Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes


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Dessiner un visage de 3/4 sur une icône

Comme chaque matin, avant de prendre le pinceau, je réponds aux messages de mes élèves qui me demandent de l’aide pour une correction ou un choix de modèle. La question porte si souvent sur la construction du visage de 3/4 que, ce matin, j’ai rédigé cette petite fiche.

Lors de mon apprentissage, il y a maintenant presque trente-cinq ans, j’avais appris une méthode assez compliquée. Longtemps je m’y suis référée, mais j’ai réfléchi, pour mes élèves, à une méthode simplifiée, plus facile à mémoriser.

L’approche du dessin que je préconise consiste à partir d’un dessin au crayon « à main levée » qui s’appuie sur le modèle choisi, puis à vérifier avec le compas que les proportions sont correctes. Peu à peu, elles s’impriment en nous et deviennent de plus en plus « justes », sans avoir besoin d’y penser…

Voici donc quelques recommandations :

Les modules, les deux centres

Le module de base est le même que pour construire un visage de face : la longueur du nez, depuis le petit triangle en haut du nez (repère vert) jusqu’au bout du nez constitue la base (le module 1).

Le premier cercle n’est pas tracé dans le cas du 3/4, mais correspond au regard (la signification est grande, voir ici) ; il est centré sur la marque verte. En doublant le module, on obtient l’emplacement du bas du menton (pas besoin de tracer le cercle). Au lieu d’aligner le nez et la bouche au moyen d’une ligne droite, on aligne sur une courbe (en rouge).

Ensuite, on déplace le centre le long du sourcil (repère rose) et on trace le volume du bonnet ou de la chevelure avec un cercle de rayon 2 modules (sachant que la chevelure est parfois un peu en retrait par rapport à ce cercle) . En gardant le même centre (rose), on trace un cercle concentrique de rayon 3 modules pour obtenir le nimbe (ou auréole) ; du moment que le centre reste le même, on peut donner davantage d’ampleur au nimbe si on le souhaite.

Les points importants de cette construction sont :

Dessin de « presque » face
  • l’arrondi de l’axe du nez à la bouche (sinon le personnage semble faire la moue). 
  • le deuxième centre (rose) est posé sur le sourcil de façon plus ou moins proche du premier centre (vert) selon que le 3/4 est plus ou moins affirmé. Bien remarquer que les visages sont rarement représentés complètement de face ; la plupart du temps, il s’agit d’un très léger 3/4 avec un deuxième centre très proche du premier comme sur le visage du Christ ici dessiné. 
  • bien garder le même centre (rose) pour l’arrondi du bonnet ou de la chevelure et celui du nimbe, car visuellement quand les couleurs seront posées, la correspondance des ces deux arrondis apparaîtra très nettement.
  • veiller à ce que l’oreille ne descende pas plus bas que le bout du nez.

Alors, à vos compas et à vos modèles ! 

On peut compléter cet article avec celui intitulé : l’étape du dessin de l’icône

Article du 28 mars 2022


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Sainte Colombe

Sainte Colombe, icône sur tilleul 12 x 15 cm, 2022

Voilà encore un hasard des calendriers ! L’icône de sainte Colombe m’a été demandée il y déjà plusieurs mois, pour la naissance, puis le baptême d’une petite Colombe. Finalement, la commande a été retardée mais l’intention était tenace, et j’ai commencé à travailler sur ce modèle juste au moment où les grondements de guerre en Ukraine s’intensifiaient ! Alors représenter une colombe de la paix avait vraiment du sens. Pourtant, je dois l’avouer, je n’ai pas trouvé beaucoup de représentations de sainte Colombe portant une colombe à l’exception d’un vitrail à l’église de Chevilly-Larue (94) et de quelques représentations naïves ; je devais m’inspirer du vitrail de l’église de Saoû (26), mais les amis envoyés pour le photographier ont trouvé porte close. Les commanditaires de l’icône avaient opté pour une représentation de la sainte portant la colombe, et j’ai suivi cette voie. En revanche, j’ai découvert que, la plupart du temps, sainte Colombe n’est pas représentée avec une colombe mais avec un ours à ses pieds ! Pourquoi un ours ? La légende raconte que Colombe, ayant refusé de renier sa foi, aurait été emmenée dans l’arène de Sens avec trois de ses compagnons. Là, un soldat aurait tenté de la violer et un ours l’aurait protégée en attaquant son agresseur !

Voilà ce qu’on sait de sainte Colombe (je n’ai trouvé aucune mention dans La Légende dorée) : elle naît en 257 près de Saragosse et quitte son pays, très jeune, à cause des persécutions. Avec quelques fidèles (dont les saints Béate, Sandrine et Augustin), elle part sans rien, et prend le chemin de la Gaule. Des maisons bienveillantes les accueillent, entre autres à Vienne, où elle reçoit le baptême.

Elle se rend ensuite dans la région de Sens où existe une forte communauté chrétienne à laquelle elle se joint. Colombe est décrite comme un modèle de pureté et de courage, défendant sa foi et décidée à conserver sa virginité, pour se consacrer entièrement au Christ.

Elle meurt martyre le 31 décembre 274 à Sens (lieu dit : Fontaine d’Azon).

Dès le VIIe siècle, un monastère est fondé sur son tombeau à Saint-Denis-lès-Sens, lieu présumé de son martyr. Elle fut très honorée au Moyen Âge (surtout à Paris) ; aux siècles suivants, son tombeau fut transporté à l’abbaye de Sens.

Aujourd’hui un pèlerinage a lieu tous les ans au mois de juillet dans l’église qui se trouve sur son tombeau.

La légende de sainte Colombe, martyre décapitée pour sa foi par le fils de l’empereur Aurélien, est décrite dans le roman de Mireille Calmel, La Fille des Templiers

Fête le 31 décembre

Article du 3 mars 2022