Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes


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Saint Alexandre de Jérusalem

Saint Alexandre de Jérusalem, icône sur planche de tilleul creusée (15 x 20 cm)

Eusèbe de Césarée donne de son histoire quelques éléments biographiques parfois un peu confus, ce qui fait qu’on ne connaît de sa vie que des bribes. Ce qui est certain, c’est qu’Alexandre fut une personnalité importante dans l’Orient de son époque et qu’il côtoya d’autres personnages historiques majeurs.

Il est probable qu’Alexandre soit né en Cappadoce. Je n’ai rien trouvé sur son enfance. Il est l’élève de saint Clément d’Alexandrie (qui l’influence beaucoup et forme sa pensée), puis devient évêque en Cappadoce. Quand Clément est dépossédé de sa chaire, Alexandre lui propose l’hospitalité mais Clément doit très vite le remplacer, car Alexandre, accusé de prosélytisme, est emprisonné durant plusieurs années.

À sa sortie de prison, Alexandre envisage un pèlerinage en Terre sainte… dont il ne reviendra pas.

Vers 212, il accepte de seconder Narcisse, l’évêque centenaire de Jérusalem malmené par ses opposants ; c’est le premier exemple connu d’une fonction de coadjuteur. Finalement, à la mort de Narcisse, Alexandre lui succède. Il rencontre bien des difficultés pour que les fidèles judéo-chrétiens acceptent les fidèles d’origine païenne.

Vers 215, Origène (qui avait lui aussi été élève de Clément) est banni d’Alexandrie et Alexandre l’accueille, le reçoit dans son diocèse, l’ordonne prêtre et lui procure un asile paisible à Césarée où le grand penseur peut se consacrer à son immense oeuvre. Origène écrivait de son bienfaiteur : « Jamais je n’ai rencontré un évêque aussi doux et d’une telle bonté. »

Quant à Alexandre, son œuvre majeure est la réalisation de la grande bibliothèque de Jérusalem. Il réunit et conserve dans cette première grande bibliothèque chrétienne les ouvrages de valeur de l’époque pour contribuer à l’édification intellectuelle et spirituelle de sa communauté. Il est probable qu’Origène ait contribué à son enrichissement. Eusèbe y a travaillé au début du IVe siècle et grâce à elle, a pu rassembler la documentation qui permettra de réaliser son Histoire ecclésiatique.

Vers 250 (ou 251 ?) durant la persécution de Dèce, Alexandre retourne en prison à Césarée de Palestine où il meurt, « couronné d’une vigoureuse vieillesse et d’une vénérable chevelure blanche ».

Il est martyrisé et la légende embellit l’histoire : elle raconte qu’il a été jeté aux bêtes, mais que les fauves se sont allongés sur le sable de l’arène, certains venant lui lécher les pieds. Furieux, ses persécuteurs le ramenèrent en prison pour le faire périr.

Il est fêté le 18 mars en Occident et les 16 mai et 12 décembre en Orient.

Je retiens de ce personnage la grande bonté, le sens de l’accueil et la fidélité en amitié : son attachement à Origène durera tout le long de sa vie.

Article du 12 mai 2021