Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes


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« Fleur bleue »

Il aura suffi que je découvre chez mon amie Annie une fleur d’un bleu intense, pour que me vienne l’envie de publier cet article resté en attente. Comme le dit Colette (article à suivre) : « Le Créateur de toutes choses s’est montré un peu regardant quand il a distribué chez nous les fleurs bleues ».  Chacune, avec son histoire et sa gamme de tonalités, suscite une émotion ou évoque quelque souvenir.

Delphinium sur « La larm e» d’Annie, à Balbins 38 (Pois de senteur au premier plan)

Dans le langage des fleurs, le bleu pâle exprime la tendresse et l’innocence. Il faut remonter au début du XIXe siècle et au jeune écrivain allemand, Novalis, pour trouver l’origine de l’expression « fleur bleue ». Dans un roman inachevé, il évoque la légende d’un trouvère médiéval qui, parti à la recherche d’un idéal, découvrit la fleur bleue, symbole de la poésie. On parle de « la fleur bleue du romantisme ».

En traversant le Rhin, la fleur bleue change de sens ; elle abandonne le registre de la poésie pour être associée à une sentimentalité mêlée de naïveté. Le bleu peut aussi évoquer la jeunesse, car un « bleu » désigne un débutant, un novice. 

Bien qu’assez rares, les fleurs bleues existent dans la nature. Citons la glycine, le lin, l’iris, le glaïeul, la pervenche et le pétunia, la lavande, le lilas, le bleuet, la fleur de sauge et de bourrache, le myosotis, le muscari, le lupin, le géranium de l’Himalaya… ou le delphinium. L’hortensia, lui, tire sa couleur caractéristique des sols d’ardoise. Quant à la vigne vierge à fruits bleus, plante grimpante ligneuse originaire de Chine, elle est cultivée comme plante ornementale pour ses raisins aux couleurs remarquables allant du mauve au bleu turquoise.

On trouve également des fruits bleus comme celui du genévrier commun utilisé en condiment, la mûre, la myrtille, l’orcette ou myrtille des marais, certaines airelles, la prune, le pruneau et la prunelle. 

Le bleuet, sorte d’airelle à feuilles étroites, est une myrtille arbustive de grande taille qui pousse au Canada, en particulier dans la région du lac Saint-Jean. Les anthocyanosides lui donnent sa couleur bleu foncé caractéristique. Ce petit fruit serait une des vedettes montantes de l’alimentation thérapeutique, un puissant antioxydant réputé pour son action sur la mémoire, la vision et la fatigue oculaire. 

Pour moi, ces fruits évoquent la cueillette des baies bleues cachées sous le tapis moussu dans la lumière rasante des pays du Nord. Une barque passe, et le clapotis des rames chante avec le silence. 

Cet article a été l’objet d’une émission sur RCF Isère le 16 janvier 2012 ; il constitue le chapitre 21 du livre, Bleu intensément et été mis à jour le 11 juillet 2020.


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Le bleu de vivianite

pigment bleu vivianite

Je connais beaucoup d’iconographes (et de peintres) qui sont, comme moi, atteints d’une sorte d’addiction : le besoin irrépressible de collectionner les pigments ! Dès que je découvre l’existence d’une couleur dont je ne dispose pas, je cherche à me la procurer. Pourtant, je collectionne plus de 200 fioles de pigments et il me faudrait plusieurs vies pour les épuiser ! Cette fois, je cherchais à remplacer un pigment déniché lors de je ne sais plus quel voyage et dont j’avais épuisé la réserve, quand j’ai entendu parler de la vivianite.

La vivianite est un minéral décrit pour la première fois au début du XIXe siècle par un certain John Henry Vivian, propriétaire de mines de cuivre dans les Cornouailles : il a donné son nom, en toute modestie, à ces jolis cristaux bleus !

Ce minéral, classé dans la catégorie des « phosphates de fer d’origine secondaire », présente des nuances qui oscillent entre le gris, le bleu foncé et le bleu-vert. Il se forme par la modification de dépôts de minerai de fer proches de la surface, ou à partir de phosphates. Des cristaux de vivianite peuvent être observés dans des coquillages fossiles, comme les bivalves ou les gastropodes. Ses lames cristallines très fines sont presque transparentes. 

La vivianite n’est pas utilisée en joaillerie, car elle est trop fragile. Sous terre, elle est transparente et s’oxyde à l’air en prenant ses belles nuances.

Elle est utilisée en lithothérapie comme pierre de guérison : on dit que sa transparence favorise la force vitale et soutient le chakra du coeur.

On trouve ce minerai en Ukraine, Namibie, Cameron, Angleterre, Colorado ou Japon. Mon échantillon provient de Russie.  Je le trouve plus gris que bleu. Je l’ai ajouté à mon nuancier, mais ne peux encore rien dire sur ses qualités, à l’usage. Ce sera plus tard l’objet d’une suite à cet article. Pour l’instant, je le dédie à mon amie Viviane…

Article du 30 juin 2020


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Lire dans le bleu du ciel…

La couleur bleue du ciel résulte de la diffusion de la lumière solaire par l’atmosphère. Si celle-ci n’existait pas, la voûte céleste serait noire et les étoiles visibles en plein jour.

En juillet 2013, Malbaie, Charlevoix

La lumière du soleil contient toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Elle voyage sous forme d’ondes d’une longueur spécifique à chacune. 

La lumière se déplace en ligne droite jusqu’à ce qu’un obstacle la renvoie dans une autre direction. Ainsi, les rayons solaires entrent dans l’atmosphère et rencontrent les molécules d’air, les gouttes d’eau et la poussière… Les molécules d’air ont la dimension idéale pour diffuser le violet, l’indigo bleu ou le vert alors qu’elles limitent la propagation du rouge. Plus il y a de gouttes d’eau et de poussière, plus la diffusion favorise le vert et le jaune, donnant une nuance plus claire au bleu. 

Le mélange de ces tonalités farde le ciel d’infinies nuances bleues qui colorent nos songes et les palettes des peintres. 

Les tonalités de bleu varient aussi selon les saisons et les conditions météorologiques. Le bleu, plus intense dans les hautes pressions du printemps et de l’automne, s’affaiblit le reste de l’année. 

L’intensité de la couleur bleue s’accroît en fonction de l’altitude ; l’absence de poussière et de gouttes d’eau permet à la radiation bleue de se renforcer comme c’est le cas en haute montagne, procurant cette plénitude particulière.

Dans les plaines, le bleu foncé, lié à une bonne visibilité, indique un temps instable. Un bleu moyen, clair ou lumineux, laisse présager la persistance du beau temps. Un passage graduel du bleu au blanc ou gris, lié à de la brume, annonce un changement de temps. On pourrait apprendre à lire dans le bleu du ciel ! 

Cet article a été l’objet d’une émission sur RCF Isère le 30 avril 2012 ; il constitue le chapitre 35 du livre, Bleu intensément .

Article du 26 juin 2020


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Une visite de mon atelier (5)

OLYMPUS DIGITAL CAMERA« Ma palette fraîchement arrangée et brillante du contraste des couleurs suffit pour allumer mon enthousiasme » écrivait Delacroix (on peut relire l’article sur Les palettes de Delacroix). Pour moi, je crois que c’est pareil. La vue des couleurs, celles des pigments comme celles des fleurs du jardin, suffit à me remplir le cœur de joie. Je connais chacun de mes pigments, leur origine, leur texture, leur façon de bien se mélanger ou non avec d’autres

Mais que sont exactement ces pigments ? Un pigment est tout simplement une substance colorée et colorante, naturelle ou artificielle. Depuis l’Antiquité, les pigments broyés sont utilisés en peinture, mélangés avec un liant à l’œuf, de la gomme arabique ou de la cire. Le  procédé le plus utilisé pour la peinture de l’icône est la tempera (détails ici ou là)

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ocres

Les pigments d’origine naturelle me rappellent des voyages réels ou imaginaires. Ils sont de différentes natures. Dans la peinture de l’icône, on utilise principalement des terres argileuses comme l’ocre rouge et l’ocre jaune. Ce sont les deux stars de nos palettes, les deux couleurs qu’on utilise le plus, les « basiques » pourrait-on dire. Mais cela ne suffit pas d’en citer deux, car en réalité il existe une infinité de nuances d’ocre rouge ou d’ocre jaune, selon leur lieu d’origine. On peut aussi citer toutes les terres vertes, terres d’ombre, terres d’ici et de partout, terres des bords d’un volcan, des bords chantants d’un ruisseau ou d’une plage exotique…

 

J’aime aussi utiliser les pigments minéraux qu’il faut rebroyer finement, comme le lapis lazuli, le turquoise ou la malachite (mon préféré). Ils sont généralement très coûteux car issus de pierres précieuses ou semi-précieuses et parfois toxiques comme le cinabre. Ils laissent souvent de petits grains, captant et reflétant la lumière : ils donnent une sorte de vibration, une musicalité à l’icône.

Nous avons aussi recours à des pigments d’origine animale (noir d’os, pourpre ou cochenille… ) ou végétale (indigo, pastel, noir de vigne… ). Mais à l’exception du noir, ils sont mal adaptés à la peinture de l’icône car manquant de stabilité (ils sont mieux adaptés à l’enluminure).

Bien sûr, on ne trouve pas forcément tout et, pour certaines couleurs, on recourt à des pigments de synthèse (vermillon, outremer… ). Certains procédés de fabrication sont connus depuis l’Antiquité (bleu égyptien… ). Quelques-uns sont toxiques, ou produisent des réactions chimiques : il convient de les utiliser avec parcimonie et prudence (les cadmiums par exemple).

J’ai travaillé particulièrement sur les pigments bleus et cela a donné lieu à trois années d’émissions puis à la publication de l’ouvrage Bleu, intensément. Vous pouvez retrouver sur ce site de nombreux articles à ce sujet. Encore une fois, c’est ma passion et je suis intarissable sur le sujet !

Terminons avec ces mots écrits en 2005 dans Un moineau dans la poche (p. 101)OLYMPUS DIGITAL CAMERA

« Les pigments, venus des quatre coins du monde, sont broyés finement. Les étiquettes sur les bocaux, l’infinie nuance des couleurs de terre sont autant de voyages et chaque couleur joue sa partition : terre de sienne naturelle, vert brentonico, rouge de Venise et rouge ercolano, cinabre de Chine, lapis-lazuli, limonite de Chypre, ocre jaune ou ocre rouge du Roussillon, oxyde rouge de Madras… Parfois, le voyage est long et imprévu : j’ai reçu en cadeau de petites bouteilles de pigment dénichées dans une arrière-boutique tenue par un vieux pope, à Athènes. J’ai été émue par les cheminements qui avaient conduit à cette improbable trouvaille, au fil des recommandations, d’une boutique à l’autre, à travers les ruelles d’un quartier populaire. Très fière, j’ai montré un jour ma trouvaille à un ami grec, qui a déchiffré une petite mention sur l’étiquette : les pigments étaient fabriqués par une grosse entreprise allemande ! J’achète maintenant la plupart de mes pigments dans le Roussillon où nous avons la chance d’avoir de magnifiques carrières. Nous nous y sommes promenés aussi, longtemps, dans une lumière accrue par les dénivelés et l’ocre de la terre. Les enfants ont joué à escalader en riant les versants abrupts et à dévaler dans la poussière. Ils se croyaient au Colorado (c’est d’ailleurs le surnom du lieu !). Leurs vêtements ont gardé longtemps la trace de ces couleurs. Les pigments mélangés au creux de ma main, ou dans le petit godet de céramique résonnent parfois de leurs rires. » p. 101

Article du 13 avril 2020

 


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Le bleu de smalt

bleu de smaltJe n’avais pas encore parlé du bleu de smalt, un pigment qui se présente comme un bleu de transition entre les bleus précieux tels l’azurite et le lapis-lazuli, et les bleus synthétiques qui apparaissent au XVIIIe siècle. Le bleu de smalt, issu d’une pierre noire travaillée et mélangée, produit le bleu de la verrerie syrienne, des céramiques iraniennes, des mosaïques et porcelaines, avant de devenir la couleur préférée de Léonard de Vinci. Il s’agit d’un silicate double de potasse et de cobalt, fabriqué à partir de verre coloré au cobalt puis broyé et utilisé comme matière colorante. On l’appelle aussi bleu de Saxe, bleu d’azur ou encore bleu Schneeberg. 

Le smalt apparaît en Occident au XVe siècle. Les qualités du smalt sont autrefois définies par le vocable feux. Les meilleures qualités sont appelées premiers feux et ainsi de suite jusqu’au quatrième feu. On trouve aussi la dénomination azur des quatre feux. 

Cette couleur remplace alors les bleus précieux, en particulier pour les ébauches ou les fonds. On lui doit la réalisation de nombreux ciels dans la peinture occidentale. Il est très prisé des peintres flamands et utilisé jusqu’au début du XIXe siècle. Sa tonalité transparente tend un peu vers le violet ; il n’est pas très facile à manier et sa stabilité laisse à désirer, surtout avec la peinture à l’huile, car il provoque des oxydations. Ainsi, des études conduites à propos des œuvres du peintre espagnol du XVIIe siècle, Murillo, dévoilent des ciels devenus gris avec le temps. Il utilisait le smalt, qui s’est irrémédiablement décoloré. 

Le bleu de smalt deviendra véritablement bleu de cobalt quand un chimiste réussira à fabriquer le pigment à partir du minerai de cobalt, en 1802. Et nous voilà prêts à entrer dans l’univers des pigments synthétiques ! 

Cet article est tiré d’une émission diffusée le 11 juin 2012 sur RCF Isère dans le cadre de la série « Tout en nuances » qui a duré pendant six années. Elle est présentée ici. L’article figure dans le livre « Bleu, intensément », chapitre 40.

Article du 14 août 2019


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L’ambivalence du bleu

OLYMPUS DIGITAL CAMERALe bleu, répertorié parmi les couleurs froides, est une couleur ambivalente, comme toutes les autres. Kandinsky, évoquant le bleu, précise : « En glissant vers le noir, il se colore d’une tristesse qui dépasse l’humain »(1).

Les qualités du bleu se transforment facilement en pièges, sources d’angoisse et de tourment. Au bleu d’azur diurne succède le bleu de la nuit peuplé d’ombres et tirant vers le noir. À la rêverie bleu clair et la clarté des lacs succède la nuit bleu sombre. Sous l’apparente douceur, le trouble s’installe, une obscurité. L’opacité bleutée habite la nuit, pénétrante, envahissante.

Le dictionnaire des symboles souligne : « Le bleu est la plus profonde des couleurs : le regard s’y enfonce sans rencontrer d’obstacle et s’y perd à l’infini, comme devant une perpétuelle dérobade de la couleur. Le bleu est la plus immatérielle des couleurs : la nature ne le présente généralement que fait de transparence, c’est-à-dire de vide accumulé, vide de l’air, vide de l’eau, vide du cristal ou du diamant. Le vide est exact, pur et froid. » (2)

Le bleu, dans ses connotations négatives, s’associe à l’ignorance, l’ennui et la mélancolie, la transparence d’un vide à combler. Le chanteur québécois, Michel Rivard, assimile la nostalgie à une « maîtresse inassouvie aux yeux trop bleus ».

Les Égyptiens et beaucoup d’autres peuples ont relié le bleu à la mort. Chez nous, cette connotation s’immisce parfois, portée par l’idée du passage de l’autre côté du miroir, de la traversée, de la transformation et de la métamorphose.

Dans l’icône de La Transfiguration, le Christ est revêtu d’un vêtement blanc d’une lumière étincelante. Il contraste avec la mandorle, sorte de nuée lumineuse bleue, sombre en son centre. Le Christ, la lumière selon les paroles de saint Jean (Jn 1, 5), semble jaillir des ténèbres.

1. KANDINSKY Wassily, op. cit. p. 17.
2. CHEVALIER Jean et GHERRBRANT Alain, Dictionnaire des symboles – « Mythes, rêves, coutumes, gestes, formes, figures, couleurs, nombres », éd. Jupiter/Robert Laffont, Paris, 1969.

Cet article a été l’objet d’une émission sur RCF Isère le 26 décembre 2011 ; il constitue le chapitre 18 du livre, Bleu intensément .

Article du 18 juillet 2019


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Bleu et rouge

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Détail d’une icône en cours…

Après la longue domination du rouge, le bleu fait irruption dans l’imaginaire et l’art occidental à partir du XIIe siècle. Le rouge et le bleu deviennent alors deux couleurs à appréhender en opposition l’une à l’autre. Quand la première évoque le monde divin, la seconde renvoie à l’humanité, et inversement. La dualité s’installe durablement dans notre inconscient ; le robinet affiche deux couleurs et nous ne nous y trompons pas : côté bleu pour le froid, côté rouge pour le chaud ! L’icône du Christ témoigne de la symbolique qui réunit le rouge et son autre versant, le bleu. Le Christ revêt le plus souvent une robe rouge, alors qu’un ample manteau bleu, aussi appelé himation, est posé sur ses épaules. Les deux couleurs utilisées de façon distincte, sans être mélangées, expriment « les deux natures du Christ à la fois Dieu et homme, sans mélange ni confusion », selon les déclarations des conciles.

On constate la même opposition chez les anges. Les séraphins, anges immatériels à six ailes, brûlant d’amour, de chaleur et de lumière, tout près du feu divin, sont revêtus de rouge. Les chérubins, représentant la science et la sagesse, sont figurés en bleu. L’archange Michel, guerrier, chef des armées célestes, porte des vêtements à dominante rouge tandis que Gabriel, le doux, le messager, l’annonciateur des bonnes nouvelles, est paré de teintes douces et de transparences déclinées dans des variations de bleu.

Ainsi, dans le langage pictural, le bleu s’écoule tel un fleuve, tandis que le rouge jaillit, fougueux. Ces deux couleurs posées côte à côte traduisent les aspects contraires d’une même réalité.

Cet article a été l’objet d’une émission sur RCF Isère le 11 décembre 2011 ; il constitue le chapitre 9 du livre, Bleu intensément .

Article du 12 juillet 2019


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Le bleu égyptien, premier bleu synthétique

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pigment bleu égyptien

Non seulement les Égyptiens maîtrisent l’usage de l’azurite, mais à la même époque, aux alentours de 2500 avant J.-C., ils parviennent à mettre au point le premier pigment synthétique de l’Histoire : un bleu qui restera gravé dans les mémoires sous le nom de bleu égyptien, couleur connue aussi sous l’appellation fritte de bleu égyptien.

En regard du bleu obtenu à partir de l’azurite, il s’avère moins coûteux, plus clair et offre une meilleure tenue à la lumière.

Le bleu égyptien est un silicate de calcium cuivre fabriqué à partir de verre coloré au cuivre et broyé en fine poudre. La recette se répand à travers le monde antique. Les Romains l’appellent bleu d’Alexandrie ou parfois cæruleum. Vitruve, architecte romain du Ier siècle avant J.-C. le mentionne dans son traité De architectura, écrit vers 15 avant J.-C. et dédié à l’empereur Auguste.

On imagine que cette couleur provient de l’artisanat antique de la poterie associé à la maîtrise de l’art du feu. Le composé bleu est obtenu après cuisson dans les fours de potiers, à partir de silice, de calcaire, de cuivre et d’autres éléments récoltés dans la région avant d’être mélangés en proportions variables. Aussi devait-il y avoir bien des surprises au moment d’en découvrir la tonalité, en fin de cuisson : un riche éventail de nuances allant du bleu-vert au bleu-brun. La composition chimique du bleu égyptien évolue au cours du temps. On ne peut s’empêcher de penser à ces magnifiques objets antiques d’un bleu tirant sur le vert. On ne sait pas trop pourquoi l’utilisation de ce pigment et sa technique de fabrication disparaissent dans le souvenir du passé, au cours du Moyen Âge.

Cet article a été l’objet d’une émission sur RCF Isère le 24 octobre 2011 ; il constitue le chapitre 9 du livre, Bleu intensément .

On peut lire aussi l’article ici en complément.

Article du 8 juillet 2019


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« Bleu, intensément » (émission du 29 août)

Et voilà la reprise des émissions Tout en nuances sur RCF Isère (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10). Pour l’année 2016/2017, et après trois années passées avec la couleur bleue, un an et demi avec le rouge et quelques mois avec le rose, je vous propose de découvrir une nouvelle couleur : ce sera le vert. L’ensemble des émissions est présenté sur ce site à la rubrique « autour de l’icône/émissions de radio ».

Couv-3aout - copieLa traversée sur l’océan des couleurs a commencé en août 2011 avec la première émission de Tout en nuances. Trois années se sont écoulées à effeuiller les subtilités de la couleur bleue, son histoire mouvante et sa symbolique. J’ai interrogé la qualité des pigments, leur histoire, leur utilisation dans les rituels et dans la peinture, puis partagé avec mes élèves et les auditeurs. Dans le murmure des vagues, j’ai entendu l’amour des peintres pour cette couleur, et quelquefois leur peur…

C’était comme l’invention d’une palette aux nuances infinies, déclinaison inachevée. Il y eut aussi ces photos des îles de bleu et de vent, des Açores aux îles de la Madeleine et celles de terres glacées d’un silence juste habité d’un air de blues. Le cycle d’émissions s’est terminé par une petite enquête. La question posée était : « quelle est la couleur de votre âme ? » Les réponses furent poétiques, profondes, sensibles… et comme je m’y attendais… largement teintées de bleu !

Couv-versot- copie - copieJ’ai continué mes recherches, présenté mes pigments, essayé chaque nouvelle nuance sur mes icônes puis exposé plusieurs fois dans la région1 le résultat de mon travail et de ma passion : tout cela m’a semblé tellement riche ! J’ai croisé des personnes, des auditeurs ou des élèves qui m’ont parlé de la couleur bleue comme d’une fidèle compagne. De ce voyage parfois inattendu est né un livre, réalisé tout le printemps dernier et achevé cet été, avec l’aide de la talentueuse graphiste Ewa Maruszewka. Il « sort » pour cette rentrée, alors que nous embarquons pour un nouveau voyage à travers les nuances et la singularité de la couleur verte. J’espère que vous vous régalerez à le lire comme je me suis régalée à l’écrire, que vous vous plongerez vous aussi dans les nuances de bleu, leur histoire, leur étonnante diversité et que vous rêverez, en laissant votre imagination naviguer sur l’océan réconfortant des couleurs !

Pour trouver les points de vente, cliquer ici.
Émission en podcast ici.

Le livre a été présenté de façon détaillée fin août dans l’Édition locale sur RCF Isère. Podcast ici.

  1. Église de Montaud (septembre 2014), Notre-Dame-des-Neiges à Susville (octobre 2014), Casamaures (avril à juin 2016).

Article du 29 août 2016


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« Bleu, intensément »

Bon commandeUne traversée sur l’océan du bleu a commencé le 20 août 2011 avec la première émission de Tout en nuances sur RCF Isère. Trois années se sont écoulées à effeuiller les subtilités de la couleur bleue, son histoire mouvante et sa symbolique.

J’ai interrogé la qualité des pigments, leur histoire, leur utilisation dans les rituels et dans la peinture. Dans le murmure des vagues, j’ai entendu l’amour des peintres pour cette couleur, et quelquefois leur peur…

C’était comme l’invention d’une palette aux nuances infinies, déclinaison inachevée. Il y eut aussi ces photos des îles de bleu et de vent, des Açores aux îles de la Madeleine et celles de terres glacées d’un silence juste habité par un air de blues, au loin…

Le cycle d’émissions s’est terminé par une petite enquête. La question posée était « quelle est la couleur de votre âme ? » Les réponses furent poétiques, profondes, sensibles… et comme je m’y attendais… largement teintées de bleu !

J’ai complété ma collection de pigments bleus à la recherche de la nuance, cette si légère différence, ce pas de côté, cette délicatesse qui enchante et console. Je les ai essayés un à un, sur les icônes et les nuanciers, taraudée par l’idée de les présenter dans leur transparence. Avec l’aide de deux amies, Anne1 et Isabelle2, j’ai conçu L’Arbre aux pigments bleus3.

Et voilà, l’enthousiasme ne m’a pas quittée et Bleu, intensément, sera la trace de ce « voyage en douce » dans le bleu…

Le livre sortira en septembre, réalisé en collaboration avec la talentueuse graphiste Ewa Maruszewska, 128 pages couleur, 20 €.

Vous pouvez le réserver dès maintenant (et jusqu’à fin août) au prix de 18 € (envoi sans frais de port). Il suffit de reproduire le bon de commande (imprimer ou recopier les informations) et d’envoyer un chèque libellé à mon nom, 3, impasse Chante-Briquet, le village, 38560 Champ-sur-Drac.

1. Anne Brugirard, Atelier Montfollet www.atelier-montfollet.com
2. Isabelle Jacquet www.isabelle-jacquet.com
3. L’Arbre aux pigments bleus  à été présenté lors d’expositions avec des icônes, des vitraux et d’autres œuvres : à l’église de Montaud, à l’église Notre-Dame-des-Neiges à Susville et dans cet endroit bleu et magique qu’est la Casamaures de Grenoble.

N.B. : il est toujours possible de commander les autres ouvrages à retrouver en cliquant ici.

 

L'arbre aux pigments bleus

L’Arbre aux pigments bleus

Article du 7 avril 2016