Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes


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La Tara verte (émission du 9 janvier)

OLYMPUS DIGITAL CAMERALa Tara verte, Dölma Doljan en tibétain, est l’une des vingt et une formes de Tara, le bodhisattva féminin de la compassion. Rappelons que, dans le bouddhisme, le bodhisattva est un être accompli spirituellement, mais qui reste dans le monde, afin d’aider chacun à s’éveiller. Une forme de Tara, appelée Cittamani Tara, ou joyau qui exauce tous les vœux, est aussi assimilée à une protectrice de la végétation.

Tara est représentée assise en tailleur sur un fauteuil, entourée de riches décorations, en particulier de fleurs de lotus. Elle est torse nu et sa peau est verte. On parle de la sublime Tara au teint d’émeraude… Les mains, se présentent dans de gracieuses postures qui semblent dansées et font penser à la bénédiction. On dit qu’elle porte un cristal entre les deux yeux. Son emblème est la couleur verte, symbole d’espoir, et le lotus bleu à demi-ouvert.

Une de ses deux jambes est légèrement déployée, comme si elle était prête à se lever, à bondir dans l’instant pour aider celui qui l’appelle au secours. La couleur verte est associée à l’élan vers la vie et indique que Tara agit pour ceux qui l’invoquent avec la rapidité du vent, également de couleur verte dans la symbolique bouddhiste.

Quant à son geste de mains, il évoque la compassion, l’éveil et la bienveillance, tout comme la couleur verte ; tel est son rôle premier. La Tara verte intervient toujours pacifiquement et agit contre les menaces extérieures, énumérées de façon différente selon les régions et les périls qui y menacent les habitants : il peut s’agir, par exemple, des éléphants, des lions, des serpents ou du feu. En même temps, elle protège contre les dangers intérieurs ou spirituels tels que l’orgueil, la jalousie, la colère ou l’avarice.

La Tara verte est réputée pour la puissance que lui confèrent ses pouvoirs miraculeux, sa capacité à surmonter les situations difficiles, apportant protection et réconfort.

Ainsi, la Tara verte est l’archétype de notre sagesse intérieure, celle qui guide et protège ceux qui naviguent dans les profondeurs de l’inconscient. Elle aide à rester centré, à transformer nos voyages intérieurs et nos déséquilibres, pour prendre une route paisible vers la liberté. Bref, la Tara verte du bouddhisme est la salvatrice qui accompagne le retournement intérieur et la transformation spirituelle.

Cet article a été le support d’une émission hebdomadaire intitulée Tout en nuances et diffusée de septembre 2011 à juin 2017 sur RCF Isère : six années à effeuiller les subtilités des couleurs, leur histoire mouvante et leur symbolique sans oublier quelques incursions dans les choix des peintres et les mots des écrivains. On peut retrouver certains podcasts  ici

Article du 9 janvier 2017


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Le vert de l’Asie

img_0001_newEn Asie comme en Occident, la couleur verte, encore plus que toute autre, est très paradoxale. Ainsi, des rêves en vert témoignent de vitalité et d’énergie… mais si le vert devient omniprésent, il suggère la présence du danger, des forces sombres et peut-être de la mort. Le vert est la couleur de l’espérance, de le jeunesse, de la nature, de la vigueur, de la longévité, de l’équilibre, de l’harmonie et de l’immortalité : les divinités liées à la fertilité peuvent être vertes, alors que la couleur symbolise aussi l’acidité, la tromperie ou la perversité. Double langage de la couleur que nous connaissons bien désormais.

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Le vert est la couleur de l’eau et de l’élément bois, comme le rouge est la couleur du feu. Dans le même ordre d’idées, le vert serait plutôt féminin, couleur qui donne la vie, complémentaire du rouge : l’association entre les deux couleurs reflète l’équilibre entre le yin et le yang et la complémentarité entre l’humain et la nature. Le vert est aussi associé à la foudre. Il correspond en Chine au trigramme tch’en, la notion « d’ébranlement », de mise en mouvement, celui de la nature qui sursaute au début du printemps comme celui du tonnerre.

Dans le bouddhisme, le vert est la couleur du Bouddha Amoghasiddhi, un des cinq Bouddha de méditation et de sagesse. Il est relié au vent, au nord, à la nature et à l’été. Ce Bouddha vert représente le succès, l’efficacité, la carrière et la détermination. Quant aux drapeaux de prière verts, ils évoquent l’eau.

Le site bouddhiste d’Ajanta en Inde, date des tous premiers siècles et peut-être même avant pour certaines parties. Il est constitué d’un ensemble d’une trentaine de grottes recouvertes de peintures murales. Anjanta était un centre monastique et universitaire qui pouvait loger, et probablement inspirer, plusieurs centaines d’étudiants avec leurs professeurs.

Situé dans un ravin boisé, le site a été découvert en 1819 par les Britanniques lors d’une chasse au tigre. Les peintures murales, de qualité inégale, sont réalisées sur des supports secs avec une technique proche de la tempera. Les artistes ont utilisé essentiellement de la terre verte recueillie aux alentours du site, dans des mélanges qui l’associent parfois au lapis-lazuli, des dégradés et des camaïeux d’une très grande subtilité. Il semble qu’au moment de la découverte du site, les peintures montraient un bon état de conservation, mais depuis, les dégradations se sont amplifiées. Cet endroit magnifique et ces fresques en nuances de terre verte inspirent et s’inscrivent dans une tradition qui a influencé l’art des temples à travers l’Inde et L’Asie du sud-est pendant des siècles.

Cet article a été le support d’une émission hebdomadaire intitulée Tout en nuances et diffusée de septembre 2011 à juin 2017 sur RCF Isère : six années à effeuiller les subtilités des couleurs, leur histoire mouvante et leur symbolique sans oublier quelques incursions dans les choix des peintres et les mots des écrivains. On peut retrouver certains podcasts  ici

Article du 19 décembre 2016