Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes


2 Commentaires

Une visite de mon atelier (3)

Continuons la visite de mon atelier en examinant chacun des objets posés sur mon bureau. J’ai consacré le dernier article au choix des modèles. Une fois le modèle sélectionné et bien compris, admiré, chacun refait un dessin en respectant certaines règles de construction et de symbolique immuables. Ainsi, le modèle suit sa route et prend son empreinte personnelle, s’habillant d’imperceptibles penchants (1). Quand le dessin nous semble satisfaisant, nous le décalquons afin de disposer d’un support stable, en vue des opérations successives qui suivront. Cette pratique, contrairement à ce qu’on peut imaginer, est très ancienne.

On peut relire ces articles sur le calque ici et  (les méthodes ancestrales pour fabriquer le calque).

On passera ensuite à l’arrière du calque un pigment ocre rouge selon d’autres méthodes ancestrales, la sinopia ou le poncif,  décrits ici.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAJe profite de cette courte visite d’aujourd’hui pour vous présenter quelques petits objets indispensables, qui restent toujours à portée de main.

– un « pont », c’est-à-dire un support en bois qui permet de peindre au-dessus de nos surfaces longues à sécher, surtout quand on travaille comme on le fait dans mon atelier à « la goutte », donc à plat. Celui-ci a été réalisé par Claude, un ancien élève de l’atelier d’icônes passionné par la marqueterie. On peut tout à fait en fabriquer de rudimentaires qui font très bien l’affaire.

– le poinçon qui sert à repasser les contours établis sur le calque ou à graver les contours des surfaces qui recevront l’or.

– un petit couteau pour racler tous les débordements (or, surépaisseur de pigment…) , réalisé spécialement par Jean-Marc « de Tahiti ».

– la spatule qui sert à bien écraser les pigments qui sont livrés en poudre, puis mélangés à la préparation à base de jaune d’œuf.

– des petites coupelles en verre réalisées par mon amie Isabelle Baeckeroot 

Cet article s’insère dans une petite série intitulée « une visite de mon atelier » :
– 1. la lumière
– 2. le choix du modèle

(1) j’ai toujours été troublée de constater, lorsque j’animais des stages de débutants, de voir qu’en s’inspirant du même modèle, les mêmes consignes, les mêmes corrections… chacun donnait à son travail, bien involontairement, un caractère personnel (le secret de nos âmes).

Article du 3 avril 2020


4 Commentaires

Une visite de mon atelier (2)

OLYMPUS DIGITAL CAMERAContinuons la visite de mon atelier (1). Vous pouvez remarquer  sur la photo trois modèles correspondant à l’icône sur laquelle je suis en train de travailler (au premier plan, à peine ébauchée).

Comment cela se passe-t-il, en pratique, lors d’une commande d’icône ? 

L. et B., un jeune couple sont venus me rendre visite un soir d’hiver dans mon atelier, souhaitant une petite icône pour la placer dans leur coin prière, mais sans idée précise de modèle. Nous avons regardé ensemble des livres et toute une documentation afin de mieux cerner leurs goûts et leurs attentes. Ils m’ont dit en toute simplicité ce qui leur plaisait ou non, dans les icônes accrochées dans l’atelier. J’ai cherché à les guider, au mieux.

Sarah Legendre

L’icône « de la main » de Sarah

Leur choix s’est arrêté sur un modèle de Christ en Gloire (la construction et la symbolique du modèle sont décrits ici) sur fond rouge. Il me semblait que cette icône avait été réalisée dans l’atelier de mon ami Père Antoine, mais sans certitude. Je lui ai posé la question et nous avons été tous deux très touchés de savoir que l’icône avait été peinte par la main de notre amie Sarah, aujourd’hui « née au ciel ». Il se souvenait qu’elle s’était elle-même inspirée d’un modèle de Père Zenon. J’ai comparé à d’autres modèles de Christ en Gloire et on distingue sur la photo un troisième modèle, sur lequel je m’appuierai aussi, tiré de l’œuvre de Léonide Ouspensky. 

 

On pourrait qualifier l’icône « de » Sarah, de style romano- byzantin, ce qui convient parfaitement au jeune couple dont il est question. Une des caractéristiques de ce style est

Berzé

La fresque de Berzé-la-ville

le bras de la main qui bénit ouvert (le bras droit, à gauche sur la photo) comme sur cette fresque de Berzé-la-Ville (contrairement aux modèles de Novgorod ou de Roublev par exemple où ce bras es replié et la main apparaît au milieu de la poitrine du Christ).

Bref, l’apprivoisement, la découverte, la compréhension du modèle constituent déjà tout un voyage dans le temps et dans l’espace.

Le fait de s’appuyer sur un modèle est une des caractéristiques de la peinture de l’icône (2). Voyez comme de l’icône « de » Sarah, à celle « de » Père Zénon, à la fresque de Berzé-la-Ville et à l’icône à naître pour ce jeune couple, se crée tout un cheminement. C’est comme si nous entrions dans une grande chaîne humaine de beauté, de création, de couleur et d’énergie. C’est comme si nous nous transmettions non seulement nos modèles et toute leur signification symbolique et spirituelle, mais y déposions aussi nos joies et nos peines, nos doutes, nos prières, nos pensées, la couleur de l’instant. 

Il y aura dans cette icône à naître un peu de la Loire qui coule à Saint-Florent (là où habitait Sarah), son inoubliable rire, un peu de la couleur des vignes à l’automne autour de Berzé-la-Ville, la lumière des yeux du jeune couple, un peu de l’inquiétude et de la créativité de cette période de confinement, la méditation et la prière de théologiens et d’artistes, la douceur du printemps : toute la vie.

(1) Cet article s’insère dans une petite série intitulée « une visite de mon atelier » :
– 1. La lumière
(2) On peut relire l’article « la chaîne d’or »

Article du 31 mars 2020


4 Commentaires

Une visite de mon atelier (1)

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Mon bureau

Puisque je n’aurai pas de visite en cette période, je vous propose une visite en images de mon petit atelier de calme et de couleur, une sorte de « voyage en douce » en temps de confinement (1). Je vous proposerai plusieurs thèmes et « épisodes » au fil des jours !

Commençons la visite par une photo de mon bureau dont je vais vous décrire un à un tous les éléments. Aujourd’hui je vous parle de la lumière (notée 1 sur la photo en noir et blanc). Dans le prochain épisode, je vous parlerai du choix du modèle (noté 2).

Mon bureau NB

La création de la lumière

La Création de la lumière

La lumière intervient au tout début de la Création (voir article ici) ; la première parole divine s’y réfère. Parallèlement, tout le processus de création de l’icône chemine de l’ombre vers la lumière. On part des couleurs sombres pour rechercher, par les éclaircissements successifs, un peu de la lumière originelle : on parle même de « montée en lumière ».  Bref, la lumière, la recherche de la lumière se situent au début et à la fin de tout, de toute vie, de tout espoir, de toute attente.

Quand je ne peins pas, je photographie dès que je le peux : même émerveillement et besoin de contemplation. Je n’ai jamais souhaité apprendre vraiment à « traiter » les photos car la seule chose qui m’intéresse vraiment est de traquer, saisir la « belle lumière ». Pour cette raison, j’ai tellement aimé les fins de journée dans la lumière rasante des pays du Nord, en Finlande surtout.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Par la fenêtre

Pour peindre, j’ai aussi besoin de lumière. La plus agréable est bien sûr la lumière naturelle, celle que me fournit la lucarne placée juste au- dessus de mon bureau. De là, j’aperçois la route qui chemine à travers la forêt vers le hameau du dessus. J’aime cet endroit qui est ma respiration, mon havre, mon port d’attache. De temps en temps, quand mon regard est trop fatigué par le travail de minutie, je lève les yeux au-delà de la vitre, et contemple un peu de la crête de la montagne : repos des yeux, respiration, repos du cœur. Regarder loin et large, plus loin que l’inquiétude.

Pour la minutie, et parce que ma vue est très fragilisée en raison d’un accident très symbolique (une période à laquelle l’avenir était impossible à regarder en face), j’utilise une loupe sur pied très stable et le minuscule se met à portée du pinceau.

Pour le soir et pour les moments sans clarté, j’utilise bien sûr la lumière artificielle, support indispensable, une lampe placée à ma gauche puisque je suis droitière ainsi qu’un éclairage très performant, au milieu de la pièce.

(1) Bien sûr, dès que cette période sera terminée, n’hésitez pas à prendre rendez-vous pour une vraie visite en repérant l’endroit ici

On peut relire aussi cet article intitulé « Vers la lumière »

Article du 30 mars 2020

 


Poster un commentaire

Le Baptême du Christ (la Théophanie)

Baptême du Christ

Icône sur tilleul, 20 x 20 cm, 2020

Tous les évangélistes accordent une grande importance au Baptême du Christ et décrivent la scène en détail.

Jésus a trente ans au moment de son Baptême, et jusqu’à ce jour, rien dans sa vie ne transparaissait de sa nature divine. Au bord du Jourdain, Dieu se révèle. Comme toujours, le texte de Marc a ma préférence : « Or, en ces jours-là, Jésus vint de Nazareth en Galilée et se fit baptiser par Jean dans le Jourdain. À l’instant où il remontait de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit, comme une colombe, descendre sur lui. Et des cieux vint une voix :  » Tu es mon Fils bien-aimé, il m’a plu de te choisir « » (Mc, 1, 9-11)

Le terme de Théophanie signifie « manifestation », ou « apparition de Dieu » et donne le sens de l’évènement. J’aime beaucoup ce texte en raison, encore une fois, du double mouvement de descente et de remontée sur l’axe vertical. L’eau, associée à l’Esprit, est l’élément indispensable à la vie. Mais le baptême est le moment où l’immersion dans les eaux fait vivre jusque dans son corps une sorte de « petite mort », dont on resurgit renouvelé. C’est le même mouvement que celui qui régit la composition de l’icône de l’Anastasis, et aussi le même thème : descendre (vers la mort) pour renaître. C’est ce qu’on vit à une minuscule échelle à chaque respiration : « expirer » conduit à un instant de nuit, de « petite mort » (on peut l’appeler « la pause poumons vides ») qui appelle à « l’inspiration », le retour à la vie. 

C’est le rythme et la danse de toute vie, à toute échelle : la nuit et le jour, l’hiver et l’été, l’expir et l’inspir, la tristesse et la joie… 

L’icône du Baptême représente pour moi l’archétype de ce rythme naturel et éternel, la respiration du monde et des marées, sa palpitation. À notre échelle , c’est la confiance dans la remontée, l’appel à la vie qui peut nous aider à sortir des toutes les « crises » , de toutes les petites morts qui parsèment nos vies.

Jean-Baptiste lève le regard vers le ciel dans une tension de tout son être, sa main droite posée sur la tête de Jésus. Un arbuste se trouve à ses pieds, flanqué d’une hache, en référence au texte de Matthieu (3, 10) : « Déjà, la hache est prête à attaquer la racine ». 

Les anges, debout sur l’autre rive, colorés de joie, ont le corps courbé et les mains couvertes en signe de respect.

En PS, je rajoute cet extrait du Guide de la peinture de Denys de Fourna, p 163 (Deuxième partie)

« Le Christ debout, nu, au milieu du Jourdain. Le Précurseur sur le bord du fleuve, à la droite du Christ et regardant en haut; sa main droite est sur la tête du Christ, et il étend la gauche vers le ciel. Au- dessus, le ciel, d’où sort l’Esprit saint sur un rayon qui descend vers la tête du Christ. Au milieu du rayon, on lit ces mots : «Celui-ci est mon fils bien aimé, dans lequel j’ai mis toutes mes complaisances.» Sur la gauche, des anges debout avec respect et les mains étendues. Au bas, sont des vêtements. Au-dessous du Précurseur, dans le Jourdain, un homme nu, couché en travers et regardant derrière lui le Christ avec crainte; il tient un vase d’où il verse de l’eau. Autour du Christ, des poissons. »

Cette fête est célébrée le 6 janvier.

Article du 14 mars 2020, temps de « crise » !


Poster un commentaire

Sainte Émérentienne (Émérance), « sœur de lait » de sainte Agnès

Emérentienne

Icône sur bois de bouleau, 11,5 x 24 cm, 2020

Je ne me serais jamais penchée sur ce personnage sans une commande destinée à une petite fille. J’aime beaucoup partir à la rencontre d’un être qui m’est absolument inconnu, avec l’impression de redonner souffle dans l’espace de mes coups de pinceaux, à une personne, à son histoire, ses émotions, son amour ; le fil de soie.

Selon la légende, Émérentienne (ou Émérance) était la fille de la nourrice de sainte Agnès et se sentait très proche de sa « sœur de lait ». Convertie au christianisme par son exemple, elle assista au martyre d’Agnès, et après sa mort, allait chaque jour se recueillir sur sa tombe. C’est ainsi qu’elle fut reconnue comme chrétienne, puis lapidée en l’an 304 près du tombeau de sa chère Agnès.

La vénération pour Émérentienne est importante dans le Maine-et-Loire, mais dépasse bien sûr ces frontières. Je sais qu’une église lui est dédiée à Pellouailles-les-Vignes, un des berceaux de ma famille !

Elle est inhumée aux côtés de sainte Agnès dans la Basilique Sainte-Agnès hors les murs à Rome.

Émérentienne est invoquée pour guérir les maux de ventre. On raconte que le roi Louis XI, alors qu’il chassait en forêt, fut pris de coliques. Il l’invoqua, et en remerciement de sa prompte guérison, fit construire une chapelle à La Pouëze (Maine-et-Loire).

Émérentienne est représentée portant les cailloux de sa lapidation dans son tablier.

Voici quelques dictons populaires d’origine angevine.
« Sainte Émérance qui guérit le mal de la panse » ;
« Pour Sainte Émérance l’hiver danse » ;
« Pour la Sainte Émérance, les jours se rallongent d’une aune de ganse ».

On trouve ce texte dans la Légende dorée de Jacques de Voragine (XIIIe siècle) au chapitre concernant sainte Agnès : « Sainte Agnès avait une sœur de lait nommée Émérentienne, vierge pleine de sainteté, et qui se préparait à recevoir le baptême. Or, cette jeune fille se tint debout devant la sépulture d’Agnès, et se mit à invectiver les païens qui l’avaient tuée (…) Le corps d’Émérentienne fut enseveli auprès de celui de sainte Agnès. Et, huit jours après, comme les parents de celle-ci veillaient autour du tombeau, ils virent un chœur de vierges en robes d’or. »

Fête le 23 janvier

Article du 7 mars 2020


2 Commentaires

La Rencontre à la Porte dorée

La Rencontre à la Porte dorée

La Rencontre à la Porte dorée par Giotto

On appelle aussi cette icône Le Baiser de Anne et Joachim.

L’histoire est inspirée du proto-évangile de Jacques et de la Légende dorée de Jacques de Voragine. La scène a été très popularisée par l’œuvre de Giotto et sa Rencontre à la Porte dorée, une des fresques de la chapelle des Scrovegni à Padoue. 

Anne et Joachim sont âgés et se désolent de ne pas avoir d’enfants (comme tant de couples bibliques). Ils partent chacun de leur côté sur la montagne, à l’extérieur de la ville, pour prier et pleurer. Un ange leur révèle, à l’un comme à l’autre, qu’ils attendent un enfant (Marie). Ils vont s’annoncer mutuellement la bonne nouvelle à la porte de la ville (la Porte dorée), tombant dans les bras l’un de l’autre. Les deux scènes sont parfois représentées sur la même icône, sans se soucier de l’unité de temps.

 

Anne et Joachim

Icône sur bouleau, travaillé en relief, auréoles en or, 21 x 26 cm, 2020

Cette composition d’icône est celle, antérieure à l’art chrétien, de l’accolade, et évoque la conception. On peut trouver la même scène avec les parents de Jean-Baptiste (Elisabeth et Zacharie). L’icône de La Visitation est construite selon la même composition. Derrière les personnages, on trouve souvent représenté le lit nuptial (c’est pourquoi il est absurde de remplacer ces noms, comme on le trouve parfois, par ceux de Marie et Joseph).

Cette icône est celle de l’amour humain, de l’amour du couple, dans toutes ses dimensions. L’impression d’intimité est renforcée par les visages tendrement rapprochés, par les regards et par le choix des couleurs des vêtements qui se répondent (ici, le bleu-vert des robes). 

Joachim a en général le pied sur celui de Anne. Ils sont sur une estrade qui évoque la dignité, la royauté (inspiré de l’art byzantin).

Les bâtiments représentent la ville mais aussi le lien, matérialisé par le voile rouge. C’est le lien entre les Livres des Écritures (tout ce qui arrive est déjà en germe dans l’Ancien Testament), mais le lien est aussi celui de l’amour et de l’alliance.

Fêtée le 26 juillet (calendrier occidental) ou 9 septembre (calendrier oriental).

Article du 2 mars 2020


1 commentaire

Le rose thulite

OLYMPUS DIGITAL CAMERAJ’ai peint la semaine dernière une icône d’ange musicien en utilisant un pigment que j’avais en réserve : le rose thulite. J’ai beaucoup aimé cette couleur qui m’a semblé « vibrer » avec le thème de la musique. J’ai donc voulu en savoir plus. Encore une fois, la joie des couleurs et celle du voyage, la beauté des couleurs et les mystères du monde se sont donné rendez-vous !

La thulite, également appelée zoïsite rose (enfin, celle-ci semble une « cousine » mais je ne suis pas assez calée pour comprendre la différence) est une variété translucide, cristalline ou massive de manganèse rose.

C’est une pierre précieuse emblématique de la Norvège qui est d’ailleurs l’endroit où on la trouve le plus facilement. Elle a été découverte la première fois à Sauland de Telemark en Norvège, en 1820. Mais on peut aussi en dénicher ailleurs : Tyrol, Namibie, Caroline du Nord ou Australie…

Depuis longtemps, la thulite a été utilisée comme pierre précieuse décorative par les Vikings ! 

Mais d’où vient son nom ? Eh bien de ces contrées mythologiques du nord du Royaume-Uni qu’on regroupait autrefois sous le nom de Thulé ! Dit autrement, on trouve la thulite dans ces paysages qui sont pour moi parmi les plus beaux du monde. On a associé au mot Thulé, celui de lithos, qui signifie « pierre », en grec, et voilà un nom bien trouvé !

L’explorateur grec Pytheas de Massalia a été le premier à écrire sur Thulé après ses voyages entre 330 et 320 av. J.-C. Pline l’Ancien l’évoque aussi au 1er siècle. Plus tard, Thulé prend un sens métaphorique pour désigner l’au-delà du monde connu, en direction du nord (voilà qui me parle bien !). À la fin du Moyen Âge, l’Islande et le Groenland s’appelaient Thulé. Plus tard, le terme a été utilisé pour désigner la Norvège.

La couleur de la thulite varie en fonction de son taux de manganèse. Elle peut être irrégulière et présenter des taches noires, grises ou blanches : elle sera alors considérée comme moins pure et précieuse. On situe sa couleur entre celle du sorbet à la framboise et celle de celui à la fraise ! 

OLYMPUS DIGITAL CAMERALa thulite, très prisée par les adeptes de lithothérapie, est censée apporter une grande énergie positive.

Quant au pigment, que j’ai trouvé chez Kremer en Allemagne, il est résistant à la lumière  stable et d’un coloris très réjouissant. Le catalogue de Kremer préconise de l’utiliser pour les carnations en y ajoutant du blanc. Le pigment thulite peut être adapté à plusieurs techniques. En ce qui concerne la tempera, je conseille de bien le charger en œuf pour éviter au rendu un aspect terreux.

PS : De mars à juin 2016, j’ai réalisé sur RCF Isère une série d’émissions sur le rose que vous pouvez retrouver :
Les noms du rose, 14 mars
Le rose est-il féminin ? 21 mars
Les nuances de rose, 4 avril
Le rose Tiepolo, 11 avril
L’ambiance rose de Bouguereau, 18 avril
Un teint de pêche, 25 avril
Peindre la peau, 2 mai
L’incarnat, 9 mai
Les roses de la vie, 23 mai
Un jardin de roses, 30 mai
Le rose de Claude Monet, 6 juin
La période rose de Picasso, 13 juin
Le rose est-il vraiment une couleur ? 20 juin
La couleur de mon âme, 27 juin

Article du 12 février 2020