Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes


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« Bleu, intensément » (émission du 29 août)

Et voilà la reprise des émissions Tout en nuances sur RCF Isère (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10). Pour l’année 2016/2017, et après trois années passées avec la couleur bleue, un an et demi avec le rouge et quelques mois avec le rose, je vous propose de découvrir une nouvelle couleur : ce sera le vert. L’ensemble des émissions est présenté sur ce site à la rubrique « autour de l’icône/émissions de radio ».

Couv-3aout - copieLa traversée sur l’océan des couleurs a commencé en août 2011 avec la première émission de Tout en nuances. Trois années se sont écoulées à effeuiller les subtilités de la couleur bleue, son histoire mouvante et sa symbolique. J’ai interrogé la qualité des pigments, leur histoire, leur utilisation dans les rituels et dans la peinture, puis partagé avec mes élèves et les auditeurs. Dans le murmure des vagues, j’ai entendu l’amour des peintres pour cette couleur, et quelquefois leur peur…

C’était comme l’invention d’une palette aux nuances infinies, déclinaison inachevée. Il y eut aussi ces photos des îles de bleu et de vent, des Açores aux îles de la Madeleine et celles de terres glacées d’un silence juste habité d’un air de blues. Le cycle d’émissions s’est terminé par une petite enquête. La question posée était : « quelle est la couleur de votre âme ? » Les réponses furent poétiques, profondes, sensibles… et comme je m’y attendais… largement teintées de bleu !

Couv-versot- copie - copieJ’ai continué mes recherches, présenté mes pigments, essayé chaque nouvelle nuance sur mes icônes puis exposé plusieurs fois dans la région1 le résultat de mon travail et de ma passion : tout cela m’a semblé tellement riche ! J’ai croisé des personnes, des auditeurs ou des élèves qui m’ont parlé de la couleur bleue comme d’une fidèle compagne. De ce voyage parfois inattendu est né un livre, réalisé tout le printemps dernier et achevé cet été, avec l’aide de la talentueuse graphiste Ewa Maruszewka. Il « sort » pour cette rentrée, alors que nous embarquons pour un nouveau voyage à travers les nuances et la singularité de la couleur verte. J’espère que vous vous régalerez à le lire comme je me suis régalée à l’écrire, que vous vous plongerez vous aussi dans les nuances de bleu, leur histoire, leur étonnante diversité et que vous rêverez, en laissant votre imagination naviguer sur l’océan réconfortant des couleurs !

Pour trouver les points de vente, cliquer ici.
Émission en podcast ici.

Le livre a été présenté de façon détaillée fin août dans l’Édition locale sur RCF Isère. Podcast ici.

  1. Église de Montaud (septembre 2014), Notre-Dame-des-Neiges à Susville (octobre 2014), Casamaures (avril à juin 2016).

Article du 29 août 2016


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« Bleu, intensément »

Bon commandeUne traversée sur l’océan du bleu a commencé le 20 août 2011 avec la première émission de Tout en nuances sur RCF Isère. Trois années se sont écoulées à effeuiller les subtilités de la couleur bleue, son histoire mouvante et sa symbolique.

J’ai interrogé la qualité des pigments, leur histoire, leur utilisation dans les rituels et dans la peinture. Dans le murmure des vagues, j’ai entendu l’amour des peintres pour cette couleur, et quelquefois leur peur…

C’était comme l’invention d’une palette aux nuances infinies, déclinaison inachevée. Il y eut aussi ces photos des îles de bleu et de vent, des Açores aux îles de la Madeleine et celles de terres glacées d’un silence juste habité par un air de blues, au loin…

Le cycle d’émissions s’est terminé par une petite enquête. La question posée était « quelle est la couleur de votre âme ? » Les réponses furent poétiques, profondes, sensibles… et comme je m’y attendais… largement teintées de bleu !

J’ai complété ma collection de pigments bleus à la recherche de la nuance, cette si légère différence, ce pas de côté, cette délicatesse qui enchante et console. Je les ai essayés un à un, sur les icônes et les nuanciers, taraudée par l’idée de les présenter dans leur transparence. Avec l’aide de deux amies, Anne1 et Isabelle2, j’ai conçu L’Arbre aux pigments bleus3.

Et voilà, l’enthousiasme ne m’a pas quittée et Bleu, intensément, sera la trace de ce « voyage en douce » dans le bleu…

Le livre sortira en septembre, réalisé en collaboration avec la talentueuse graphiste Ewa Maruszewska, 128 pages couleur, 20 €.

Vous pouvez le réserver dès maintenant (et jusqu’à fin août) au prix de 18 € (envoi sans frais de port). Il suffit de reproduire le bon de commande (imprimer ou recopier les informations) et d’envoyer un chèque libellé à mon nom, 3, impasse Chante-Briquet, le village, 38560 Champ-sur-Drac.

1. Anne Brugirard, Atelier Montfollet www.atelier-montfollet.com
2. Isabelle Jacquet www.isabelle-jacquet.com
3. L’Arbre aux pigments bleus  à été présenté lors d’expositions avec des icônes, des vitraux et d’autres œuvres : à l’église de Montaud, à l’église Notre-Dame-des-Neiges à Susville et dans cet endroit bleu et magique qu’est la Casamaures de Grenoble.

N.B. : il est toujours possible de commander les autres ouvrages à retrouver en cliquant ici.

 

L'arbre aux pigments bleus

L’Arbre aux pigments bleus

Article du 7 avril 2016


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Le rose est-il féminin ? (émission du 21 mars)

hortensia roseTout en nuances sur RCF Isère (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10).

Après trois années à décliner les nuances du bleu, nous nous sommes attardés sur son contraire symbolique : le rouge. Nous terminons cette deuxième année par sa petite sœur, le rose et nous voilà partis pour un printemps dans cette tonalité. Le rose, on l’a évoqué, est aujourd’hui associé au féminin. Mais comme tous les codes de couleur, cette habitude est assez récente.

Pendant longtemps, les vêtements de la plupart des enfants ne sont pas teints, car ce procédé trop coûteux, est réservé à une élite. Le rose, au Moyen Âge, est la couleur des princes, tel une étape vers le rouge, une façon d’adoucir, par l’adjonction de blanc dans le rouge, une couleur de feu, guerrière et royale, réservée aux adultes.

hortensia bleuOn raconte que Napoléon III et Eugénie choisissent le bleu pour Louis, leur fils unique afin de le placer sous la protection de la Vierge. On a vu comment, peu à peu, après le Moyen Âge, le manteau de la Vierge passe, en Occident, d’un mélange de rouge et bleu qui évoquait à l’origine la terre mère, à une couleur de plus en plus pastel tirant vers le bleu. Alors, selon les pays et les époques, les codes changent et rien ne fixe cette répartition jusqu’au XXe siècle : bleu pour les garçon et rose pour les filles.

Kandinsky écrivait déjà en 1910 à propos du rose: « Cette couleur, qui devient intense par la seule adjonction de blanc, est très appréciée pour les toilettes des jeunes filles. »

De triste mémoire, le triangle rose était imposé aux homosexuels masculins enfermés dans les camps de concentration. Ce symbole a été repris ensuite dans les communautés homosexuelles des années soixante-dix, avant d’être remplacé par l’arc-en-ciel dont la première version comportait une bande rose en plus des sept couleurs. Un ruban rouge a été l’emblème de la lutte contre le sida, ruban devenu rose pour soutenir la lutte contre le cancer du sein.

On s’en doute, les études scientifiques montrent qu’il n’y a rien d’inné ni d’immuable dans cette répartition entre un bleu attribué aux petits garçons et un rose attribuées aux filles. Il n’en demeure pas moins que c’est la connotation de douceur de cette couleur, qui par rebondissement, a donné ce qui n’est qu’un code social. Une chose est intéressante à souligner : dans les deux cas et quel que soit le code, l’adjonction de blanc à une couleur vive, rouge ou bleue, est attachée à l’enfance, à l’innocence, à la douceur…

 

  1. KANDINSKY Wassily, Du spirituel dans l’art, et dans la peinture en particulier, Folio essais.

Article du 21 mars 2016


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Casamaures, bleus et rêves d’Orient, 2 et 3 avril

casa bleuDans le cadre des Journées des métiers d’Art, Anne, Sibylle, Jean-Christophe et moi, aurons le plaisir de vous accueillir à la Casamaures les 2 et 3 avril de 14 h à 17 h.image002

Un article complet raconte la Casamaures ici et vous trouverez une autre petite présentation sur ma page expositions

Attention : étant donné la foire sur le parking relais de l’esplanade, nous vous conseillons vivement de prendre le tram E, arrêt Casamaures village.

JEMA casamaures 4

 

 

 

 


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Chagall, « je suis bleu » (émission du 4 novembre)

Pour la 3e année, je vous propose l’émission TOUT EN NUANCES tous les lundis à 8 h 35 et 11 h 10 sur RCF Isère.

Durant cette émission, j’effeuille les subtilités de la couleur bleue, l’histoire de cette couleur céleste ainsi que sa symbolique. J’évoque également l’évolution des goûts et des sensibilités, tout en interrogeant la qualité des pigments. Je glisse parfois aussi mes rêves de lumières bleues, de tableaux et de vagues.

Vous pouvez retrouver les titres de toutes les émissions passées en cliquant ici , puis écouter celle-ci en podcast à partir de lundi sur le site de RCF Isère.

Le lundi 4 novembre, nous commencerons un petit cycle sur Marc Chagall (1887 à 1985). C’est bien Chagall et le bleu, pour l’automne !

Si l’on cherche sur un moteur de recherche à réunir ses œuvres sur une seule page, une couleur domine, c’est peu dire, et c’est le bleu, que ce soit dans ses peintures, dans le choix des tesselles de ses mosaïques et peut-être encore davantage dans ses vitraux. Non seulement les œuvres ont une large dominante bleue, mais leur titre souligne encore cette omniprésence : Les Amants bleus, Le Violoniste bleu, Le Cirque bleu, Paysage bleu, Le Visage bleu… Il faudrait étudier presque toutes ses œuvres pour comprendre cet entêtement du bleu.

Chagall lui-même semble se voir en bleu et se serait écrié : « Pourquoi bleu ? Mais je suis bleu, comme Rembrandt était brun ». Ses autoportraits confirment cette sensation.

Autoportrait à la palette

Autoportrait au chevalet

Le plus parlant dans ce domaine est peut-être L’autoportrait au chevalet, tableau datant de 1914 et offert à son ami Ilya Ehrenbourg. L’artiste y est représenté tenant une palette, face à une toile à la texture très visible et au léger ramage bleu évoquant le ciel. L’artiste semble tourner la tête avec au visage un vague et étrange regard bleu ; il est vêtu d’une tout aussi étrange chemise ornée d’extravagants galons et semblant se refléter sur la toile du même bleu changeant. Où est le réel. Lequel reflète l’autre ? Cette main qui trace les formes bleues ? Ce regard qui part ailleurs ? Ce jeu de miroir ? Ces nuages aux tonalités bleues qui semblent à leur tour un reflet du ciel ?

Alexandre Kamenski, critique d’art spécialisé dans l’œuvre de Chagall, écrivit à propos de ce tableau : « la magie de la couleur donne son unité à cet apparent paradoxe. Je me souviens de la première impression que me fit cet autoportrait, qui demeura longtemps posé sur un chevalet au milieu du vaste salon de l’appartement moscovite d’Ilya Ehrenbourg. C’était comme un nuage, une brume bleue flottant au-dessus du tableau. L’espace environnant se colorait de cette lumière irréelle ».

Chagall lui-même fournit peut être une autre clé de compréhension à cet autoportrait lorsqu’il dit : « Mon art est peut-être un art insensé, un mercure flamboyant, une âme bleue jaillissant sur mes toiles ».

Article du 4 novembre 2013


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Verlaine et le bleu (émission du 21 octobre)

Pour la 3e année, je vous propose l’émission TOUT EN NUANCES tous les lundis à 8 h 35 et 11 h 10 sur RCF Isère.

Durant cette émission, j’effeuille les subtilités de la couleur bleue, l’histoire de cette couleur céleste ainsi que sa symbolique. J’évoque également l’évolution des goûts et des sensibilités, tout en interrogeant la qualité des pigments. Je glisse parfois aussi mes rêves de lumières bleues, de tableaux et de vagues.

Vous pouvez retrouver les titres de toutes les émissions passées en cliquant ici et écouter celle-ci en podcast sur le site de RCF Isère.

"Je ne crois qu'aux heures bleues
 et roses"

« Je ne crois qu’aux heures bleues
 et roses »

Le 21 octobre, nous évoquerons le poète Paul Verlaine (..). Son œuvre offre une dizaine de courts recueils écrits pour l’essentiel avant 1880. Il y cultive une tonalité mélancolique qui semble faite pour le bleu, une sorte de poésie impressionniste, nostalgique, bercée par ses états d’âme. J’ai trouvé par hasard un ouvrage collectif, une table des concordances rythmiques et syntaxiques de sa poésie. Il s’avère que Verlaine utilise au moins dix-huit fois le mot bleu dans ses poèmes. Presque à chaque fois, il associe l’adjectif bleu avec le mot ciel ou le mot infini. Une des strophes les plus connues est issue de recueil La Sagesse qui a été publié en 1881, et comprend des textes écrits en prison, ou juste après.

« Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme »

Écoutons encore, dans le recueil Chansons pour elle :

« Tu crois au marc de café,
Aux présages, aux grands jeux :
Moi je ne crois qu’en tes grands yeux.
Tu crois aux contes de fées,
Aux jours néfastes, aux songes.
Moi je ne crois qu’en tes mensonges.
Tu crois en un vague Dieu,
En quelque saint spécial,
En tel Ave contre tel mal.
Je ne crois qu’aux heures bleues
Et roses que tu m’épanches
Dans la volupté des nuits blanches !

 »

Une fois, Verlaine nomme une nuance : il est question du bleu de Prusse, mais la connotation est rude ; il s’agit de la couleur des yeux d’une dame, d ’yeux froids à l’éclat insolent et dur du diamant…

Article du 21 octobre 2013


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La pierre de turquoise

 

P1010588 - copieLa pierre de turquoise fascine depuis longtemps. Utilisée par les Égyptiens vers 6000 avant Jésus- Christ, elle incrustait de précieuses parures les riches sépultures.

Les mines de Nishapur, en Perse, sont connues pour l’excellente qualité de leurs turquoises, déjà mentionnées dans la région un ou deux siècles avant notre ère. En Inde et au Tibet, on l’emploie dans l’art et la bijouterie. Elle prend place partout, depuis les pendentifs jusqu’aux moulins à prières. En Europe, la turquoise devient populaire seulement après la Renaissance. 

En Amérique du Nord, les endroits propices à la turquoise sont connus des Indiens, bien avant l’arrivée des mineurs. Un commerce se développe avec les tribus de la côte Pacifique qui les échangent avec des coquillages. Cette pierre de prédilection des Indiens du Sud est maintenant travaillée par des artistes qui la transforment en bijoux magnifiques. La pierre est aussi employée dans certaines pratiques religieuses et comme monnaie d’échange. 

Les Navajos imaginent que la turquoise est un morceau de ciel tombé sur terre. Pour les Apaches, elle combine les esprits de la mer avec ceux du ciel pour aider guerriers et chasseurs. Les Zunis espèrent qu’elle les protège des démons. Les Aztèques réservent la turquoise à l’usage exclusif des dieux, la pierre ne pouvant être portée par de simples mortels. C’est encore elle qui orne la déesse du renouveau. 

La turquoise a toujours été considérée comme une pierre de vie et de bonne fortune et certaines médecines, indienne, chinoise ou tibétaine, lui attribuent des propriétés magiques ou curatives. Elle aurait le pouvoir de soigner les désordres gastriques, les hémorragies internes, les piqûres de serpents et de scorpions. Ce talisman, placé sur les paupières, préviendrait la cécité et protégerait des blessures accidentelles et de la folie. Peut-être… Toujours est-il que cette tonalité de la turquoise, qui hésite entre le bleu et le vert, réjouit, inspire et invite au voyage. 

Cet article est tiré d’une émission diffusée le 4 mars 2013 sur RCF Isère dans le cadre de la série « Tout en nuances » qui a duré pendant six années. Elle est présentée ici. L’article figure dans le livre « Bleu, intensément », chapitre 67.

On peut découvrir le pigment bleu turquoise ici, et une icône réalisée avec ce pigment

Article du 4 mars 2013 mis à jour le 22 mai 2020