Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes


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Carnets de peinture

Carnets de peinture

Après six années passées ensemble avec les couleurs, autour de l’émission Tout en nuances, je vous propose, chaque lundi à 11 h 05 sur RCF Isère (103.7),  une nouvelle série intitulée Carnets de peintures. Dans l’esprit du carnet de voyage, nous entrerons ensemble dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel ». Il concerne, entre autres, la peinture de l’icône, la fresque, l’enluminure, la calligraphie, la mosaïque, la taille de pierre, l’orfèvrerie ou le vitrail…

Pour simplifier, c’est un peu la « manière de peindre » des artistes médiévaux et byzantins, jusqu’à la Renaissance. Ils ont transmis techniques et pratiques à leurs élèves, par oral, ou en notant sur des carnets leurs recommandations. Elles sont des repères, des constantes, des témoignages sur la beauté, la continuité d’un langage symbolique, spirituel et parfois universel qui traverse le temps.

Je propose de construire cette nouvelle émission en m’appuyant particulièrement sur un ouvrage : le Manuel d’iconographie chrétienne grecque et latine qu’on appelle aussi Le Guide de la peinture, une compilation qui pourrait remonter au XIIe siècle. Bien sûr, j’aurai recours à d’autres textes, ici ou là, en particulier le Traité des divers arts du moine Théophile qui date du XIIe siècle ou Le livre de l’art de Cennino Cennini, peintre italien de la fin du XIVe siècle, ouvrage sur lequel je me suis souvent appuyée lors des émissions précédentes. S’y mêleront bien sûr mes réflexions et mon expérience quotidienne de peintre d’icônes, souvent partagée avec mes élèves. Nous suivrons ensemble un fil rouge qui mêlera technique ancienne – mais une technique ancienne s’avère parfois une superbe technique pour aujourd’hui – et sens spirituel ou théologique, enseignement pour la vie.

Les anciens ont beaucoup à nous apprendre : les aînés transmettent les racines qui nous permettent de nous ancrer et de grandir. À chacun de puiser ce qui lui parle et l’inspire. Artistes ou amateurs d’art, nous venons d’une longue histoire. Que notre art soit qualifié d’art sacré ou d’art profane, nous avons tant à recevoir, des techniques comme des attitudes des artistes du passé. Et puis, c’est un peu comme si nous prolongions leur œuvre, leur méditation, leur enthousiasme et leur recherche, leurs doutes parfois, en prenant joyeusement le relais qu’ils nous tendent, en saisissant le pinceau pour créer à notre tour.

Cet article a été le support d’une émission hebdomadaire intitulée Carnets de peinture et diffusée de septembre 2017 à juin 2019 sur RCF Isère. Dans l’esprit du carnet de voyage, l’émission nous faisait entrer dans les coulisses d’un art aujourd’hui bien vivant, qu’on peut appeler l’« art sacré traditionnel » (peinture de l’icône, fresque, enluminure, calligraphie, mosaïque, taille de pierre, orfèvrerie, vitrail…).  On peut retrouver certains podcasts  ici

Article du 4 septembre 2017


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Bleu, rouge et rose (émission du 5 octobre)

Bleu, rouge et rose, Malestroit juillet 2015 ©E.Lamour

Bleu, rouge et rose, Malestroit juillet 2015
©E.Lamour

Et nous revoilà dans Tout en nuances pour une nouvelle année  sur les couleurs avec RCF (103.7, chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10 environ). Après trois années passées avec le bleu, à décliner toutes les nuances et les résonances de la couleur, nous nous sommes attardés, l’an passé, sur son contraire symbolique : le rouge, couleur ambivalente entre toutes, couleur de feu, de passion, de colère mais aussi de créativité, d’inventivité et de force. Pour cette première émission de l’année scolaire, voici un court panorama de notre voyage dans les couleurs.

Nous avons déjà parcouru une partie de l’histoire des pigments rouges, une des premières couleurs, utilisées, appréciées et maîtrisées dans la peinture, comme dans la teinture ou la céramique. Allant de la terre rouge au carmin en passant par la pourpre, la garance, le cinabre et bien d’autres tonalités, comme le bois-brésil, nous avons évoqué le travail des enlumineurs, des peintres d’icônes et des potiers, pour terminer l’année par le rouge dans la peinture russe. Nous avons vu le mot rouge se confondre avec le mot « couleur » au point de ne faire qu’un, en Russie, avec le terme de « beauté ».

Il suffit de penser à l’étymologie pour s’en convaincre. Le mot latin coloratus, qui signifie « coloré », a très vite été assimilé à « foncé », puis à rouge. Par extension, le mot colorado en espagnol signifie « de couleur rouge ». C’est pourquoi il a été utilisé dans des contrées de terres et de rivières rouges, pour donner son nom à un fleuve et à un état des États-Unis : le Colorado. On utilise d’ailleurs le même terme pour toutes ces régions qui présentent d’abruptes et somptueuses parois rouges dont on tire une partie de nos pigments naturels, je pense au Colorado provençal. Par extension encore, le terme coloratur s’applique à la voix, nous l’évoquerons la semaine prochaine.

Nous reprendrons l’année, avec Kandinsky et ses considérations sur les couleurs. Puis nous parlerons des peintres du XXe siècle et de quelques nouveaux thèmes, avant de nous attarder sur une autre couleur, la petite sœur du rouge, je veux parler du rose, la couleur de l’enfance.

Alors, puisque les studios de RCF ont changé de couleur et se déclinent désormais dans diverses nuances de rouge, de rose et d’orangé, souhaitons à tous que nos révoltes et nos souffrances se transforment en ce rouge pétillant de l’enthousiasme et de la « joie qui se partage ».

Programme détaillé : cliquer ici.

Article du 5 octobre 2015