Elisabeth Lamour

Peintre d'icônes

Du bleu au vert (émission du 5 septembre)

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Après trois années passées avec la couleur bleue, un an et demi avec le rouge et quelques mois avec le rose, je vous propose de découvrir le vert, dans l’émission Tout en nuances  chaque lundi à 8 h 35 et 11 h 10 sur RCF Isère (103.7). L’ensemble des émissions avec les liens vers les podcast, est présenté sur ce site à la rubrique autour de l’icône/émissions de radio.

J’ai hésité avant de me pencher sur cette couleur : le vert.

Après avoir tellement travaillé sur la couleur bleue, il m’est apparu que le bleu pouvait être « la couleur de mon âme », mais pas forcément ma couleur préférée. J’aime le rouge qui me met en joie et me procure une belle énergie, tout comme j’aime la couleur rose, tendre et optimiste compagne. Pour le vert, c’est plus compliqué : j’aime certaines nuances, celles qui tendent vers le gris ou vers le bleu : le vert malachite, le vert amande et la couleur des lichens. J’aime le vert de la nature, celui des forêts dans le vent et de l’eau des marais. Mais je ne l’utilise presque jamais dans ma peinture ni pour mes vêtements. Alors, le vert est-il pour moi une couleur encore plus ambiguë que les autres ? Saurais-je vous faire partager cette dualité ?

Le nœud de cette histoire se situe une fois encore au Moyen Âge. Au début de cette période, on aurait pu croire, en Occident, que le vert allait gagner la faveur des plus nombreux. Il l’a laissé croire un temps, dans la place qu’il occupait peu à peu dans les vitraux, les enluminures ou l’imaginaire. Et puis, à la fin de la période, le bleu l’a emporté pour longtemps, devenant la couleur du manteau de la Vierge, celle des vitraux de Chartres, de tellement de peintres, jusqu’à devenir la couleur préférée des Occidentaux aujourd’hui. Nous essaierons de comprendre quelques-unes des raisons qui ont conduit à cette relative disgrâce et parfois de nous plonger aussi dans d’autres cultures, pour lesquelles la couleur verte livre des significations différentes.

Symboliquement, on peut comprendre facilement les deux faces opposées du vert : le vert est la couleur de la vie, de la plante, des pousses au printemps, de l’espérance, mais elle est aussi celle de la décomposition, la couleur de la mort et du diable. Il est possible que la nature même de la couleur verte, instable, difficile à fixer d’un point de vue technique – dans la peinture comme dans la teinture – ait accentué la versatilité de cette couleur : aimée ou rejetée, de vie ou de mort, d’espoir ou d’angoisse.

Pourtant, la particularité du vert tient peut-être dans le mot « reverdir ». Y avez-vous déjà pensé ? Aucune autre couleur ne détient ce privilège : un verbe formé à partir du nom de la couleur, qui peut indiquer tout à la fois une façon de peindre et un acte de vie toujours recommencé, une couleur qui contient à elle seule toute la force d’un printemps.

Article du 5 septembre 2016

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Auteur : elisabethlamour

peintre d'icônes

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