Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes


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Saint Léon le Grand (Léo)

Léo le Grand

Petite icône sur tilleul, 10 x 12 cm, 2019

Léon (ou Léo) naît en Italie mais ses origines et les détails de sa vie privée sont mal connus, comme son lieu de naissance controversé (Rome, la Toscane ?).

Il est pape de 440 à 461 (année de sa mort) et considéré comme docteur de l’Église catholique, un des trois à qui l’on adjoint le qualificatif de « Grand ».

Il joue assez vite un rôle de négociateur et sa réputation devient si grande qu’il est élu pape pendant une mission en Gaule. L’époque est troublée : ce sont les derniers temps de l’empire romain, assailli de toutes parts par les invasions barbares. Quant à l’Église, elle est dans une période où des formulations précises deviennent nécessaires pour argumenter face aux hérésies, qu’il s’agisse des monophysites ou des nestoriens.

Léon apporte son soutien à Flavien, le patriarche de Constantinople par une lettre dogmatique, le Tome à Flavien, qui sera la base de la définition du concile de Chalcédoine (451) quelques années plus tard : le Christ réunit en sa seule personne toute la nature divine et toute la nature humaine. Léon Ier fait triompher son point de vue et à la lecture de son Tome à Flavien, l’assemblée se lève, s’écriant : « C’est Pierre qui parle par la bouche de Léon ».

Le triomphe doctrinal est complet mais les difficultés politiques demeurent. Léon vit un échec avec un canon du concile qui affirme l’égalité de droit des sièges de Rome et de Constantinople. Pour Léon, c’est inacceptable car sa primauté s’enracine dans sa qualité de successeur de Pierre. Cette tension, source de conflits dans l’avenir, reste un moment contenue car Léon Ier est conscient de l’importance, pour la papauté, d’être présent à Constantinople.

Face au délitement du pouvoir impérial, Léon joue un rôle important. En 452, il sauve Rome des hordes d’Attila, mais ne peut empêcher le sac de Rome par les Vandales en 455. Il parvient quand même à négocier que la ville ne soit pas incendiée, qu’il n’y ait ni meurtres, ni viols, ni violences.

Dans un Occident très perturbé, il constitue une sorte de stabilité morale.

Nous possédons de lui 173 lettres, précieux documents sur la vie de l’Église et de la papauté. Il est le premier pape dont nous ayons les sermons, prononcés pour la plupart lors des grandes fêtes. D’une grande simplicité, clairs, souvent assez courts, ils exposent le mystère de la foi, préconisent le jeûne et la générosité et prêchent le dogme de l’Incarnation tel qu’il est défini par le concile de Chalcédoine.

Saint Léon a permis le premier missel qui, modifié, est devenu le Sacramentaire léonien, compilation de textes liturgiques des premiers siècles.

Fête le 10 novembre (cath.) 18 février (orth.)

Article du 9 mai 2019

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