin 2017
(1) Malheureusement, depuis cette période, l’entreprise a fermé ses portes.


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Les stages de l’Atelier d’icônes au monastère de Chalais

Le monastère

Septembre 2014, petit matin

« Au cœur du Parc régional de Chartreuse, dominant à 950 m d’altitude la vallée de l’Isère, Notre-Dame-de-Chalais dresse sa belle église romane construite à partir de 1101 par les moines de Chalais.

Témoin d’une histoire comparable à celle de Citeaux, l’abbaye devient successivement berceau de l’Ordre de Chalais, puis prieuré de la Grande Chartreuse.Vendue à la Révolution, elle est rachetée en 1844 par le père Lacordaire qui ouvre le premier noviciat de l’ordre dominicain en France.

octobre 2011

Octobre 2011

En 1962, les moniales dominicaines refondent le monastère, puis elles restaurent l’église et créent une biscuiterie.

À Chalais, la beauté des paysages et la présence d’une nature préservée favorisent la vie spirituelle (…) »

Extrait du dépliant « Chalais, un monastère à découvrir, une histoire à partager »

Les stages à Chalais

contempler...

Contempler…

L’esprit des ateliers d’icônes à Chalais n’est pas tellement technique (pas d’enseignement « transversal »). La plupart des élèves terminent l’année scolaire la tête pleine de projets. Et puis nous nous séparons pendant les vacances et chacun est happé par ses préoccupations et obligations, par la vie, quoi ! Quand nous nous retrouvons, la plupart des élèves me disent en tout premier «  je n’ai pas pu travailler mon icône » ! Eh bien voilà cette proposition de stage de l’atelier d’icônes au monastère de Chalais pour aider à « nous remettre dans le bain » de la contemplation, du silence et tout simplement peindre au rythme des offices et de la beauté.

Comment cela a-t-il commencé ?

soeur Thérèse termine son icône

À la demande de la communauté de Chalais, notre atelier a accompagné sœur Isabelle pendant quelques années (elle vit actuellement dans une autre communauté près de Vancouver). À la même période, j’ai été invitée par « les amis de Chalais » à proposer une conférence sur l’icône et le regard.

Puis sœur Thérèse s’est initiée avec nous aux icônes avant de repartir dans sa communauté au Kenya. Elle disposait d’une année, aussi, plusieurs d’entre nous ont fait le maximum pour lui faire découvrir diverses facettes de notre pratique, comme la fabrication des planches et la réalisation des enduits .

atelier d'icônes au monastère de ChalaisAinsi, peu à peu, nous avons programmé des stages au monastère, le plus souvent au début de l’automne et à la fin du printemps et des liens se sont tissés. Le monastère est devenu pour nous une sorte de respiration, un lieu dans lequel on se sent bienvenu, le temps de déposer un peu « tous les soucis du monde »…

Comment se déroule un stage ?

Arrivée, octobre 2012

Arrivée, octobre 2012

L’arrivée se fait l’après-midi à partir de 15 heures. Chacun apporte son propre matériel, s’installe, dans la beauté des lieux, me montre son icône en cours ou son projet dont nous discutons avant de prendre nos pinceaux.

17 h 30, participation aux vêpres, puis temps de peinture en silence.
19 h repas, possibilité de faire le point sur son travail, puis complies à 20 h 45. Ceux qui le souhaitent peuvent encore retrouver leur icône, dans le silence de la nuit tombée. Nous dormons dans de petites chambres pour 1 ou 2 personnes, dans le calme.
8 h, participation aux laudes pour ceux qui le souhaitent puis petit déjeuner.

travail solitaire, la nuit

Travail solitaire, la nuit

11 h 30, c’est la messe, suivie du repas. Si possible, ceux qui le souhaitent font une petite promenade et au moins, nous admirons ce petit coin de montagne.
Nous retournons passer l’après-midi avec nos icônes, jusqu’aux vêpres qui bouclent notre petit stage.

Participation demandée à la vaisselle, mise en place des tables, etc.

atelier d'icônes au monastère de ChalaisPour de plus amples renseignements sur le monastère : http://www.chalais.fr

Mise à jour du 5 septembre 2021
Actuellement les stages n’ont plus lieu : cela a commencé avec l’épidémie de Covid et maintenant, le bâtiment qui nous accueillait est en réfection. Il est possible que Laurence (voir ici), reprenne le flambeau à l’avenir : je ne manquerai pas de le signaler.

Article du 8 septembre 2015


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Exposition à Notre-Dame-des-Vignes, fin de la visite

Le jour tombe à N.-D. des Vignes

Du 12 au 14 octobre 2012, avec mes élèves, nous avons eu la chance d’exposer dans la petite église carolingienne de Notre-Dame-des-Vignes à Sassenage.

Afin de prolonger un peu ces jours d’automne et de lumière, d’émotions et de rencontres, chacun a livré le petit texte dans lequel il présentait ses icônes.

Vierge du Signe

Nous terminons aujourd’hui cette promenade dans l’exposition avec le témoignage de Renée :

« Une Icône s’inscrit dans l’Histoire.

L’icône de la Vierge du Signe s’inscrit également dans l’histoire de notre atelier.

La planche appartenait à mon père (1920) et servait de support à une petite statue. J’y tenais beaucoup.

Les nombreuses couches de levkas (enduit fabriqué à partir de colle de peau de lapin et de craie) ont été posées par Annie.

Puis, l’Icône a été écrite par Élisabeth, dans les liens d’amitié qui nous unissent depuis longtemps.

Vierge Marie, toi qui as accueilli à l’Annonciation par ton OUI, le Verbe de Dieu, bras grands ouverts, accueille aujourd’hui la prière de chacun. »

 

 

Article du 23 octobre 2012


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Solange et l’exposition à Notre-Dame-des-Vignes

Du 12 au 14 octobre 2012, avec mes élèves, nous avons eu la chance d’exposer dans la petite église carolingienne de Notre-Dame-des-Vignes à Sassenage.

Afin de prolonger un peu ces jours d’automne et de lumière, d’émotions et de rencontres, chacun livre le petit texte dans lequel il présentait ses icônes.

 

Solange

« Peindre des icônes est tout d’abord un plaisir.

Je peins des icônes pour les personnes que j’aime. C’est ainsi que j’ai peint les Saints Patrons de chacun de mes enfants. Je prépare ma planche, puis au rythme de la respiration, je passe les premières couches sombres ; peu à peu les lumières arrivent et je pense à la personne à qui je vais donner l’icône. Je demeure ainsi plusieurs mois en communion de prière avec elle à travers le Saint que je représente.

Certains disent qu’ils écrivent l’icône, moi je la prie. Peindre mon icône dans le silence, la prière, la patience, la confiance et même l’amour, est une véritable thérapie pour le corps et pour l’âme. »

Icônes présentées :

Photo ci-dessus, panneau de gauche : Saint Roch (2011) (cachée sur la photo), Transfiguration (2012), Sainte Trinité (2012).

Photo ci-dessus, panneau central : Le retour à Nazareth (2012), Avance au large (2009), Sainte Fleur (2009), Saint Anatole (2012), Vierge (2008).

Panneau ci-contre : Sainte Sophie et ses filles (2007), Saint Blaise (2006), Saint Aubin (2006), Ange Gardien (2011), Saint Stéphane (Étienne).

Article du 22 octobre 2012


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Renée et l’exposition à Notre-Dame-des-Vignes

Du 12 au 14 octobre 2012, avec mes élèves, nous avons eu la chance d’exposer dans la petite église carolingienne de Notre- Dame-des-Vignes à Sassenage.

Afin de prolonger un peu ces jours d’automne et de lumière, d’émotions et de rencontres, chacun livre le petit texte dans lequel il présentait ses icônes.

 

Renée :

« Il y a plusieurs années de cela, j’ai été saisie par la Force de l‘Icône, au cours de groupe de prières. Et depuis j’ai été habitée par ce désir profond : essayer d’écrire moi-même une icône, avec mes pauvres moyens.

L’iconographie a ses codes, sa méthode : travail long, difficile, exigeant, qui demande humilité et patience, mais combien apaisant. C’est une Présence qui s’instaure :  » une autre Main au dessus de nous qui guide la nôtre  » (Père Sendler).

Partir des teintes foncées vers les plus claires – aller des ténèbres vers la Lumière.

Poser le regard, quelle émotion !

Pour moi, écrire  une icône, c’est prier, c’est une « visitation », c’est reconnaître  « le don de Dieu » ».

Icônes présentées

Visitation  (2009), Samaritaine au puits (2012), Le Christ, (2011), Saint Bruno (2010).

 

 

 

Article du 22 octobre 2012